Quand la vie te donne des citrons...

28/10/2020

Deux amies de longue date s’arrêtent quelques minutes, sur un banc de parc, afin d’échanger à distance après s’être croisées lors d’une marche automnale. Outremont, octobre 2020.

 

 

Le 27 février 2020, un premier cas de COVID-19 est détecté au Québec.

 

Le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonce que la maladie de la COVID-19 a atteint le statut de pandémie mondiale. 

 

En moins de huit mois, nous avons redéfini le terme « héros » ; nous avons utilisé de façon excessive le préfixe « télé » ; nous avons regardé compulsivement Netflix ; nous avons appris à nos grands-parents comment maîtriser les appels « FaceTime » ; nous avons vécu la grande pénurie de papier de toilette de 2020, et j’en passe.

 

Rares sont les moments qui font les livres d’histoire et qui seront enseignés à nos enfants et petits-enfants. Nous traversons une période qui sera à jamais ancrée dans nos mémoires. La COVID-19 amène un nuage noir à l’échelle mondiale : la santé physique et mentale est en péril, le réseau de la santé est à bout de souffle, des employés sont mis à pied, des entreprises font faillite, le marché boursier s’est écroulé et des nations dépensent des milliards afin de stimuler leur économie. 

 

De mon côté, je me compte chanceuse que mon entourage et moi soyons en santé et n’ayons pas vécu une instabilité financière trop dévastatrice. Cela dit, les journées en temps de confinement ne sont pas toujours faciles. Si je me permet de regarder un peu plus loin, si je plisse les yeux et fronce les sourcils, je réussis à entrevoir le bon côté des choses. Ne dit-on pas que chaque situation est accompagnée d’une opportunité ?

 

Dans notre société occidentale, notre temps est précieux et très limité. Chaque moment de chaque journée est souvent occupé, que ce soit par les heures passées dans le trafic ou en déplacement, le travail, l’école, les 5@7 de réseautage, les engagements sociaux plus ou moins obligatoires, la célébration des fêtes de nos proches ou les séances d’entraînement dans les salles de sports. Ainsi, les fermetures et les restrictions mises en place libèrent nos calendriers et nous obligent à prendre du temps pour nous-mêmes. Cela nous donne l’opportunité de nous découvrir, d’essayer de nouveaux passe-temps (peinture, cuisine, sports, activités en plein air) ou de consacrer du temps à nos projets délaissés.

 

Ce jeune couple visite son pays pour la première fois. Il tombe en amour avec les paysages époustouflants et la beauté naturelle de l’Ouest canadien. Banff, septembre 2020.

 

D’une part, étant donné que notre réalité est bouleversée, nous sommes forcés de nous adapter à ce nouveau « normal ». Cela nous permet de réfléchir à nos habitudes de vie, à ce qu’on fait et à comment on le fait. Nous sommes amenés à nous questionner sur les éléments de notre quotidien qui sont essentiels à notre bien-être, sur ce qui nous rend réellement heureux et sur ce qui devrait être laissé derrière nous pour toujours après la crise. Par exemple, l’interdiction de faire la fête au bar nous permet de réaliser qu’une soirée avec quelques amis proches dans notre salon peut être deux fois plus amusante et deux fois moins dispendieuse.

 

Deux copines dansant, verres de vin à la main, dans leur cour un vendredi d’été. Ville Saint-Laurent, juillet 2020.

 

D’autre part, cela a accéléré le changement. Notre nouvelle réalité pousse la société vers une nouvelle approche quant aux méthodes d’enseignement, à la vie sociale, au service à la clientèle et aux ventes en ligne. Cela permet à des entreprises d’innover afin de trouver des solutions originales et parfois plus efficaces d’offrir leurs produits ou leurs services. Par exemple, un restaurant qui ne peut plus ouvrir sa salle à manger, décide maintenant d’offrir l’option « pour emporter » et ainsi d’accommoder un plus grand nombre de clients en une soirée. 

 

Des passants montréalais font la file sur le trottoir de l’avenue Bernard devant le Café du Souvenir pour se commander un dîner pour emporter lors d’une belle journée. Outremont, octobre 2020.

 

De plus, les écoles se sont adaptées afin de permettre à la majorité des étudiants de suivre des cours et de faire leurs examens en ligne peu importe où ils se trouvent dans le monde. La nécessité de cette diffusion virtuelle afin de ne pas interrompre la formation des jeunes professionnels crée une opportunité d’innovation technologique qui pourra certainement être maintenue à la fin de la pandémie.

Faute de pouvoir étudier à la bibliothèque, une étudiante du HEC suit son cours dans le confort de sa maison, en compagnie de son chien, Elliot. Laval, septembre 2020.

 

Par ailleurs, les temps difficiles génèrent l’opportunité de tisser des liens et de s’unir pour offrir du soutien à ceux dans le besoin. Vivant dans une société individualiste, où la philosophie première est le « chacun pour soi », nous avons la chance, en ce temps de pandémie, de créer des relations qui pourront être entretenues dans futur aussi.

 

Deux mamans partagent un verre de vin virtuellement et discutent de la gestion de l’école à la maison, du télétravail et du confinement avec trois enfants. Montréal, avril 2020.

 

Il est vrai que l’inhabileté de passer du temps en famille ou entre amis a augmenté pour certains le sentiment d’isolation et de solitude, mais cela a aussi engendré un mouvement de solidarité. Certains de ces moyens de connection sont devenus viraux, tels que les Italiens qui chantent de leur balcon avec leurs voisins. D’autres, bien qu’à plus petite échelle sont tout aussi rassembleurs. Nous connaissons tous sans doute le mot-clic « #çavabienaller » présent sur tous les réseaux sociaux, accompagné d’un arc-en-ciel dans les fenêtres des Québécois et utilisé par de nombreux propriétaires d’entreprises locales. Ce mouvement, né d’une Québécoise d’origine italienne qui s’est inspirée du mouvement italien « andrà tutto bene », est devenu un emblème symbolique d’entraide. Ainsi, nous pouvons trouver un réconfort dans certains moments qui continuent de donner un sens à nos vies.

 

Un père et ses deux garçons, de 4 et 6 ans, partagent le message d’espoir « Ça va bien aller » à leur voisinage tout en passant du temps en famille. Montréal, mars 2020.

 

L’année 2020 pourrait être qualifiée d’année « citron ». Il est peut-être difficile d’avoir une ouverture d’esprit face à ces moments incertains, mais nous avons une réelle possibilité de créer des moments remplis d’amour et d’espoir. Bref, si comme moi vous avez besoin d’un peu de positif, j’espère que, vous aussi, vous réussirez à saisir votre « opportunité » et à faire de la limonade [1]. 

 

 

 

[1] Tiré de l’expression anglaise : « When life gives you lemons, make lemonade. »

 

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