Les étudiants à l’épreuve pour l’Initiative étudiante pour visières de sécurité (IEVS)

11/04/2020

 

Ces temps-ci, la vie est un peu incertaine, les nouvelles, un peu désespérantes. Plus que jamais, nous avons besoin de la compassion humaine dans cette réalité quotidienne d’achats-panique et d’hystérie.

 

Mais parfois, simplement entendre que « ça va bien aller » (insérez votre propre arc-en-ciel) n’est pas suffisant pour nous le faire croire. Heureusement, plusieurs étudiants de McGill et de Concordia ont décidé de prendre la relève.

 

J’ai eu la chance de parler avec Cyril Mani, un étudiant de 1re année à McGill en bio-ingénierie, qui a mis à l’épreuve ses compétences en génie pour venir en aide à nos travailleurs de la santé, à travers une initiative appelée Initiative étudiante pour visières de sécurité (IEVS).

 

C’est quoi IEVS?

L’Initiative étudiante pour visières de sécurité (IEVS) est une initiative partie par six étudiants de Concordia et de McGill. Ils ont organisé, en seulement quatre jours, la gestion et la logistique derrière une production d’urgence de visières protectrices pour les hôpitaux de Montréal. Ces visières servent notamment à protéger notre personnel médical contre les fluides émis par les patients, ce qui permet de minimiser la propagation du virus dans l’hôpital et entre membres du personnel.

 

« Cet équipement est considéré comme primordial, » me dit Cyril, « pourtant, il manque à travers la province. On ne peut demander à nos infirmiers, infirmières et médecins d’aller au travail sans, au moins, garantir leur sécurité. C’est comme un pompier sans combinaison, c’est illogique. » Ils le font, cependant, car ils n’ont pas le choix.

 

Le travail

Travaillant dès 5 h du matin et jusqu’à 19 h le soir, ça n’a certainement pas été un travail facile. L’équipe, composée de dix-huit étudiants dévoués, œuvrait initialement sur le design d’un ventilateur/respirateur mécanique pour répondre à l’appel de l’Hôpital général de Montréal qui en avait besoin. Cependant, lorsqu’ils ont constaté que leurs imprimantes à laser pouvaient servir à la production de visières, ils ont vite entrepris ce projet. Et bonne chose. Enfin, la demande pour les visières était tellement grande que l’équipe dont faisait partie Cyril a dû créer une sous-section entière pour diriger les efforts de leur production.

 

L’initiative a une dimension personnelle pour Cyril, sa mère étant infirmière. Cela l’a vraiment motivé à prendre part à ce projet. Comme il me l’a exprimé : « je ne peux m’imaginer la voir partir au travail sans avoir l’équipement pour se protéger. Ça m’a vraiment personnellement interpelé. »

 

Les difficultés

Un projet de cette taille n’est surtout pas sans ses difficultés. Parmi elles est la tâche ardue de convaincre les industries privées de leur venir en aide, surtout dans le contexte d’une pandémie, et notamment lorsque la demande provient d’étudiants sans endossement gouvernemental et sans financement. Une grande partie de son travail, m’a dit Cyril, a été simplement de faire des appels et de rédiger des courriels à profusion, tentant de convaincre les industries de leur prêter main-forte. Un autre obstacle a été d’organiser le tout entre les bénévoles, à cause des horaires et disponibilités variants. Il a vraiment fallu, selon Cyril, un « travail monstre de gestion » pour arriver aussi loin qu’ils le sont.

 

Après un travail acharné, Cyril et son équipe ralentissent la production des masques, vu que la compagnie Bauer prend maintenant la relève. Il m’a dit, à la fin de notre communication, qu’il était fier de son équipe et du travail qu’ils ont accompli. Selon moi, il a raison de l’être.

 

Avec des actions comme celles-ci, peut-être que « ça va bien aller » après tout.

 

 

 

 

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