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Ma santé

Illustration par Ariane Lalonde 

 

 

Pour quiconque m’a déjà vu, je suis quelqu’un de joyeux, je m’implique, je participe en classe, je socialise. Bref, je n’ai pas de problème. J’écris souvent pour le Pigeon, je partage mon opinion, je suis engagé. En cette édition spéciale sur la santé mentale, j’ai toutefois pensé qu’il était opportun de sortir du placard et d’en montrer les squelettes.

Non, je ne vais pas bien. Je suis atteint depuis le début de cette session d’un certain mal-être social, d’une angoisse de voir des gens, de parler. Je suis face à mes propres contradictions : je veux rester moi-même, être authentique ; pourtant je ne peux m’empêcher de montrer cette façade que je vous décrivais en début d’article. Je passe le moins de temps possible à la Faculté, je parle au moins de personnes possible. Il m’arrive de plus en plus souvent de mettre mes écouteurs ou de regarder le plancher pour ne pas avoir à engager la conversation.

Je passe de longues périodes à me questionner, à ne pas aimer ce que je fais, à mépriser ce qui m’entoure. Sans trop m’en rendre compte, sans le laisser paraître, au fond, je m’isole. Je ne parle de mes problèmes à personne, je fais semblant. Je dis « salut » sans répondre « ça va », car je n’aime pas mentir, mais un couloir facultaire est tout sauf le meilleur endroit pour étaler ma santé mentale.

Oui, cette satanée santé mentale, celle qui est tabou. Comme on est fier de faire signer le bras qu’on a mis dans le plâtre ; comme on est fier de montrer notre nouvelle cicatrice! Comme, au contraire, on est honteux de nos questionnements, de nos doutes, comme on est humilié d’avouer notre faiblesse!

Ne me prenez pas en pitié, car, si la vie ne m’est pas toujours rose, je n’en suis pas non plus au plus bas. Je ne pense pas ni n’ai pensé à mettre fin à mes jours. Simplement, le quotidien n’est pas toujours aisé à prendre de face.

Aujourd’hui, ce n’est pas par courage, par dévotion ou par héroïsme que je brise le silence. Je le brise parce que je ne suis pas seul. Nous sommes tous et toutes, à un moment ou à un autre, affecté.e.s par un problème quelconque. De l’angoisse. De la peur. Du dégoût. Un sentiment d’imposteur. Je ne suis pas seul. Tu n’es pas seul.e.

Aujourd’hui, je casse la glace pour normaliser la chose. Les problèmes de santé mentale sont encore vus comme marginaux, inappropriés, malsains. Pourtant, ils sont normaux. J’en ai, tu en as, nous en avons.

Pourquoi est-ce que j’en parle aujourd’hui? Parce que mieux vaut prévenir que guérir. Parce qu’il existe des ressources autour de nous. Moi, je pense au PADUM, spontanément (car je m’y implique). Viens nous voir, viens me voir. Au PADUM aussi, on est comme tout le monde, on est humain, on te comprend.

Si maintenant je dois conclure, j’irai avec cette phrase qui résume bien le tout : ça va aller.

 

 

 

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