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La Fac de droit a la peau sensible

 

J’étais au bar à Québec avec des amis de la Faculté de Sciences Politiques de l’UdeM. On trinque, on jase, on vit. Les élections fédérales étaient alors une lointaine préoccupation, mais nous spéculions tout de même. On blaguait sur l’affaire Dorion, la première, avec les Dr. Martens et le t-shirt qui faisait 70s. Puis, on me lance « Hey, pis? C’est quoi les affaires en Droit, là, avec vos élections? »


Cette question, je ne m’y attendais pas vraiment. Mais, comme de fait, je renverse mon thé, comme diraient les anglais. Et dieu sait qu’il y en a, du thé à renverser.


Ce n’est pas la seule fois, et surtout pas la première, où je pouvais partager des rumeurs, potins et autres histoires avec des comparses. J’ai d’ailleurs cette propension à régulièrement être maladroit quant aux secrets qu’on me confie. S’cusez-le.


Or, avec le recul, je constate que la Faculté en a beaucoup, des histoires abracadabrantes sur sa vie étudiante et académique. Du dernier meme à la dernière AG, de l’élection du CVSG à l’édition du Pigeon, sans oublier la gestion de l’AED. À peu près tout ce qui se passe à la Faculté finit, de fil en aiguille, et parfois même sans aiguille, à prendre des proportions absolument démesurées.


Des exemples? J’y vais avec ceux qui furent relativement étalés sur la place publique. Les allégations jamais concrètement abordées de l’élection de l’année dernière, et les procédures de cette même élection. La réaction explosive à un article d’une chroniqueuse pour le Pigeon sur le bilinguisme. La diffusion d’un meme ambigu sur des étudiantes sous l’effet de l’alcool… Et pourquoi pas un vote sur la présence ou non de viande au prochain bal des finissants. Bien entendu, j’en passe.


Ce ne sont pas ces crises à petites échelles qui m’intéressent. C’est le fait que nous les considérions comme des crises. C’est notre réaction collective qui se surpasse à chaque nouvelle itération de la crise de l’heure. Comme si notre épiderme était d’une douceur immaculée commandant la précaution réservée aux nouveau-nés.


Pourtant, nous sommes de futurs juristes diplômés. Nous occuperons fort probablement d’importantes fonction en société. Nous pourrions, en guise de bonus, être de bons citoyens. Alors comment réagirons-nous quand l’impact réel de nos décisions et actions se répercutera à travers notre ville, notre pays, notre monde?


Derrière ces embellies sporadiques se cache, à mon avis, un fort relent d’anxiété. Que nous soyons inexorablement exposés au dernier scandale facultaire nous ramène constamment à cette peur bleue que nous avons d’être mis sous les projecteurs pour de mauvaises raisons alors que notre parcours professionnel ne fait que s’amorcer. Imaginez être la personne qui a dit la dernière connerie digne de toutes les remontrances des étudiants sur Facebook. Je n’aimerais pas être dans sa peau. Ma carrière serait à l’eau !


La réalité, cependant, n’est pas aussi impitoyable.


La réalité, c’est que nous ne sommes que des étudiants qui gérons de minuscules problèmes dans l’ordre du monde. Mais surtout, nous apprenons tous ensemble. Nous commettons des erreurs à répétition et c’est normal. Mon GPA en témoigne.  


Je l’avoue, je suis même extrêmement dur avec moi-même sur à peu près toutes les sphères de ma vie. Mais le simple fait de prendre connaissance de cette intransigeance me permet d’y remédier. À petit pas, je finirai par y arriver.


Par analogie, c’est ce genre de prise de conscience qui est actuellement essentielle. Tant pour désamorcer les crises que pour préserver la santé mentale des personnes qui y sont liées de près ou de loin.

 

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