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Le rôle des peuples indigènes en tant que gardiens de l’écosystème

Déforestation en Amazonie sur la réserve biologique Nascentes da Serra do Cachimbo.

Source: https://www.yesmagazine.org/planet/amazon-fires-indigenous-peoples-brazil-20190904/amazon-fire-brazil.jpg/image

 

 

Aucune définition officielle mondialement reconnue ne définit la notion de « peuple indigène ». Certains critères ont été confirmés dans l’arrêt R. c. Powley [1] afin de comprendre ce que veut dire le mot Indien, du moins au sens de l’article 91 (24) de la Loi constitutionnelle de 1867. D’abord, on cherche à ce que l’individu appartienne à un groupe autochtone aujourd’hui existant. Ensuite, on cherche à ce qu’il s’y auto-identifie, ce qui est plus spécifique que le premier critère. Finalement, on cherche une continuité historique de certains critères, telle l’occupation des terres. 

 

Cette définition rapportée par la Cour suprême du Canada ne fait que définir le mot selon notre loi constitutionnelle. Plusieurs pays, en envisageant leur protection, ont inclus des définitions de la notion de peuple autochtone dans leur Constitution. Plusieurs traités et organismes internationaux défendent également leurs droits, autant actuels qu’ancestraux, d’où l’importance de définir les termes. La « Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones », adoptée par l’Assemblée générale, est une source primaire qui définit et confirme leurs droits au niveau international.

 

Il faut tout de même reconnaître la diversité qui existe au sein même des peuples autochtones. Certaines tribus sont mises en réserve ou ont un statut d’Indien alors qu’elles vivent à l’extérieur des terres qui leur sont réservées; d’autres sont en isolation complète, soit de manière volontaire ou de force. Selon l’organisation WWF, une stratégie importante est de respecter leur isolation volontaire et de continuer de défendre les droits de ces peuples. La plupart des tribus indigènes de l’Amazonie sont considérées comme étant en isolation volontaire. Elles sont caractérisées par de nombreux facteurs, dont un environnement riche en ressources qui leur permet de se nourrir, une structure organisationnelle composée de clans et un mode de vie semi-nomadique avec une population qui chasse pour survivre. 

 

Bien que la notion de peuples indigènes soit définie, leurs droits ancestraux ne sont pas reconnus au Brésil, ce qui laisse la porte ouverte à de nombreuses pratiques dans l’Amazonie qui violent leur mode de vie, telles la déforestation, l’extraction d’huile de palme, l’agrandissement des zones urbaines et la construction de nouvelles infrastructures. Compte tenu de la grande dépendance de ces peuples envers les ressources naturelles, ces activités, la plupart permises par le gouvernement, les rendent vulnérables. Plusieurs ont dû être en contact avec le monde extérieur pour des raisons de famine et de manque de ressources, ce qui les expose à des maladies. 

 

Les peuples indigènes de l’Amazonie, qui sont divisés en de nombreuses tribus, sont souvent considérés comme les gardiens des territoires et de l’écosystème, de la même façon que les juges sont vus comme les gardiens de la Constitution. Par contre, ce qui les lient à cette terre est plus intense que seulement des droits ancestraux sur les territoires. L’écosystème est leur environnement; les ressources de la forêt sont leurs ressources de subsistance et de base; la forêt elle-même est leur maison. Leur mode de vie est intrinsèquement lié à la nature. Ils ne font que défendre leur maison, de la même façon que nous le ferions avec la nôtre si elle prenait feu. 

 

Il y a des décennies de cela, au Canada, la compétence attribuée au fédéral pour s’occuper des affaires indiennes était un fardeau que ni le fédéral, ni le provincial ne voulait accepter. Pendant des années, il y a eu des débats quant à savoir à qui la compétence revenait. Aujourd’hui, les Indiens ne sont plus, du moins ils ne devraient pas être vus, comme un fardeau. Ils ont longtemps été des peuples coincés dans les conflits entre colonisateurs, peu importe où dans le monde.  Aujourd’hui, ils sont ceux qui ont un rôle crucial sur le plan international en tant que défenseurs de l’écosystème mondial. Aujourd’hui, ils sont ceux qui ont pris la responsabilité en main et montré aux puissances mondiales que le monde n’est pas un jeu d’échecs qui peut être remis à zéro.   

 

Dans la diversité autochtone, on retrouve également des tribus isolées. Ces tribus, bien qu’elles aient une des empreintes écologiques les moins élevées, sont parmi les plus vulnérables. Il ne fait aucun doute que nous les verrons parmi les réfugiés environnementaux dans la prochaine décennie. Se pose alors la question de la proportionnalité entre la résilience face aux changements climatiques et le statut socioéconomique. Bien que l’emplacement des peuples et leur mode de vie jouent un grand rôle dans leur vulnérabilité, le profil des réfugiés climatiques à travers le monde laisse facilement voir que ce sont les plus pauvres, surtout ceux dans les pays sous-développés et en voie de développement qui sont les plus à risque. Il ne s’agit simplement d’une question de temps avant que les pays industrialisés soient confrontés à l’enjeu des réfugiés environnementaux à grande échelle. 

 

Bien que les peuples indigènes aient un mode de vie différent du nôtre, on veut être porté à dire que nous sommes tous égaux et que la Terre est la maison de tous. Il serait optimiste de dire qu’à la fin, nous serons tous dans le même bateau, mais la réalité des choses fait en sorte que je ne peux adhérer à ce point de vue. La théorie de l’intersectionnalité permet de ressortir ce qui est en jeu. Les premières nations sont désavantagées par beaucoup trop de facteurs pour que nous puissions comparer nos situations. Leur appartenance à des communautés ancestrales, leur statut socioéconomique, leur statut sur le plan international et le problème de non-reconnaissance de certains droits ancestraux font qu’ils sont parmi les plus vulnérables. 

 

Il devient alors clair que leur rôle en tant que défenseurs de la planète n’est pas juste relié à leur mode de vie et à leurs droits ancestraux territoriaux; il est relié à leur vulnérabilité causée par des siècles de négligence gouvernementale envers leur autonomie et leurs traditions. Pourtant, aujourd’hui encore, en 2019, il est clair que le gouvernement manque encore à agir, et rien ne pourra compenser cela lorsque les peuples indigènes seront peu à peu officiellement reconnus comme des réfugiés climatiques. 

 

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