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Crise des médias : Et les journaux étudiants dans tout ça ?

 

 

Crise des médias : c’est quoi ça ?


Le 19 août dernier, Charles-Étienne Ostiguy et moi-même avons interviewé Pierre-Karl Péladeau à son bureau pour les pages du Pigeon. Le hasard a voulu que cette même journée, on apprenait que Groupe Capitales Médias s’était placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Nous n’avons donc pas discuté sur le sujet, mais chose certaine il aurait eu longuement à dire.


La semaine suivante, le gouvernement a lancé la Commission de la culture et l’éducation portant sur l’avenir des médias. La première à prendre la parole lors des audiences publiques a été Marie-Ève Martel, journaliste à la Voix de l’Est, elle décrivait cette crise comme une « hémorragie », et a affirmé « [qu’à] l’heure actuelle, ce sont presque tous les médias d’information qui risquent de disparaître avec des lourdes et irréversibles conséquences pour la démocratie si rien n’est fait pour les soutenir. » Une position trop pessimiste, alarmiste ? J’en doute à voir les allocutions des différents intervenants du milieu dans les jours qui ont suivi cette Commission.


Mais c’est quoi au juste cette « crise » ? Pour les fins de compréhension, je vous réfère aux articles de Laurent Rioux-Boivin à la page suivante et à celui de David Houle à la page 6, qui vous expliquent avec justesse les causes et les enjeux de cette crise, ainsi qu’à l’entrevue avec Yves Boisvert (en page 9), chroniqueur à La Presse, menée par Camille Rochon et moi-même.


Dans cet éditorial, je souhaite vous parler plutôt des journaux étudiants, et plus
spécifiquement du Pigeon Dissident.

 

 

Et le Pigeon Dissident dans tout ça ?


Vous le savez, ou peut-être pas, les cotisations étudiantes que vous payez à chaque début de session sont la principale source de financement du Pigeon Dissident. Vous contribuez à hauteur de 2$, c’est ce qui permet à ce journal de voir le jour. Le Pigeon compte aussi avec quelques commanditaires trouvés par l’entremise du « guide de commandites de l’AED », cette année le cabinet Goldwater-Dubé a décidé de nous financer.

 

Le financement des journaux étudiants repose donc principalement sur les cotisations étudiantes que vous payez. À cela s’ajoute le fait que les étudiant.e.s qui y contribuent avec leurs textes, leur travail de correction ou tout autre travail, ne sont pas rémunéré.e.s. Et dans ce sens, la crise des médias telle que l’on entend parler dans l’actualité dernièrement ne s’exprime pas de la même manière pour les journaux étudiants. D’une part, parce qu’un certain revenu nous est garanti à chaque début d’année, mais qui n’est pas suffisant pour subvenir à tous les dépense qu’impliquent la publication d’un journal papier. D’autre part, parce que nos collaborateurs ne dépendent pas d’un salaire pour y vivre. Or, est-ce que cela voudrait dire que les journaux étudiants ne vivent pas cette «hémorragie » dont Mme Martel parlait ? Ou que leur rôle dans la vie facultaire et dans la société en général n’est pas essentiel ? Non, si vous voulez mon humble avis. Pour appuyer mes dires, je me lance donc dans la recherche des statistiques, des données vérifiables. Par contre, je me rends vite compte, et plus j’avance dans cette recherche, que je suis devant un cul-de-sac.

 

Les données ne sont pas disponibles, elles sont inexistantes. Et à ce moment-là, je remets en question la pertinence d’un tel éditorial. « Crise des médias : et les journaux étudiants dans tout ça ? » j’avais trouvé un titre, mais j’étais incapable d’avancer dans sa rédaction. C’est alors que je me tourne vers les archives du Pigeon Dissident - je vous invite d’ailleurs à venir faire un tour dans le local et lire quelques perles de ce journal datant de 1974.

 

Année 2017, un exemple de cette crise qui se dessinait. En septembre, l’exécutif du Pigeon lançait un premier appel à la population étudiante, en demandant « un Laurier pour votre Pigeon ». Dans ce texte, on écrivait « nous faisons face à une crise qui se caractérise par une chute dramatique de nos revenus publicitaires et une hausse de nos coûts de production. Les seconds sont maîtrisables, les premiers sont tributaires d’une conjoncture économique et technologique que nous dépasse ». Ces lignes qui auraient pu être écrites aujourd’hui. Finalement, en décembre, faute de financement l’équipe du Pigeon a dû se résoudre à passer à un format web.

 

 

Et moi dans tout ça ?

 

Devant cette recherche qui semblait ne pas aboutir, de cet éditorial qui m’a pris tout le temps du monde à écrire. Je réalise quelque chose. La pertinence des journaux étudiants dans notre parcours scolaire, voire leur nécessité. De cette communauté entière qui mène au partage d’idées comme dirait David, notre trésorier.

 

Notre approche face à l’information s’est transformée à une grande vitesse depuis les dernières années, nos repères sont chamboulés. Les réseaux sociaux, l’information à portée de main à la seconde. Je ne saurai mieux décrire ce phénomène que l’a fait Vicente Guzman Barra dans son texte à la page 4, ou encore l’appel à l’art de la résistance par Dardia Joseph à la page 8.

 

Un constant s’impose, à savoir que l’avenir des journaux qu’ils soient étudiants ou traditionnels est à redéfinir. Pour ce qui a trait au Pigeon, vous avez un rôle actif à jouer par vos textes ou vos cotisations. Parce qu’au final, un journal étudiant au-delà des statistiques, c’est vous, votre voix ! Et à travers les années, le Pigeon a su démontrer être cette tribune pour les étudiants de la Faculté de droit de l’UdeM.

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