Table-ronde sur la situation des femmes à la faculté : consultation ou obligation ?

Le 28 janvier 2019, l’AED a tenu un événement intitulé « Table ronde sur la situation des femmes à la faculté », durant laquelle on prévoyait réfléchir aux solutions possibles pour faire en sorte que l’implication des femmes à la Faculté de droit de l’Université de Montréal soit représentative de la population étudiante. À première vue, on ne peut que se réjouir de ce genre d’initiative (qui résulte d’un mandat donné à l’AED, lors d’une assemblée générale, de tenir ce type de rencontre chaque année), mais il reste que cet événement a été problématique à plusieurs niveaux, tant dans sa planification que dans sa réalisation.

 

Tout d’abord, mentionnons que le Comité Femmes et Droit, un comité de l’association des étudiant.e.s en droit (AED), n’a fait l’objet d’aucune invitation ou consultation spécifique quant à la planification de cet événement. En tant que comité de l’AED qui a explicitement pour mission de favoriser l’égalité des genres au sein de la faculté, et qui est particulièrement actif cette année en matière de sensibilisation, il semble que personne au sein de l’AED n’a cru qu’il serait une bonne idée de nous inclure dans la planification de cet événement à titre d’exécutantes de ce comité.

 

Ensuite, lors de ladite Table ronde, le Comité Femmes et Droit a été particulièrement déçu de constater que cet événement ne semblait avoir fait l’objet d’aucune planification. Aucune forme n’avait été prévue. D’ailleurs, la question de l’implication étudiante a rapidement été mise de côté sous prétexte que, bien qu’elle ne soit pas encore représentative de la population étudiante, la situation s’est améliorée dans les dernières années… En effet, la situation progresse, et c’est pour le mieux, mais encore une fois, est-ce un motif valable pour arrêter de réfléchir sur cet enjeu? Nous soutenons que non, évidemment.

 

Après cette brève « discussion » relative à l’implication, les participant.e.s ont été invité.e.s à proposer de nouveaux sujets de discussion. L’une de nos exécutantes a alors proposé de discuter de la faible participation des femmes en salle de classe (à l’exception des cours à connotation plus sociale…) et a saisi l’opportunité pour mentionner, encore une fois, le projet de notre comité de mettre sur pieds un guide de sensibilisation à l’intention du personnel enseignant afin d’éradiquer les stéréotypes genrés des salles de classe qui, bien évidemment, ne sont pas propices à encourager la participation des femmes en classe. Les interventions qui ont suivies ont confirmé la pertinence du projet. Nous vous encourageons d’ailleurs toujours à dénoncer ces situations et à nous en faire part.

 

Finalement, les participant.e.s ont abordé les activités d’accueil et celles du Carnaval organisées par l’AED, un sujet essentiel. Cependant, nous pensons que cette table ronde n’était pas adéquate pour ce faire. Premièrement, un grand nombre des personnes présentes étaient soient des membres de l’AED, soit des représentant.e.s de premières années très près de l’AED de par leurs fonctions. Leurs interventions étaient donc nécessairement nombreuses et positives à l’égard de ces évènements qu’ils et elles ont organisés, ce qui n’était pas favorable à l’expression d’opinions contraires provenant de personnes qui n’auraient pas forcément osé se confier par rapport à des situations problématiques vécues personnellement. Deuxièmement, au moment de suggérer des pistes de solutions, nous avons malheureusement constaté que ces dernières semblaient être considérées acceptables tant et aussi longtemps qu’elles ne visaient pas à modifier la structure de ces activités, et qu’elles n’étaient pas préjudiciables à l’esprit de « party ». Party avant sécurité / égalité?

 

Parmi les propositions, une étudiante a proposé d’interdire les relations sexuelles entre les « boosters » de 2e et 3e année avec les 1e année durant la semaine des activités d’accueil et celles du Carnaval, étant donné leur position d’autorité. Un texte à ce sujet, que le Comité Femmes et Droit appuie, a d’ailleurs été publié dans le Pigeon dissident récemment,. Cette proposition a toutefois semblé être très peu chaleureusement reçue, ce que nous avons encore du mal à comprendre…

 

Bref, le présent article présente plusieurs aspects que le Comité a jugé problématiques lors de cette rencontre et contraires à l’esprit que celle-ci aurait dû avoir. Vu le faible taux de participation (environ 20 personnes), nous pensons qu’il est pertinent de les partager afin de susciter la réflexion d’un plus grand nombre d’étudiant.e.s. Ceci dit, cette rencontre avait aussi plusieurs aspects positifs, dont le simple fait de se rassembler pour discuter de ces questions. Reste que sa forme et son contenu devront être améliorés à l’avenir afin d’en maximiser sa pertinence et son utilité.

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