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Femmes autochtones dans nos écrans : Yalitza Aparicio dans Roma

09/02/2019

 

Le nouveau film d’Alfonso Cuarón, Roma, s’inspire d’une partie de son enfance dans le quartier mexicain du même nom. L’histoire se déroule au Mexique des années 1970 et raconte l’histoire de Cleo, domestique qui travaille pour une famille de classe moyenne.

 

Ce film est disponible sur la plateforme Netflix, et aussi dans quelques salles de cinéma. Depuis sa sortie, Roma a reçu de nombreux éloges et plusieurs prix, tel le Lion d’or à Venise en 2018, ou encore le prix du meilleur film en langue étrangère et celui du meilleur réalisateur dans les Golden Globes 2019. Ce film du célèbre vidéaste mexicain Cuarón a été nominé récemment dans 10 catégories pour la cérémonie des Oscars, dont celle de la meilleure actrice. Cette nomination fait de Yalitza Aparicio, qui interprète Cleo, la première femme autochtone nominée dans cette cérémonie.

 

La qualité des images est exceptionnelle. Complètement en noir et blanc, le film a été tourné en 65 mm. Sans doute, il s’agit d’un film esthétiquement sublime, mais c’est l’interprétation de Yalitza dans le rôle de Cleo qui a retenu particulièrement mon attention.  

 

Yalitza Aparicio est une femme autochtone, originaire de Tlaxiaco, petit village situé près de la ville d’Oaxaca. Enseignante de formation, elle accompagnait sa sœur aux auditions du film de Cuarón lorsque ce dernier l’a remarquée et l’a recrutée. Elle n’imaginait pas la suite des choses. En entrevue, elle a déclaré qu’en raison de son milieu et de ses origines « [elle n’envisageait] même pas de devenir actrice, de faire partie de ce monde qui ressemble à un rêve. »  

 

Dans Roma, Yalitza incarne une femme qui s’occupe d’absolument tout. Elle est le cœur d’une maison qui traverse un divorce, et en même temps, elle doit vivre une grossesse seule après que le père de l’enfant qu’elle porte l’ait abandonné. Elle s’occupe des enfants, elle fait le ménage, elle garde le chien de la famille, elle est la première à se réveiller et celle qui éteint les lumières à la fin de la journée, elle travaille sans cesse. Et cette représentation est la réalité de milliers des femmes autochtones au Mexique encore aujourd’hui.

 

L’incontestable succès de Roma et de l’impeccable interprétation de Yalitza a mis le Mexique face à ces contradictions. Dans un pays où près de 22% de la population sont des autochtones et qu’une grande majorité ont des origines autochtones, ils sont le groupe le plus discriminé.  

 

Mon souhait est que la nomination de Yalitza Aparicio aux Oscars soit le début d’une réflexion collective, de la réalité des autochtones, et particulièrement celle des femmes autochtones. Et ce, partout dans le monde, car la discrimination envers les autochtones n’existe pas qu’au Mexique. Je pense aux centaines des femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada dans les dernières décennies.

Que cette nomination soit le début d’une plus grande présence des autochtones dans nos écrans, dans nos milieux scolaires et de travail, et dans notre société en général !

 

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