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TutoDroit: Remettre les pendules à l’heure

Le 15 novembre dernier, le Pigeon Dissident s’est entretenu avec Justin Orleans, fondateur de Tutodroit, afin d’en savoir davantage sur son projet et, surtout, de démystifier le vrai du faux. De son côté, l’AED a refusé la demande d’entrevue du Pigeon quant à la situation entourant TutoDroit.

 

Le 5 novembre dernier, une grande partie des étudiants de la Faculté découvraient un nouveau service de tutorat-mentorat indépendant, TutoDroit. Or, les réactions furent extrêmement mitigées, voire acrimonieuses. La tension fut vive sur les réseaux sociaux, alors que plusieurs mentors du service de mentorat offert par la Faculté n’y voyaient qu’une compétition - payante - tentant de profiter des problèmes des étudiants en difficulté. Un ancien président de l’AED s’est même permis de nourrir la frustration en commentant sur certaines publications de TutoDroit.

 

Or, en entrevue avec le Pigeon Dissident, le fondateur de TutoDroit, Justin Orleans, était loin d’être l’homme mal intentionné que plusieurs percevaient. Loin de vouloir profiter des problèmes des autres, M. Orleans voulait au contraire pouvoir ajouter une ressource à la palette qui s’offrait déjà aux étudiants de la Faculté.

 

D’abord, un bref portrait de la genèse du projet de M. Orleans permet de donner une plus ample perspective de son réel objectif. À sa rentrée à la Faculté de Droit, ce diplômé de l’Université Mcgill en administration des affaires avait de la difficulté à s’acclimater aux cours de Droit. Qui plus est, la barrière de la langue était un obstacle additionnel dans son parcours académique. M. Orleans avait tenté de recevoir de l’aide en contactant des enseignants, mais ses demandes furent laissées sans réponses. Pire encore, un prof lui avait même affirmé que le Droit « n’était peut-être pas pour lui ».

 

Maintenant à sa troisième année au Baccalauréat, M. Orleans a décidé d’aider d’autres élèves à éviter une situation similaire en lançant sa propre entreprise de tutorat, indépendamment des services offerts par l’Université ou la Faculté. Son projet s’inspirait de services indépendants similaires déjà implantés et forts populaires à McGill ou au HEC.

 

Un des objectifs de TutoDroit était de « redonner à la Faculté » en employant ou en aidant des élèves actuels, tout en commanditant l’AED pour, en quelque sorte, redonner une part des bénéfices de l’entreprise aux étudiants.

 

Malgré la bonne foi de M. Orleans, son projet s’est buté à un raz-de-marée de commentaires négatifs, au point où celui-ci parle même de « menaces » qui lui auraient été envoyées par l’entremise des réseaux sociaux. Alors que son idée pouvait paraître intéressante, il s’est avéré que la réception extrêmement négative de plusieurs acteurs au sein de la Faculté a mené à des résultats en deçà des attentes pour le service de Justin Orleans.

 

Les arguments des critiques au projet ne sont pas sans fondement moral, tout au contraire. Pendant que des dizaines d’élèves donnent des heures de leur temps libre pour aider d’autres élèves dans le besoin, comment se fait-il qu’un service parallèle vienne offrir de rémunérer d’autres étudiants pour le même service? D’ailleurs, ne serait-ce pas une certaine forme d’exploitation des craintes académiques de certains élèves que de vendre un tel service?

 

De surcroît, bien que la compagnie SOS Tutoring offre des services similaires au HEC Montréal, le projet TutoDroit semble être le seul en son genre sur la totalité du campus de l’Université de Montréal. Cela a soulevé quelques doutes chez certains étudiants, se demandant si un cadre réglementaire en empêchait l’existence. À cet égard, le Pigeon a pu retrouver le Règlement relatif aux activités commerciales du Secrétariat Général de l’UdeM. L’article 2 de ce règlement prévoit que « Toute activité commerciale est interdite sur le campus, à moins d'autorisation préalable de l'Université. » Confrontée à cette question, M. Orleans nous a affirmé qu’il avait bel et bien consulté un membre du personnel administratif de la Faculté de Droit avant de lancer officiellement ce projet. Reste à voir si cette approbation sera suffisante aux yeux de l’Université de Montréal.

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