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Le point sur le droit du logement

 

Jeudi le 15 novembre passé avait lieu le premier événement du regroupement Action justice sociale (AJS), portant sur la discrimination dans l’accès au logement. S’il s’agit d’un sujet fort complexe et vaste, ce n’est pas une raison pour occulter ce domaine pour autant.

 

Le logement est en effet une préoccupation d’abord individuelle, mais qui doit être portée à l’échelle sociale. Trouver un toit fait partie des besoins de base, tout comme manger et respirer. Or, il s’avère que 65 % des Montréalais.e.s n’ont aucun contrôle sur ce besoin, pour la simple et bonne raison qu’ils et elles sont locataires. En effet, le contrat de location impose de facto un rapport de force qui s’avère déséquilibré plus souvent qu’autrement, malgré les tentatives du Code civil. L’accès au logement, bien que non garanti en soi, l’est au moins de façon théoriquement et juridiquement uniforme. Ainsi, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne interdit la discrimination de la part du propriétaire lorsque vient le temps de trouver un locataire. Or, comment prouver la discrimination ? La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a beau faire son possible, comment démontrer le racisme lorsqu’il se présente de manière insidieuse : incitations négatives, pressions, menaces. On doit alors se rabattre sur la parole de l’un.e contre la parole de l’autre, et ce sera au tribunal de trancher…

 

Même en gagnant un procès pour discrimination en matière de logement devant la CDPDJ, on ne recevra qu’une compensation financière, mais jamais un logement, et encore moins la garantie d’un logement salubre. De toute façon, qui a le goût de vivre dans un logement dans lequel vous habitez malgré le propriétaire ? Bref, contrairement à ce que l’on dit, le droit ne mène pas à tout.

 

Parlant de salubrité, l’accès au logement n’est pas une fin en soi sans être accompagné d’une certaine qualité. On a beau avoir un toit au-dessus de notre tête, les coquerelles qui hantent nos planchers auront de quoi vous faire frissonner. À l’inverse de ce que l’on peut penser, la salubrité d’un logement ne se limite pas à un inconfort physique. Un logement infesté devient rapidement synonyme d’exclusion sociale — les gens ne veulent plus aller chez vous, et ils ne veulent pas que vous apportiez vos punaises chez eux — et de détresse psychologique. On perd ses repères, on ne dort plus, on s’isole.

 

Au-delà de l’échelle individuelle, l’insalubrité d’un seul logement doit aussi être prise en termes de problème de santé publique. Les punaises et les coquerelles n’ont pas de frontière, et ces êtres résilients changeront de domicile allègrement. Bref, cessons de voir ces problèmes comme hors de portée, prenons la question de front ensemble, en tant que société.

 

Enfin, outre la notion d’accès juridique, il y a bien entendu la question de l’accès financier. Alors que plusieurs logements sont la propriété de personnes morales déshumanisées, on constate rapidement deux aspects problématiques. D’abord, et cela revient à la question de la salubrité, il devient difficile pour un propriétaire de plus de 50 portes — et je suis généreux — de veiller au grain de ses locataires. Que dire lorsque certaines compagnies disposent de plus de 20 000 portes (vous avez bien lu : vingt mille) !

 

Ensuite, le problème tant attendu de l’embourgeoisement. Lorsque le logement des autres font les revenus des un.e.s, il y a manifestement un problème. Alors que la société carbure au profit, comment en vouloir à une entreprise de vouloir maximiser le sien ? Pour ce faire, on diminue les dépenses (en hygiène des appartements notamment) et on augmente les revenus (les loyers).

 

En somme, nous ne voulions que vous esquisser les nombreuses embûches qui attendent les locataires à Montréal, et ce journal, bien que de qualité, est trop petit pour que l’on puisse dépeindre la situation en profondeur. Si toutefois vous avez senti en vous ce sentiment de rage, de dégoût, de révolte et d’outrage, nous vous invitons à vous joindre à nous : Action justice sociale. Les luttes sont plurielles et doivent être menées solidairement.

 

Au plaisir,

 

Action justice sociale

 

Nos rencontres sont tous les mardis, de 11 h 30 à 12 h 45, au B-2375.

Écrivez-nous : actionjusticesociale@gmail.com

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