Comment devenir un allié de la cause féministe : mode d’emploi

22/11/2018

Suite à une activité ayant pour thématique Sexe et égalité des sexes présentée par la populaire Lili Boisvert, invitée par le comité Femmes et droit en octobre dernier, je me suis demandé : « Où étaient donc les boys ? » Avec mon comptage sommaire, on a pu obtenir en grosse période d’achalandage un « énorme » ratio de 3 représentants masculins pour 100 femmes. J’ai rapidement inspecté les détails de l’événement Facebook. Il n’était pas question d’une conférence non mixte : tous y étaient invités.

 

J’aimerais revenir sur l’implication des sujets masculins dans le mouvement féministe. Or, déjà, le mot porte à confusion, il peut donner l’impression que c’est un mouvement qui exclut les hommes, un combat où deux groupes s’affronteraient pour obtenir le plus haut statut. Pourtant, le féminisme est d’abord un mouvement nécessitant l’implication de tous.

 

Bien que d’autres groupes vivent de la discrimination, j’aimerais me pencher sur l’égalité des genres, tout en étant conscient des défis imposés à ce genre d’exercice, surtout venant d’une personne s’identifiant comme un homme, blanc, cis genre et privilégié.

 

Avant de parler de notre implication, les boys, je vous invite à dénouer un problème de compréhension. Le terme féminisme, accordant un fort penchant vers une cause qui semble uniquement défendue par la communauté se définissant comme féminine, les femmes se verraient donc les seules à devoir crier haut et fort. Or, ce n’est pas le cas, tous sont conviés à la cause ! Offrons-nous un langage commun et débutons avec une bonne vieille définition.

 

La définition du Larousse en ligne nous apprend que le féminisme est d’abord un « mouvement militant pour l'amélioration et l'extension du rôle et des droits des femmes dans la société » [1]. D’abord, par féminisme, j’entends l’égalité des genres à travers la totalité des sphères de la société. Évidemment, j’entends aussi par féminisme, la problématique historique de toute société fondée notamment sur un modèle patriarcal, où les femmes ont toujours été reléguées au second rôle, un rôle que je dirais même invisible ou passif. Il ne s’agit ni d’une définition exhaustive, ni d’une définition faisant un consensus à travers les différents groupes s’identifiant comme féministes.

 

Le féminisme reconnaît que les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes. Le terme reconnaît qu’elles ont moins de privilèges, implicitement ou explicitement. Aucun des termes « égalitarisme » ou « humanisme » n’est juste pour définir la cause : le mot féminisme permet de donner un rôle plus actif aux femmes dans leur libération.

 

Être un homme appuyant le mouvement féministe, ce n’est pas un combat qualifiable en termes de pertes ou de gains pour un genre ou l’autre. C’est l’ensemble de la société, dans son entièreté, qui en bénéficierait. Le rôle que les boys doivent prendre est celui de l’allié. Ton rôle est important dans le mouvement, car tu es celui qui interviendra auprès de tes collègues masculins. Quand tu entends des commentaires désobligeants, que ce soit du :

 

  • Mansplaining : venant d’un homme, expliquer un concept à une personne, souvent une femme, d’une manière condescendante et paternaliste, souvent une information qu’elle savait déjà [2] ;

  • Slut shaming: agir et stigmatiser une femme qui s’engage dans des comportements ou attitudes jugés provocants, séducteurs ou entreprenants ;

  • Victim-blaming: adopter une attitude qui suggère que la victime détient la responsabilité du geste qu’elle a subi à la place de son agresseur.

 

Tu es en mesure de faire raisonner une conscience féministe auprès des autres hommes de par ta position historique de privilégié au sein de ton groupe. Ta fonction n’est pas négligeable, elle est nécessaire et elle débute avec la conscientisation et l’éducation auprès de tes pairs.

 

D’emblée, le féminisme est tout autant important pour l’être masculin. Nous avons aussi une pression engendrée par le patriarcat : l’image d’être un « vrai mâle », venant avec le devoir de cacher sa sensibilité émotionnelle dernière un masque froid ou d’être l’actif séducteur incorruptible. C’est le temps d’offrir des modèles alternatifs masculins ; ça fait intégralement partie de ton rôle d’allié.

 

En apprendre plus sur la diversité des genres, que ce soit à la faculté, à ton travail ou à travers d’autres expériences, c’est bénéfique pour tous. Les hommes, au lieu d’être vus comme des éléments problématiques, peuvent être reconnus comme des éléments faisant partie de la solution. Il ne s’agit pas de comprendre leurs combats, puisqu’il est impossible de se mettre subjectivement dans la peau d’une femme, afin de comprendre sa réalité oppressante au quotidien. Il ne faut pas oublier que la cause est celle des femmes, et notre rôle n’est pas de prendre leur place, mais plutôt d’être leurs alliés dans leur combat, notamment en les écoutant. Comme dirait mon collègue Marc-Antoine Gignac, on veut voir une participation accrue aux activités qui sollicitent l’engagement à la cause féministe. Soyez prêts pour la prochaine conférence, j’ai hâte de vous y voir !

 

Sources :

 

[1] Le dictionnaire Larousse accessible en ligne, terme féministe : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/f%C3%A9minisme/33213

 

[2] Une explication contextualisée du « Mansplaning » : https://www.liberation.fr/planete/2018/03/08/mansplaining-les-mots-sont-lies-au-pouvoir_1634779

Et une définition venant du Oxford living dictionnary : https://en.oxforddictionaries.com/definition/mansplain

 

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