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Dissident-e

28/08/2018

Depuis la mise en place de l’Association des Étudiants en Droit de l’Université de Montréal (communément appelée AED) en 1894, il n’y a eu que onze présidentes à sa tête. Parmi ces femmes, il y a maintenant Sarah Fortin, présidente pour l’année 2018-2019. Cette année, plutôt que de revenir sur les promesses électorales de cette dernière, la traditionnelle entrevue de la rentrée avec le président de l’AED a été réformée. Non pas que l’ancienne formule était mauvaise, mais il était important pour Sarah et moi d’unir nos voix et de se distinguer de nos prédécesseurs masculins en adressant directement une problématique qui nous tenait à cœur: le leadership féminin et la représentativité des femmes dans des positions de pouvoir. 

 

Lorsqu’il est question qu’une femme occupe une place de leader dans notre société, il semble que l’on doive automatiquement associer son genre à son rôle. De telle sorte qu’une leader est avant tout une femme et non une personne occupant un poste de chef d’équipe. D’ailleurs, Sarah a affirmé que, dans le cadre de son mandat à l’AED, elle se sentait davantage définie par son genre que par son statut de présidente lorsqu’elle interagissait notamment avec la gent masculine. À de maintes reprises, on l’a interrogé sur le fait d’être une « femme présidente » plutôt que de lui demander tout simplement ce que c’était d’être une président-e. Jamais aurait-on demandé à Simon Du Perron, le prédécesseur de Sarah, comment vivait-il son mandat d’homme président.

 

Le même phénomène se produit lorsqu’un homme occupe une profession dite féminine : un infirmier, un enseignant, etc. La même formulation ingrate semble revenir : « qu’est-ce que ça fait d’être un homme infirmier ? ». Pourquoi doit-on préciser le genre dans certains cas particuliers? Qu’est-ce qu’une femme présidente a de plus qu’une simple présidente? Est-elle plus sensible, plus émotive, plus féminine par hasard? Il y a peut-être encore trop peu de femmes dans des positions de pouvoir pour que cela paraisse normal aux yeux de notre société. Rien n’est donc encore acquis en matière d’égalité hommes-femmes.

 

À la veille du commencement des élections provinciales, la parité chez les candidats dans l’ensemble des partis est pourtant presque atteinte. D’après la radiographie des candidats du Journal De Montréal, tous partis confondus, il y aurait 45% de candidates aux élections 2018. Bien que Québec Solidaire présente 53% de femmes au sein de ses candidats et que la Coalition Avenir Québec en compte, quant à elle, près de 48%, le Parti Libéral du Québec et le Parti Québécois sont plus loin derrière avec respectivement 42% et 37% de femmes. La date limite pour les mises en candidatures étant le 4 septembre prochain, le miracle tarde à se réaliser pour certains partis.

 

Toutefois, près de 45% de candidatures féminines représente un réel record pour le Québec compte tenu du fait qu’aux dernières élections, en 2014, seulement 30% de l’ensemble des candidats étaient de sexe féminin. Si la tendance se maintient, nous atteindront peut-être la parité aux prochaines élections. D’après un sondage Léger-Le Devoir, près de 70% des Québécois pensent que les partis politiques devraient avoir autant de candidates que de candidats. Dans les faits, peu de femmes font carrière en politique comparativement au nombre d’hommes : il n’y a que 27% de femmes élues à l’Assemblée nationale. Certes, la sphère politique, malheureusement encore trop un monde d’hommes, serait-elle enfin prête à se réformer?

 

Que nous le voulions ou pas, la Faculté de Droit est l’univers dans lequel se forge de futurs politiciens, PDG d’entreprise et journalistes. Comme nous constituons la société de demain, nous possédons le pouvoir de la changer et de l’améliorer. Cette transformation s’opère dès maintenant, dans une faculté majoritairement féminine où les étudiantes ne devraient pas avoir peur de s’impliquer et de s’affirmer aux côtés de leurs homologues masculins. Que ce soit à l’échelle des élections provinciales ou à celle de la Faculté de Droit, les initiatives féminines doivent être soulignées et encouragées, puisque la parité n’est pas un caprice mais bien une nécessité.

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