La perspective d'une équipe

16/04/2018

 

Marc-Antoine Gignac, Marwa Lamkinsi, Mollie Poisant, Charles-Étienne Ostiguy et Grecia Esparza sont les nouveaux membres de l’équipe du Pigeon Dissident, équipe complétée par Sofia Pannacio, Lydia Amazouz et François Sylvestre.

 

Voici la perspective des nouveaux dissidents pour l'équipe 2018-2019 !

 

 

 

 

Salut au nouveau Pigeon ! Tout d’abord, pourquoi avez-vous choisi de vous impliquer dans le journal ?

 

Marc-Antoine : J’ai toujours aimé ce que ça représentait, même avant d’être en droit. J’étudiais en études internationales et je choisissais de lire le Pigeon Dissident au lieu du journal de mon programme parce que je trouvais qu’il était d’une qualité qui dépasse celle attendue d’un journal étudiant. L’équipe est également très accessible et je savais que j’allais m’y sentir à ma place.

 

Grecia : J’appuie Marc-Antoine parce que j’ai vécu la même chose que lui quand j’étais en études internationales. Aussi, j’ai écrit une chronique dans le comité de droit constitutionnel et j’ai adoré pouvoir informer les gens sur des enjeux concrets d’un point de vue juridique. Le journal peut réellement être un vecteur d’accessibilité à la justice.

 

Mollie : J'aime le beau, c'est-à-dire le visuel qui accroche ! C'est notamment pour cette raison que j'ai décidé d'y contribuer. Je crois que les journaux version papier doivent continuer d'exister. Les personnes qui écrivent dans le Pigeon rendent des articles pertinents, recherchés et de qualité, et c'est un honneur de les mettre en valeur et d'inciter même les plus sceptiques à daigner prendre un mystérieux Pigeon. J'adore la prestance du Pigeon malgré qu'on puisse parfois reléguer aux oubliettes les journaux étudiants. Le Pigeon se tient non seulement au sein de la Faculté de droit, mais à l'UdeM au grand complet.  J'ai découvert le Pigeon cette année lors de ma première journée d’accueil.  Je trouvais la couverture funky et ça m'a intrigué. Il a été un outil de réconfort pour mieux me situer à la Fac et développer un sentiment d'appartenance tout en m'instruisant sur des sujets dont je ne connaissais rien de rien. En plus, je trouve que les revendications et les remises en question que préconise le Pigeon sont de connivence avec ma personnalité.

 

Marwa : En plus de mon intérêt pour l’écriture, je trouve que le Pigeon est le porte-voix des personnes les plus discrètes, ceux qui n’osent pas prendre la parole ou qui ne sont pas à l’aise à l’oral, mais qui veulent s’exprimer à l’écrit et avoir une voix dans la Faculté.

 

Charles-Étienne : Ce que Marwa dit est très intéressant parce que c’est grâce à l’image que l’on donne au Pigeon Dissident que je me suis senti à l’aise d’écrire même si je n’ai pas d’expérience autre que mon cégep. Dès la première Assemblée générale, j’ai été interpellé par le discours de Nicolas Thiffault-Chouinard sur le huis clos, j’ai été attiré par la possibilité d’avoir des convictions. Le journal est très accessible, tout le monde peut y écrire. Je suis même tombé par hasard, en naviguant sur Reddit, sur un étudiant de McGill qui lisait le journal !

 

Qu’aimes-tu le plus et le moins de la Faculté de droit ?

 

Marwa : Ce que j’aime le plus rejoint ce que j’aime le moins. Notre Faculté est l’endroit où j’ai le plus exploité mon potentiel parce qu’elle nous pousse à être à notre meilleur, à toujours être stimulés intellectuellement, mais cette volonté de progresser apporte une déshumanisation, un manque d’authenticité : on doit toujours montrer qu’on est au top et on ne se donne pas le droit de montrer qu’on a des moments de faiblesse. C’est malheureusement une faculté du « paraître ».

 

Charles-Étienne : Je suis d’accord avec ce qu’a dit Marwa, mais il faut réaliser aussi qu’en 2018, la société entière est une façade. Malgré tout, j’ai fait de superbes rencontres avec des personnes ayant une rigueur et une honnêteté intellectuelle que je n’aurais pas pu découvrir dans un autre environnement. Par contre, à force de vouloir tout montrer, on est bombardé d’informations. Il n’y a pas beaucoup de bases de référence et j’ai l’impression que plusieurs courriels s’adressent aux 2e et 3e années alors je ne prends pas le temps d’y chercher ce qui me concerne.

 

Grecia : C’est vrai qu’il y a beaucoup d’activités intéressantes. Toutefois, je crois que ça demeure souvent les mêmes personnes qui sont à l’avant-plan et que les mêmes sujets reviennent. L’initiative étudiante est un couteau à double tranchant : quand je me suis présentée à la conférence sur la diversité en milieu de travail, j’ai été très déçue de voir que ce n’était que des cabinets et que personne ne me ressemblait.

 

Marc-Antoine : Pour ma part, j’ai carrément écrit un article sur les intérêts privés (1). La place flagrante des intérêts extérieurs dans une université me laisse perplexe. Qu’est-ce qu’on dirait si les partis politiques finançaient à grands coûts la Faculté de sciences politiques ? D’un côté plus positif, à la Faculté, je me suis retrouvé au Pigeon Dissident. En tant qu’institution, il a une pérennité dans le temps parce que ça fait plus de 40 ans que le journal existe. Les étudiants continuent à vouloir s’impliquer et j’aime son côté revendicateur. J’ai une place pour m’exprimer sur des enjeux qui peuvent sortir du cadre du droit.

 

Mollie : Je vis le même sentiment que Marc-Antoine. Honnêtement, au départ, ce fut très difficile pour moi de me retrouver dans une Faculté qui, comme Marwa l'a dit, est beaucoup une faculté du « paraître », mais bon, sous un ton plus humoristique, j'adore les grilled cheese du Café Acquis!

 

Croyez-vous que le Pigeon Dissident se doit d’être un contre-pouvoir de l’AED ?

 

Mollie : Le journal devrait apporter des pistes de réflexion. De ce côté, c’est légitime que le Pigeon soit utilisé pour critiquer l’AED, mais il n’a pas cela comme vocation unique. Il existe une tonne d’enjeux qui sont extérieurs à la Faculté et qui méritent nos critiques constructives, et il ne faut pas oublier qu’il existe une majorité silencieuse à la Faculté qui s’intéresse à d’autres sujets.

 

Charles-Étienne : En effet, c’est la nature même d’un journal ou d’une dissidence d’être critique envers tout, et on ne va pas se gêner pour exprimer notre désaccord s’il le faut, mais on n’est pas un organisme de surveillance de l’AED. On veut juste faire réfléchir les gens et remettre en question certains paradigmes et éventuellement faire une différence.

 

Grecia : En plus de ça, je crois qu’il est important d’apporter des pistes de solutions. C’est facile de critiquer, mais ça démontre qu’on critique pour de bonnes raisons si on fait l’effort de réfléchir à des propositions.

 

Marwa : Comme je l’ai mentionné aux questions précédentes, le Pigeon doit agir à titre de porte-voix des étudiants de la Faculté ; c’est donc l’opinion de ces derniers qui se chargera de répondre à cette question, à savoir si les étudiants feront du Pigeon la critique de l’AED. Pour ma part, je suis d’avis qu’il est beaucoup plus diplomate de s’en tenir à relater des faits plutôt que de chercher à être un contre-pouvoir. Au final, nous sommes tous une seule et même cohorte et je trouve qu’il est plus respectable de se tirer vers le haut.

 

Marc-Antoine : Le Pigeon ne doit pas chercher des poux et essayer de trouver un « La bière est amère » à chaque année. À mon sens, le Pigeon est « à point » dissident  . Il dépend des gens qui écrivent, des textes informatifs et éditoriaux, et il faut faire de la critique pertinente et appuyée.  

 

Qu’est-ce vous intéresse dans le droit ?

 

Marwa : J’aimerais être ce genre de personne déjà fixée, mais je fonctionne plutôt comme avec le principe d’un entonnoir; pour mon programme, j’ai choisi celui qui offrait le plus de portes et j’avance en procédant par élimination. Je ne crois pas vouloir être avocate, mais aucune autre option n’est fermée. C’est plus facile de savoir ce que je n’aime pas plutôt que de savoir ce que j’aime précisément.

 

Grecia : Je le vis un peu comme Marwa. Il est sûr que, maintenant, je ne pourrais pas répondre. Il est évident que j’aime écrire et m’informer et être à jour dans l’actualité, mais j’y vais au jour le jour et j’attends ce qui viendra à moi.

 

Charles-Étienne : Un peu comme Grecia, je crois encore que la vie pourra me mener où elle le voudra, mais je suis heureux d’être trésorier parce que j’ai toujours été attiré par l’économie et ce sera une bonne façon de toucher à ce domaine.

 

Mollie : Je ne pense pas devenir avocate. En fait j’aimerais faire une maîtrise en philosophie. Je pense même que les études de droit ne devraient être accessibles qu’aux études supérieures. Je n’ai pas de baccalauréat ou d’études antérieures et je le regrette, je crois qu’une formation complémentaire serait nécessaire pour former nos juristes.

 

Marc-Antoine : Comme Mollie en parle, c’est pour cette raison que j’ai vraiment choisi de finir mon bac en études internationales. Ce parcours antérieur m’a orienté vers le droit, et, après mes expériences, je vais probablement être avocat, mais je ne connais pas du tout mon domaine de droit. J’étais évidemment attiré par le droit international, mais je me rends compte du problème d’accessibilité à la justice au Québec et je ressens de plus en plus le besoin de m’attaquer à ce problème. Je n’exclus pas le journalisme et j’aime les juristes qui écrivent dans des médias très accessibles comme le Journal Métro ou le 24 Heures parce que c’est parfois la seule façon que les gens ont de s’informer et c’est gratuit !

 

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1) Les intérêts privés ont-ils leur place dans une université? 1er janvier 2018 par Marc-Antoine Gignac

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