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Pourquoi ne pas l’essayer?

07/11/2017

 

Je suis végétarienne. «Bon, une autre vegan-grano-sans-gluten», «À cause des petites photos dégueu d’animaux dans les abattoirs?», «C’est juste une phase!»

 

Tant de préjugés et de fausses conceptions du végétarisme!

 

Cela fera bientôt deux ans que je suis végétarienne. Certaines personnes deviennent végétariennes du jour au lendemain, d’autres de façon progressive. Personnellement, la transition s’est échelonnée sur plusieurs mois et j’ai commencé par réduire considérablement ma consommation de viande. D’abord, j’ai encouragé ma famille à se joindre avec moi au mouvement du «Lundi sans viande», objectif réalisable pour tout le monde. J’ai ensuite éliminé la viande de mes lunchs du midi. Puis, progressivement, j’ai fini par ne plus en manger du tout. Or, j’ai vite été confrontée au fait que ma famille, ma belle-famille et mon entourage en général n’étaient pas nécessairement habitués à un tel régime. Ne voulant pas les contraindre de façon excessive, j’ai décidé de continuer à manger du poisson lorsqu’on m’en servait. On peut donc dire que je suis pesco-végétarienne puisque j’accepte de manger du poisson à l’occasion.

 

Mais la grande question qui tue et qui est sur toutes les lèvres, c’est « pourquoi devenir végétarien? » Plusieurs personnes croient que la majorité des végétariens font ce choix de régime alimentaire par égard à la cruauté animale. Dans mon cas, bien que ça ait évidemment joué en faveur de ma décision, là n’était pas ma principale motivation. J’ai choisi de devenir végétarienne par conscience environnementale. On ne se le dit pas assez souvent et on n’en parle pas suffisamment, mais :

  • La production de viande est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre, ce qui dépasse les émissions liées au domaine des transports.

  • La production d’un kilogramme de bœuf nécessite 15 000L d’eau et de 7 à 12 kg de céréales.

  • 70% des terres mondiales sont destinées à nourrir des animaux, ce qui fait en sorte que l’agriculture est responsable de 70% de la déforestation mondiale (1)

Et ce n’est qu’une infime partie des statistiques qui pourraient vous étonner.

 

Il ne faut pas non plus oublier que la consommation excessive de viande est nocive pour la santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est catégorique : à la suite à une étude du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), elle a classé les charcuteries et la viande rouge comme cancérogènes (2).

 

En somme, lorsqu’on accepte de faire face aux chiffres, il n’est d’autre choix que de réaliser que la consommation de viande n’a que des effets négatifs tant sur le plan environnemental que de la santé.

 

Or, force est d’admettre qu’il est difficile d’éliminer ou même de réduire la viande de son alimentation. Le régime occidental, et surtout américain, auquel nous sommes exposés et habitués est principalement et démesurément composé de viande (à bientôt la réforme du Guide alimentaire canadien, s’il vous plaît, il est temps!)

 

Dans un contexte pareil, que faire? N’étant certainement pas une végétarienne «maniaque» (je ne juge jamais personne sur son choix de régime alimentaire et ne crie pas sur tous les toits mon végétarisme), je crois que la solution est, idéalement, surtout lorsque comme moi on est ouvert d’esprit dans notre alimentation et qu’on ne raffole déjà pas de la viande, de devenir végétarien et, encore mieux, végétalien! Mais, dans une perspective plus réaliste et applicable à tous, de RÉDUIRE sa consommation de viande. D’ouvrir ses horizons quant aux régimes alimentaires modernes. De cesser les préjugés du type «brouteux de gazon» ou «hippie grano» qui – avouons-le – ne servent en fait qu’à déculpabiliser les personnes qui les émettent. Et c’est tellement moins dur qu’on le croit! Mes trois conseils à cet égard se résumeraient en trois mots : s’informer, réfléchir et essayer. S’informer sur l’impact de la consommation de la viande sur tous les plans : tellement d’articles, de livres et de documentaires intéressants ont été réalisés! Réfléchir sur ce qu’il y a dans notre assiette et sur la façon d’adapter nos plats pour en réduire l’empreinte écologique. Et finalement, essayer! La nourriture végétarienne est tout simplement délicieuse quand on prend le temps d’y goûter et de la cuisiner. À ces fins, j’ai énuméré plusieurs documentaires, auteurs et articles qui ont su me convaincre, des trucs pour réduire notre consommation de viande et éventuellement se diriger vers un régime végétarien ou végétalien.

 

Ce que j’aime me dire et ce qui a marqué le point de départ de mon végétarisme est : «Pourquoi ne pas essayer?» Je vous garantis que vous allez faire des découvertes gustatives des plus intéressantes. L’exemplification parfaite et vivante du fait que le végétarisme ou une consommation sensiblement réduite de viande est possible pour tous est définitivement mon copain : passer de trois steaks par semaine au végétarisme, c’est possible.

 

En conclusion, je tiens à nuancer mes propos sur deux axes. Tout d’abord, on a beau parler de la viande, il faut se rappeler que ce n’est pas simplement la viande, mais aussi tous les produits d’origine animale (par exemple les produits laitiers), qui sont nocifs pour l’environnement et pour notre santé lorsque consommés en trop grande quantité. Ainsi, nos efforts de réduction de consommation de viande devraient s’élargir le plus possible vers une réduction de la consommation de produits d’origine animale. Le lait de soya et le lait d’amandes, ça s’introduit bien aux céréales et aux recettes, et ça fait une différence. Deuxièmement, on a bien beau vouloir avoir une alimentation responsable, à mes yeux, manger demeure, d’abord et avant tout un petit plaisir de la vie. Ainsi, si le régime végétarien ou végétalien nous rend malheureux, inutile d’y adhérer! Il faut aimer et savourer ce que l’on mange. C’est pour cette raison qu’à mon avis il faut s’informer, réfléchir et essayer, tendre vers une consommation considérablement réduite des aliments d’origine animale, mais continuer à apprécier ce que l’on mange! Par exemple, JAMAIS je ne sacrifierai ma poutine, et mon copain, nouvellement végétarien, a décidé de s’accorder une sortie au célèbre St-Hub par année.

 

Pour terminer, je vous demande : pourquoi ne pas l’essayer?

 

Mes recommandations: lectures et films

Changer le monde une bouchée à la fois – Bernard Lavallée : Définitivement l’auteur qui m’a convaincue! J’ai assisté à une de ses conférences et lu ce livre. C’est bien vulgarisé et très nuancé dans le propos. Lui-même n’est pas végétarien!

 

Je mange avec ma tête – Élise Desaulniers : Végane, Élise Desaulniers est plus rigoureuse quant à son régime. Or, elle aussi tient un discours très nuancé et surtout explique très bien les enjeux de la consommation de produits d’origine animale autant d’un point de vue philosophique qu’environnemental. Elle sait vraiment de quoi elle parle et l’une de ses conférences a fait en sorte qu’en plus d’être végétarienne, j’essaie de tendre vers le véganisme. C’est elle qui a initié le Défi Végane 21 jours : un beau défi.

 

Oh She Glows – Angela Liddon (blogue) : Des recettes véganes super inspirantes et gourmandes. Son compte Instagram vaut aussi la peine!

 

Les livres de recettes de Yotam Ottolenghi (dont le célèbre Plenty): Des recettes végétariennes, surtout de cuisine israélienne. Même les plus carnivores adoreraient ces recettes.

 

4 min pour comprendre le vrai poids de la viande sur l’environnement – Le Monde.fr : Court vidéo réalisé par Le Monde concernant l’industrie de la viande en général. Bon point de départ ! http://www.lemonde.fr/planete/video/2015/03/20/le-vrai-poids-de-la-viande-sur-l-environnement_4597689_3244.html

 

Cowspiracy – Réalisé par Kip Andersen et Keegan Kuhn : L’un des plus connus et les plus hardcore des documentaires sur le sujet. Personne ne reste indifférent après l’avoir vu !

 

What the health – Réalisé par Kip Andersen et Keegan Kuhn : Attention, à prendre avec un grain de sel. Même s’il comporte beaucoup d’informations véridiques et vérifiées, ce film étire ses conclusions et généralise beaucoup. Tout de même, intéressant si on garde un esprit critique.

 

 

Dix trucs pour réduire sa consommation d’aliments d’origine animale

  1. Le mouvement des lundis sans viande! TOUT le monde peut le faire et ça peut faire une énorme différence si plusieurs font le pas.

  2. Identifier des repas (comme les dîners, pour moi) ou des jours de la semaine où l’on n’en consommera pas.

  3. Lire sur le sujet et en discuter!

  4. Commencer par manger mexicain ! Qui n’aime pas le mexicain? C’est LA cuisine la plus facile à adapter : tacos, burritos, salad bowls. Vous avez déjà faim.

  5. Apprivoiser les légumineuses : on peut faire tellement avec les légumineuses si on les apprête bien!

  6. Essayer de cuisiner de nouvelles recettes (voir livres de recettes nommés plus haut).

  7. Essayer des restos végés : à Montréal, on est choyés! Les restaurants végétariens se multiplient à Montréal! Lola Rosa, Copper Branch, Lov sont tous des restaurants végétariens où tout le monde peut y trouver son compte.

  8. Essayer des desserts véganes! C’est aussi bon et aussi sucré, et la différence est souvent super simple : lait de soya plutôt que lait de vache, graines de chia plutôt qu’un œuf, et le tour est joué.

  9. Essayer le lait de soya et le lait d’amandes pour remplacer le lait de vache.

  10. Essayer, goûter, répéter!

 

 

Sources

(1) http://www.lemonde.fr/planete/video/2015/03/20/le-vrai-poids-de-la-viande-sur-l-environnement_4597689_3244.html

(2) http://www.who.int/features/qa/cancer-red-meat/fr/

(3) https://moviequibble.files.wordpress.com/2015/09/cowspiracy1.jpg pour la photo, crédit de cowpiracy.com.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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