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L'homme derrière le 18 juin

 

Tous les Français connaissent le Général de Gaulle. Pour certains, il n’est qu’un président comme les autres qui a laissé son nom à un aéroport et à l’immense rond-point de l’Arc de Triomphe. Pour d’autres, il est une icône quasi religieuse. Il est le sauveur de la France, celui qui a su porter sur ses épaules, par deux fois, tout le poids et les responsabilités d’un pays menacé. En 1940 ou en 1958, il est l’homme qui sortit la France de l’ombre et la guida vers la lumière. Je suis de ces Français de la deuxième catégorie. Pour moi, de Gaulle est le père des Français, il est l’homme au-dessus de tous les autres. Il ne fut pas qu’un simple président ou un général militaire, il fut la personnification de l’esprit français dans sa grandeur et sa fierté. Le Président Pompidou n’a-t-il pas dit le 9 novembre 1970, jour de la mort du dernier des géants du siècle passé, ‘’la France est veuve’’. Mais qui est réellement Charles de Gaulle? Tous ou presque connaissent Charles de Gaulle comme le premier, et très seul, Français libre de Londres refusant la défaite et entonnant son vibrant appel du 18 juin sur les ondes de la BBC en 1940. Ou encore on connaît de Gaulle comme le Président emblématique de la Vème République, qu’il a rédigée et mise en place en 1958. Mais de Gaulle n’est pas « né » en 1940. Il a vécu et servi la France bien avant cette date. Mais alors, à la base, qui est de Gaulle?

 

Charles de Gaulle, ou plus communément, le Général, est avant tout un homme. Le grand sauveur de la Patrie est né au crépuscule du 19e siècle dans cette France qui, soucieuse d’oublier l’humiliation du vol de l’Alsace-Lorraine par le Second Reich, se tourne vers le monde colonial. Il est bercé par l’épopée coloniale française, d’Alger au Tonkin, de Madagascar à la Polynésie, et par ses grands noms; Gallieni, Lyautey, Marchand et bien d’autres. Il naît aussi dans le sentiment patriotique de sa famille. Son père, professeur de lettres, lui inculquera l’amour du pays, de ses traditions et de son histoire. Il apprendra aussi que l’armée est, selon son père, la garante de la nation. Il fera sienne la citation de Napoléon « l’Armée c’est la nation ». De Gaulle grandira dans cet environnement de fierté féroce de la France et de patriotisme exalté. De Gaulle, ayant grandi à Paris, se définira toujours comme un petit ‘’parisien du Nord’’ en référence à sa terre natale du nord de la France. Ce même Nord, de Gaulle le défendra corps et âme lorsqu’il servira de vaste champ de bataille durant la Première Guerre mondiale.

 

C’est ce qui nous amène à notre deuxième point. Après être un homme, de Gaulle est un homme de guerre. Le Général est diplômé de l’école militaire Saint-Cyr, la "Harvard" des écoles militaires françaises, à l’aube de la Grande Guerre. En plus d’y apprendre le métier des armes, il y côtoiera les grands noms militaires du siècle : Pétain, Juin, etc. De Gaulle se taillera sa place à coups d’épée et restera dans la mémoire de ses professeurs comme une personne hautaine, presque monarchique et déjà dotée du plus grand des patriotismes. L’élève de Gaulle choisira comme corps d’affectation, à sa sortie, l’infanterie, car ‘’plus militaire’’. Il n’a pas le temps de procrastiner que l’Allemagne déclare la guerre à la France. De Gaulle part avec la rage au ventre, bien déterminé à reprendre à coups de fusil l’Alsace et la Lorraine française aux ‘’boches’’. Le futur général se dévoilera être une véritable tête brûlée, téméraire et sans peur. Il recevra plus d’une blessure, mais aucune ne l’empêchera de retourner dans les tranchées. Mais de Gaulle, tout récemment nommé officier, sera envoyé à Verdun en 1916. L’enfer des poilus, c’est là qu’il recevra un coup de baïonnette dans la cuisse et qu’il se cachera dans un trou d’obus pour échapper aux bombardements allemands incessants. Mais la mort ne devait pas aller le rappeler à elle en cette sanglante année 1916. Ce sont plutôt les Allemands qui le trouveront et l’enfermeront avec d’autres prisonniers de guerre français. Il passera le reste de la guerre dans les prisons allemandes d’où il tentera régulièrement, mais sans succès, de s’enfuir. Libéré à l’armistice, ne pas avoir pu participer aux derniers combats restera jusque sur son lit de mort son plus grand regret.

 

Ensuite, n’en déplaise à certains, de Gaulle est un homme de droite, traditionaliste et conservateur. Il possédait une vision propre de ce qu’était la France, pays de tradition judéo-chrétienne et d’inspiration gréco-latine. De Gaulle n’a jamais conçu la France d’une autre manière. Le pays ne s’est-il pas formé sur une alliance entre l’épée de Clovis et l’autel de l’église catholique romaine en 496? Pour le Général, la France est aussi et avant tout un grand pays conquérant. Si les Français renoncent à leur nature conquérante, ils renoncent à leur nature propre. La façon dont de Gaulle voyait la France ne s’est jamais tarie et jusqu’à sa mort il clamera haut et fort que la France n’est pas la France sans la grandeur. De Gaulle était indéniablement un homme de droite, mais surtout sur le plan des valeurs. Il méprisait les nouveaux capitalistes qui ne pensaient qu’au profit et à l’argent. Mais sur le plan des valeurs, il était attaché à la France rurale, la France fière qui sait clamer son patriotisme et son appartenance, et à la France des églises et des clochers qui parsèment les communes. Il reste encore aujourd’hui l’un des seuls présidents ayant utilisé assidûment la minuscule chapelle du Palais de l’Élysée. Finalement, de Gaulle sait que les Français, même à son époque, restent tels que César décrivait les Gaulois : ils sont prompts, courageux, téméraires, amis, et manquent cruellement de discipline et d’organisation. De Gaulle bâtira sa constitution, celle de la Vème République, sur ce modèle presque monarchique auxquels s’attachent tant de Français. La Vème République devient donc une monarchie républicaine où le président siège comme un roi à la tête de l’État. La gauche, encore aujourd’hui, n’a de cesse de critiquer ce mode de fonctionnement monarchiste et très conservateur, mais les Français restent profondément attachés à la république gaulliste. Avec du recul, la vision politique de De Gaulle se fixe très clairement dans le courant de la droite nationaliste et conservatrice. Car de Gaulle, sans jamais s’en cacher, fut un homme de tradition et soucieux de préserver l’esprit de la France profonde.

 

Toute sa vie, le Général fera preuve de l’abnégation la plus totale. Ce qui compte pour lui, ce n’est pas ses ambitions politiques ou son confort matériel, c’est l’intérêt du pays. Le Général fut le plus grand homme d’État que la France et le monde n'aient jamais connu. L’homme n’a pas simplement marqué l’histoire, il l’a rencontré, il l’a modelé, il a fait l’histoire. Jamais plus le monde ne connaîtra un homme tel que de Gaulle, sauveur, serviteur et père d’une nation et d’un peuple tout entier.

 

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