Double standard

Diabète de type 1. Le diagnostic est tombé. Mon médecin de famille a prononcé ces mots de la même manière qu’il m’a salué en m’accueillant dans son bureau. Les muscles de mon corps se relâchent. La nervosité qui m’envahissait dans la salle d’attente laisse enfin place à un sentiment de bien-être. Enfin. Enfin, une explication à cette panoplie de symptômes. Le médecin m’interpelle plusieurs fois. Je sors de mon état de béatitude. Il m’explique que cette maladie chronique ne doit pas être une source de culpabilité. Avant de quitter la salle d’examen, il s’assure que je comprenne bien l’importance de mes injections d’insuline. Je hoche de la tête. Après tout, je n’y suis pour rien. Mon pancréas est insuffisant, voilà tout.

 

Bipolarité de type 2. Le diagnostic est tombé. Après trois ans de mal-être constant, de changements de médication, de rechutes, de dépressions, de phases d’hypomanie, d’effets secondaires, de larmes, de découragement, je peux enfin dire que je suis bien. Mon psychiatre m’explique que cette maladie ne doit pas être une source de culpabilité, mais, déjà, je ressens un malaise. Le malaise qui m’habite se propulse dans chaque partie de mon corps. Il m’envahit jusqu’à me faire douter de moi-même. Et puis je prends conscience. Je ne suis pas la source. Cette gêne prend racine dans le regard des autres. Elle est alimentée par les préjugés qui accompagnent la maladie mentale, par le portrait que les films et les séries télévisées dressent, par cet inconfort général de la société devant ces deux mots: maladie mentale. Avant de quitter la salle d’examen, mon médecin s’assure que je comprenne bien l’importance de ma médication. Je hoche la tête.

Après tout, je n’y suis pour rien. Mes neurotransmetteurs sont défectueux, voilà tout.

 

Deux diagnostics différents.

Deux réactions différentes.

 

Prenez un instant pour prendre le recul nécessaire et observer les pensées qui vont et viennent à vous. Peu importe le diagnostic ou la maladie, votre réaction à votre égard ou celle d’un autre individu devrait être la même. L’écoute, l’absence de jugement et la sympathie devraient guider vos paroles et vos actes. Rappelez-vous l’école primaire ou secondaire, lorsqu'un enfant arrivait en classe le bras dans le plâtre. Tous se bousculaient afin de signer et dessiner sur le bras de leur camarade. Un véritable attroupement se formait. Certains portaient son sac à dos tandis que d’autres l’accompagnaient à la cafétéria pour prendre son cabaret. Qu’en est-il de l’étudiant qui revient en classe après être hospitalisé pour une dépression? Pourquoi fuyons-nous ce type de maladie? Pourquoi accusons-nous? Pourquoi culpabilisons-nous ceux et celles qui ont l’audace et le courage de dire qu’ils sont malades ? Malades de maladie mentale. Le mot nous semble si fort, si gros, si apeurant. Mais il n’en est pas plus différent qu’un bras cassé ou qu’un diagnostic de diabète.

 

Encore aujourd’hui, les maladies mentales reçoivent un traitement différent. La gauche, la droite. D’un côté, les maladies mentales, de l’autre, le reste.

 

Anorexie, dépression, bipolarité, schizophrénie, boulimie, troubles anxieux. La liste est longue surtout lorsqu’on considère qu’un Québécois sur cinq sera touché de près ou de loin par la maladie mentale.

En tant qu’individu, étudiant, citoyen, société, il est de notre devoir de participer activement à l’éducation de notre entourage afin de démystifier l'ensemble des maladies mentales. Il est de notre ressort de mettre fin à ce double standard qui creuse un fossé entre les maladies dites physiques et celles dites mentales.

 

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Béatrice est une étudiante de deuxième année au baccalauréat en droit et elle est pair-aidante au PADUM, un service d’écoute active par et pour les étudiants en droit. Ce service est ouvert de 9h à 17h du lundi au jeudi et de 9h à 12h45 le vendredi au local A-9565-9. N’hésitez pas à venir nous voir. Nous sommes là pour vous.

 

 

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