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Plus que de la séduction

 

Les lunettes rondes, il les a. Ses cheveux vous feront regretter de ne pas lui avoir déjà demandé le numéro de sa coiffeuse. Framé comme un gars qui s’en va se faire donner une volée par une mouche noire, le premier venu se demandera ce qu’il fait là, à parler à tout le monde. Mais au risque de tomber dans le cliché, vous savez ce qu’on dit : l’habit ne fait pas le moine. 

 

Sire est en effet pas mal important au Parlement jeunesse, LA simulation parlementaire en vogue qui garnit bien un curriculum vitae.  Il travaille chez les gros bonnets du centre-ville. Vous remarquerez qu’il est aussi à l’aise que Justin National pour vous faire la conversation, mais qu’il manœuvre l’art de la rhétorique comme Thomas Mulcair en Chambre (avec un peu plus de succès électoral, toutefois). Mesdames, messieurs, autres : voici le président de votre association étudiante, Simon DuPerron. 

 

L’Association des étudiants en droit (AED) de l’Université de Montréal a, en gros, la mission de vous rendre heureux. Organisation d’évènements, ressource quand on a envie de pleurer, gestion de vos cotisations, blabla… l’AED s’occupe de la vie quotidienne de toi, étudiant fraîchement sorti du Cégep avec une cote R pas mal cute et même de toi, vétéran universitaire au grandiose GPA. C’est le « gouvernement de la Fac », eux qui prétendent faire de la « politique étudiante. » Et l’équivalent du Premier Ministre, c’est Simon. 

 

Il a accepté de nous parler des dossiers chauds de l’année, avec l’aise d’un René Lecavalier qui parle de hockey. Survol des trucs à surveiller pour l’année à venir. 

 

D’abord (évidemment), les initiations. Oups, les activités d’accueil. Car oui, probablement par désir de ne pas faire peur aux parents un peu trop poules et aux frileuses autorités universitaires et facultaires, on a changé le nom. Du côté de l’AED, on espère que cette toute petite modification va s’inscrire dans le de culture qu’on tente d’imposer à ces activités qui ont tant fait jaser l’an dernier. On dit avoir laissé la place à beaucoup d’activités à teneur sportive, activités lors desquelles on ne sera d’ailleurs pas obligés de boire de l’alcool, celle-ci pouvant être remplacée par des boissons non-alcoolisés. Une initiative intéressante, mais suffisante dans un contexte où la pression des pairs joue gros ? Les juges seront de retour, mais ont été sélectionnés via un appel de candidature, une première dans l’histoire de l’AED. Les candidats devaient écrire un bref texte dans lequel ils élaboraient sur les motifs qui les poussent à vouloir être juge. Cependant, le VP à la vie étudiante, Samuel Gray, a tout de même eu le loisir de choisir les candidats de manière arbitraire, sans consultation secondaire ou  critères particuliers. On devra donc lui faire confiance si on espère avoir des gens qui allument un party mémorable, mais respectueux, plutôt que des bêtes victimes d’un pathologique manque d’attention comme cela s’est vu dans le passé. Enfin, et là wow, chapeau bravo, Sam a eu une idée qui frôle le génie : des témoins actifs, membre de la PADUM(1), seront présents tout au long des activités d’accueil pour intervenir en cas de malaise ou tout comportement jugé inapproprié. Ces « polices » ont reçu (tous comme les juges et les boosters en chef) une formation du BIMH(2) qui permettra de les outiller quant à la bonne manière d’agir en cas de dérapage. Bien joué. Les activités d’accueil semblent donc rendre bien nerveux les membres de l’AED, eux qui semblent vouloir à tout prix partir du bon pied pour ensuite se concentrer sur d’autres dossiers importants. 

 

Parlant de ceux-ci, effleurons les dossiers académiques. On parle ici, notamment, du problème des psychostimulants (smartdrugs), ces cochonneries utilisées selon la légende par un nombre important d’étudiants en quête des notes de rêve. Le vice-président aux affaires externes, Antoine DiPietrantonio, s’attaquera aux problèmes en consultant les instances externes telles que la FAÉCUM, le décanat et le rectorat. On ne peut évidemment être contre une telle initiative, mais encore une fois ; est-il réellement possible de changer une telle culture ? Ce n’est pas le Tour de France. Côté imprimantes, la présidence était fière de nous annoncer qu’elle en était arrivée à une entente, et ce après de dures négociations et d’innombrables ramifications. Les étudiants seront donc en droit (!) d’imprimer 2000 copies par année (bien que ce nombre soit sujet à changement) avec de toutes nouvelles imprimantes, mais devront se procurer leur propre papier, papier qui devra obligatoirement provenir de la Coop droit afin d’éviter des problèmes de bourrage. 

 

Côté engagement social/communautaire, on reste timide, quoi qu’optimiste. Pour ce qui est du Fonds des projets spéciaux, cette cagnotte qui permet de financer des initiatives étudiantes spontanées, on ne semblait pas convaincus de nous annoncer qu’il serait bonifié. On croise les doigts. Quant à la promesse, électorale toutefois, de mettre l’accent sur le rôle de l’AED comme étant un acteur communautaire et de changement social, on devra se fier à un champion. Le VP aux affaires externes devra en effet se charger d’amener différentes propositions à caractère communautaire en assemblée générale, la culture de l’implication extra-scolaire n’étant pas particulièrement implanté chez les étudiants du bac. 

 

L’AED 17-18 se veut à l’image de son président. On se dit accessible, sans toutefois prétendre pouvoir rejoindre en totalité TOUS les étudiants de la Fac. Ce discours franc et dépourvu de prétention est rafraîchissant dans un contexte où les attentes semblent élevées pour cette brigade de jeunes politiciens, dont la plupart en sont à leur premier diplôme universitaire.  Faute de véritable révolution (jusqu’à présent) qui aurait coupé sec avec les exécutifs précédents, la nouvelle AED devra cependant miser gros si elle ne veut pas tomber dans une année statu quo qui tombera dans l’oubli. On nous a séduits. Maintenant, il faut nous rendre heureux. 

 

1. Pairs aidants en droit de l’Université de Montréal.

2. Bureau d’intervention en matière d’harcèlement.

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