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Obama à Montréal

 

C’est l’évènement de l’année. Non, du bicentenaire, selon la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Le 44e président américain, celui qui a la cote depuis que détester le 45e permet de nous élever au rang de fin analyste politique, est en ville. Barack est venu nous parler. De globalisation, de changements climatiques, d’ouverture d’esprit. Enfin, c’est ce que tous ces badauds* qui ont payé une somme (dé)raisonnable pour voir le prophète parler espéraient. 

 

Ce qui assomme, d’abord, c’est la « qualité » de l’auditoire. Il y a, sans surprise, ces idéalistes prêts à débourser une heure de salaire pour garnir leur profil Instagram d’une belle photo du second président noir faisant ce qu’il sait faire de mieux : étaler son charisme. On y retrouve aussi ces bourgeois moyens, hommes d’affaires pas peu fiers du fait qu’ils pourront raconter avoir rencontrer un président américain, à un quelconque 19e trou. Mais les meilleurs, ceux qui témoignent vraiment de la grandeur de cette masse, ce sont ceux ayant eu le privilège (ou les poches assez profondes) de s’asseoir à la table d’honneur. 

 

Oh, nous voilà dans une autre game

 

Entre ministres et magnats habituels, les oligarques se font plaisir d’étaler au grand jour, et devant leur plus grand spectateur, leur rôle de « leader » dans ce monde où tous semblent perdus. Parmi eux, France Chrétien Desmarais. Oui; Chrétien et Desmarais. Deux noms de famille qui n’en font qu’un, après tout. C’est la fille du premier et la femme du second. Hormis son illustre pedigree, c’est elle qui préside la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Elle serait également « impliquée dans de nombreux organismes de charité. » Wow ! Une philanthrope ! Une lidaire, comme on aime prononcer ce terme. 

 

Mademoiselle présente en fait les principales caractéristiques de ce grappin de personnes qui se plaisent à croire qu’ils sont nés pour être les lidaires du petit peuple. Ils sont riches, ont souvent fait des études impressionnantes, sont membres d’un ou de plusieurs C.A. d’organismes « bienfaisants », font la promotion de la mondialisation et aiment montrer qu’ils tiennent à l’environnement. Ce sont des superhéros, des gens qui ont dressé leur propre portrait dans un but ultime : celui de bien paraître. 

 

Ces gens, ils ont aussi un autre point en commun. 

 

Ils se cachent derrière une prétendue supériorité morale pour masquer un égocentrisme pointu. Et ils sont aujourd’hui venus prendre des notes et s’inspirer du gourou de cette manière de vivre. Celui qui, d’une main, vous donne envie de vous soulever contre ces ultra-riches, mais qui, de l’autre, vous retire tranquillement 300$ durement gagnés. 

 

Mais dites-moi. En quoi ces pauvres diables sont-ils mieux outillés afin de recevoir tant d’attention et un capital de sympathie inconditionnel de la part de cette classe de lidaires à en devenir ? 

 

Prenons Michel Leblanc, PDG de la CCMM. C’est lui qui a évidemment hérité du privilège de présenter l’invité du jour. Or, son discours était pâle. Digne du p’tit gêné de la classe à qui vient le temps de faire son oral devant toute la classe. Les intérêts corporatistes à leur meilleur. Ces mêmes intérêts qui prétendent offrir à « ceux qui le méritent » (quel terme vague) et aux « meilleurs » de notre monde les plus beaux privilèges qui soient ne devraient-ils pas justement avoir donné la chance à un orateur formidable et charismatique la chance d’en présenter un autre ? 

 

Un discours creux n’en attendant pas un autre, Barack (puisqu’il semble si accessible, appelons-le par son prénom) a ensuite émis un plaidoyer en faveur d’une économie pour la majorité, pour une croissance des mesures environnementales et pour une compassion inconditionnelle des puckés parmi nous. 

 

Hypocrite. 

 

Comme le font Barack et ses adeptes, on se cache ici derrière de superficielles valeurs d’altruisme tantôt pour se donner bonne conscience, tantôt pour endormir ceux qu’on aime fourrer, et tantôt encore pour plaquer or notre page Wikipédia. 

 

En allant voir Barack Obama, on a prétendu aller voir un Sage qui aurait la réponse parfaite à tout. Peu importe ce qu’il allait dire, on le croirait sans poser de questions. Le tout pour nous rassurer. Parce que voyez-vous, c’est ce que ces gens qui galopent dans la haute société souhaitent par-dessus tout : quelqu’un qui leur dira que tout va bien aller, même s’ils ne sont pas capables de vivre avec eux-mêmes, eux seuls. 

 

* Je vous invite à vous renseigner sur la définition du terme. Je dis avec toute prétention qu’il est judicieusement choisi.

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