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Présidentiables no 9

 

Le 23 avril approche à grands pas. C’est vraiment bientôt que tout ce jeu de discours et promesses verra sa fin, que les commentateurs politiques pourront prédire sans certitude les cinq prochaines années de la France, et que les Français pourront s’autocongratuler ou se blâmer d’avoir voté pour la bonne ou la mauvaise personne.

 

Au 11 avril, les intentions de vote recueillies par l’IFOP prévoient 24 % pour Le Pen, 23 % pour Macron, 19 % pour Fillon, 18,5 % pour Mélenchon, 8,5 % pour Hamon, 4,5 % pour Dupont-Aignan, 1,5 % pour Poutou, 1 % pour Lassalle, 0,5 % pour Asselineau et Arthaud, et 0 % pour Cheminade. Intentions non cristallisées cependant, car à deux semaines du premier tour, les Français ne sont pas encore fermement décidés.

 

 

Et honnêtement, si cela ne surprend pas ou plus aujourd’hui que les candidats des deux partis traditionnels arrivent si bas dans les sondages montre bien que 2017 signe un changement radical dans la conception politique des Français. Désir de renouveau ou ras-le-bol général, les outils à la disposition de citoyens éconduits par les quinquennats précédents restent bien faibles. Il est utile de voter, il est essentiel de débattre. Voir en les sujets qu’on nous présente les seuls qu’il est normal de considérer doit être repensé : il y a tant de problèmes, mais également tant de solutions! Si le terrorisme effraie, en Europe et ailleurs – bien qu’on ait plus parlé de Stockholm que d’Alexandrie – peut être que repenser l’éducation et l’inclusion pourrait être une réponse, peut-être qu’il faut faire renaitre chez les jeunes et moins jeunes un sentiment d’appartenance à une grande nation, à un grand peuple, mais surtout à un beau Monde. Et alors il est probable que personne après ne voit plus l’intérêt de stigmatiser des croyants, de tuer des humains, de laisser mourir de faim toute une partie du monde, d’envisager l’immigration comme un simple intérêt économique ou menace pour le marché de l’emploi. La tolérance ferait bien des miracles si elle était jumelée aux valeurs fondamentales et mécanismes régissant actuellement notre société. L’information et la curiosité rendraient lucides bien des citoyens en quête de meilleur et d’avenir plus rutilant.

 

 

Peut-on imaginer un monde où tout le monde serait satisfait de la place qui lui est accordée et qu’il a tout fait pour avoir? Si cela parait naïf, on s’accorde à dire que c’est le bien commun qui est l’ultime but de toute politique bien pensée – pour le citoyen, mais également les entreprises, à court et moyen termes. Mais c’est impossible peut-on à priori se dire, on est trop nombreux. Prenons l’exemple de l’Islande, ce pays où la Constitution a été révisée et construite par les citoyens, où le référendum est fréquent : devine quoi, c’est le troisième peuple le plus heureux du monde d’après le World Happiness Report 2017 établi par l’ONU. Oui, mais ils sont 325 000 les Islandais. Certes! Mais il est parfois sage de se rappeler comment on en est arrivé là en France : une Constitution, des institutions, des pratiques, des référendums. C’est bien beau de déclarer vouloir une évolution, un renouveau, un changement; c’est encore mieux de le croire possible et de commencer à penser au comment. Théoriser et rechercher reste inévitable, en témoignent les littératures économiques, sociologiques, psychologiques, juridiques, ou bien d’autres. Mais lorsque vient le moment de prendre les choses en main, de considérer les enjeux pluriels et d’apporter des solutions viables et effectives, peu de citoyens voient où et quand leur avis compte.

 

 

 

Alors oui, comme le dit Alain Deneault, le vote est un acte analphabète – cocher une case, mettre un bulletin dans une enveloppe – plus tard commenté par toutes sortes d’experts. Mais le vote c’est un des rares moments de pouvoir citoyen; en tous cas un des rares que l’on nous donne. Alors à nous de le prendre.

 

Et si cette dernière chronique semble bien éloignée des élections présidentielles à venir, elle ne l’est in fine pas tant que cela : avec un peu d’espoir et beaucoup de travail, un seul humain peut en entrainer bien d’autres et les guider vers des actions concrètes améliorant le quotidien de chacun et l’avenir de tous.

 

Un gros merci au Pigeon pour m’avoir laissé écrire chaque semaine sur ce sujet qui me tient tant à cœur, sans jamais changer un mot ni me limiter dans ce qu’il était opportun d’écrire ou non! 

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