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Présidentiables no 5

 

C’est tout bientôt : le 17 mars, les candidatures seront officielles. Nos acteurs devront avoir réuni les signatures de 500 élus, nécessaires afin d’accréditer leur entrée dans le jeu des présidentielles. Peut-être est-il temps de se pencher sur comment cela fonctionne, finalement, ces élections; quelles en sont les modalités et; pourquoi c’est un rêve d’enfant de devenir Président de la République? Promis ce sera bref et le moins plate possible.

 

Kesako – En France, on parle d’un régime semi-présidentiel : coexistent et collaborent à la fois un Président et un Premier ministre. C’est la Constitution de 1958 qui base les institutions et leurs pouvoirs, agrémentée d’un préambule ayant de même valeur constitutionnelle. L’Assemblée nationale (chambre basse représentante du peuple) est élue tous les cinq ans directement par les citoyens, le Sénat (chambre haute représentant les territoires) est renouvelé à moitié tous les trois ans via des élections indirectes – les deux ensemble forment le Parlement. Le Conseil constitutionnel est indépendant et juge de la conformité des lois à la Constitution et à son préambule, avant ou après qu’elles soient promulguées. Le Conseil d’État est l’organe judiciaire suprême pour le droit administratif, et la Cour de cassation est son homologue en matière judiciaire (civile et pénale). 

 

 Présidence – En France, État unitaire, le Président de la République n’est pas le chef du gouvernement ni le dirigeant des ministres. Il est le chef de l’État. Entre autres, c’est lui qui nomme le Premier ministre. Ce dernier doit être du même côté politique que la majorité représentée à l’Assemblée nationale. En théorie, c’est le Premier ministre qui dispose des pouvoirs les plus intéressants, parce qu’il nomme les ministres et s’occupe de la politique du pays dans son ensemble. Il est intéressant de constater que c’est le Président qui intéresse le plus les gens, alors qu’en réalité il n’a que peu de pouvoirs effectifs. Mais il reste que, l’Assemblée nationale étant élue peu de temps après le Président et à la même fréquence (tous les cinq ans), ce dernier et le Premier ministre sont, depuis 2002, toujours de la même couleur politique et le Président se fait de facto le faiseur politique principal. C’est surtout parce qu’il incarne un pouvoir perçu comme illimité que le statut de Président défraye tant la chronique et suscite autant l’intérêt.

 

« Moi, président » — Pour être éligible à la course à la présidence, il ne faut pas être inéligible –CQFD. Pour passer sans être trop soporifique sur cette modalité, il faut être citoyen français, avoir 18 ans au moins, et ne pas avoir été déclaré inéligible par un tribunal. En plus de cela, personne ne peut être président plus de deux mandats consécutifs, et il faut réunir au moins 500 parrainages d’élus d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer. Depuis cette année, ces parrainages sont envoyés directement par les élus au Conseil constitutionnel missionné par la Constitution pour veiller à la régularité de l’élection. Le financement des campagnes ainsi que le temps accordé à chaque candidat dans les médias sont règlementés par des autorités administratives.

 

La semaine prochaine donc les candidatures seront figées. François Fillon sera-t-il le candidat de la droite? Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon feront-ils candidature commune? Comment Macron se positionnera-t-il sur l’échiquier politique? Tant de questions qu’il sera intéressant de considérer étant donné l’échéance toujours plus proche de la campagne. 

 

Parce que cette chronique est bien moins ludique que les précédentes, voici ici un lien rapide vers un résumé plutôt drôle des supposés candidats de la saison 2017 : http://speech.konbini.com/news/en-images-et-si-les-politiques-etaient-des-bonbons-haribo/

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