Le populisme et sa sauce holistique

 

C’est l’histoire d’un couple plébéien et de leurs nombreux problèmes de santé. Après la visite de trois médecins généralistes, rien ne se règle. Les trois, sans surprise, ont fait passer une batterie de tests, ont prescrit un peu de médoc; puis (sacrilège!), ont proposé au couple de revoir leurs habitudes de vie. « Diantre! », s’exclame le couple à l’unisson, « une solution doit exister quelque part! » Soudain, grâce au large réseau du nouveau docteur Zuckerberg, le couple découvre le coupable de tous leurs maux : le système de santé perfide à la solde du corporatisme pharmaceutique. Un système avare et prévaricateur formant les « parfaits malades » au lieu de les soigner. La solution était là depuis tout ce temps. « Chéri, découpons notre carte soleil. Brulons ce symbole de servitude et achetons-nous de la coriandre et du citron : nous vivrons heureux et en santé jusqu’à la fin des temps ». 

 

Et puis? Ç’a fonctionné leur patente?  

 
Surement pas. De toute façon, le couple n’existe pas : je m’excuse chers lecteurs captifs (et les autres aussi). Ils ne sont qu’une parodie grotesque (je m’en excuse) d’un phénomène largement rependu, c’est-à-dire la recherche et l’élimination d’un coupable précis présumément responsable d’un problème complexe. 

 

Es-tu en train de nous faire la morale avec ton illustration malhabile de la montée du populisme en politique? 

 

Oui… le titre de mon article a probablement un peu trahi mon subtil parallèle. Ne demeure pas moins que cela tient la route. La classe moyenne peine à survivre; les inégalités augmentent; l’évitement fiscal devient la norme; la population et les pays sont surendettés; le racisme perdure; les Nordiques et les Expos ne reviennent pas, bref, tout semble mal aller. Pendant ce temps, la classe politique semble avoir leurs deux doigts dans le nez (puis dans la bouche pour certains). Ça doit bien être eux le problème, non? 

 

J’imagine? Ou pas?  

  

Un peu, mais pas complètement, tu comprends? Quand une personne semble proposer une solution magique, la première réaction ne devrait pas être de l’élire président des États-Unis ou alors d’acheter son collier en pelure de noisettes, mais bien se questionner, collectivement, sur la véracité et l’efficacité de cette proposition. En politique, comme en médecine (bien, j’imagine, je ne suis pas médecin après tout!), le problème est souvent plus complexe qu’on le pense, nous, simple mortel, et la solution est souvent très nuancée, voir pas encore découverte.  

 

OK? Mais, c’est quoi la morale? 

 

La morale est que la réalité est toujours plate et complexe. Toujours, toujours, toujours. Si, en politique, une solution semble trop simple, elle ne fonctionnera sûrement pas. Toutefois, il ne faut pas confondre « plate et complexe » avec « endormant et mélangeant ». Philippe Couillard pensait s’en sortir. Oh que non.  

 

Donc, tu saisis la nuance? Pas tant que ça? C’est bon signe, ça veut dire que mon texte reflète un peu la réalité. 

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