L'échec Obama : un berger et ses moutons

 

Barack Obama a échoué. C’est, pour de nombreuses personnes, une fausse réalité pontifiée par cette bande de conservateurs ignorants et acerbes. Pour ces mêmes personnes, l’Obamacare est une véritable réussite, les homosexuels ne sont plus victimes d’affreux stigmates et, comble du bonheur, Oussama ben Laden est mort. Mais si la réalité objective était en fait moins reluisante? Certes, avec l’avènement d’un porc comme successeur d’un premier président noir, le réflexe est justifié; on a tendance à glorifier le second étant donné l’absurdité de l’élection du premier. Jetons en adjectifs un coup d’œil objectif sur ces huit dernières années qui, à notre grand damne, ont parfois été définies par un penchant pour l’hypocrisie et un culte du statu quo.  

 

Évidente : La reprise économique  

Lorsque vient le temps de défendre le bilan de leur sauveur, les partisans d’Obama aiment bien crier à qui veut l’entendre que le second président noir (soyons francs, Bill Clinton était le premier) a amorcé et conclu une formidable reprise économique après la grave crise financière de 2008. Les chiffres, pour eux, parlent d’eux-mêmes : le taux de chômage, au moment où Obama a assumé ses fonctions, était de près de 8 %. Aujourd’hui, il ferait le limbo sous la barre des 5 % (1). Du pur génie! Digne de Franklin D. Roosevelt après la Grande dépression des années 30, non? Non. Notons d’abord que pour plusieurs économistes, démocrates et républicains, il existe une théorie que nous appellerons celle du Café. Selon celle-ci, taux de chômage et succès économique, tout comme éveil et café, suivent une courbe bien définie. Dans une économie comme celle des Amerloques, massive et généralement stable, une forte période de croissance sera, à un moment ou un autre, suivie par une période de ralentissement, voire de crise. Ce fut notamment le cas durant les années 20 et 30, où les « Rowing Twenties » ont été remplacés par la Grande Dépression. L’inverse est également vrai; ce fût notamment le cas durant les années 70, où une grave crise pétrolière a été succédée d’une période de croissance économique durant les années Reagan (qui l’eut cru). Bref; après le cataclysme de 2008, selon cette théorie, la machine américaine allait nécessairement se remettre en marche, renouant avec succès et chiffres agréables pour les yeux des économistes. Barack Obama n’a donc pas relancé à lui seul l’économie américaine; il n’a que rattrapé la balle au bond, ayant l’affront de se prétendre comme le messie.   

 

Mou : Une politique étrangère 

On dit (pas vraiment) que la Syrie est le nouveau Rwanda. Parce qu’elle a été la scène de crime dépassant l’imaginaire, rappelant l’enfer lui-même tel que décrit par Dante. Oui. Mais aussi et surtout parce que ces deux situations témoignent de l’outrageuse inefficacité de l’ONU et d’autres instances internationales. Or, qui fut la tête d’affiche de ces organisations lors des huit dernières années? M. Brobama lui-même. En refusant de s’ingérer de manière directe dans le conflit syrien, et ce, au nom d’une crainte qu’une telle action mène à une grimpette des tensions avec la Russie, Obama s’est fait le complice du massacre de milliers de Syriens. On parle notamment de l’utilisation, en aout 2013, d’armes chimiques par Bachar Al-Assad sur des positions tenues par des rebelles, faisant plusieurs centaines de morts (2). Certes, le Barack national n’est pas un commanditaire de ces meurtres, mais en acceptant, à titre de berger du mouvement prônant la paix internationale et le respect des droits de l’homme, n’était-il pas dans l’obligation d’agir, ne serait-ce qu’en imposant des sanctions non-militaires au régime Assad ?  

 

Hypocrite : une histoire de faux espoirs  

Les deux exemples susmentionnés ne sont que des témoignages d’un phénomène plus grand caractérisant la présidence de l’homme aux espoirs en or : l’hypocrisie et l’absence d’un concret et nouveau projet de société. Parce que oui, Obamacare fût un pas dans la bonne direction dans sa noble quête d’une société plus juste et équitable, mais quels autres grands projets progressistes ont été portés par l’enfant d’Hawaï au cours des huit dernières années? Obama diffère de présidences sincères, comme celle de Lyndon B. Johnson (qui n’était pas un ange pour autant) et sa Great Society où on ne faisait pas que parler d’égalité sociale et raciale afin de plaire aux candides électeurs américains; on offrait à ces derniers des résultats concrets, des suites aux promesses.  

 

Il y a huit ans, Barack Obama nous promettait, après les pitoyables années Bush (sur le plan des causes progressistes, du moins), un monde nouveau où les arbres seraient faits de Franklins, les routes d’arcs-en-ciel et les pelouses de trèfles à quatre feuilles. Yes We Can, qu’il disait. Certains diront qu’il ne pouvait pas, ayant dans les pattes un Congrès républicain semblant être né pour lui lier les mains. Qu’a eu le peuple américain pour avoir voté pour un noir à la Maison-Blanche? Un certain progrès, oui. Mais la barre a été soudée, très solidement, trop haute. Par un homme aux grandes ambitions, un homme qui a réussi, en brandissant un formidable pouvoir de persuasion, à tasser la machine Clinton, à clouer le bec à la tradition conservatrice américaine. Mais cet exercice de charisme et de manipulation n’a pas réussi à renverser l’irréversible : le peuple américain. Lui qui, dans toute sa primitivité et sa traitrise aux plus élémentaires principes de l’évolution, a pensé réaliser que le monde d’amour et d’eau fraiche qu’on leur présentait il y a huit ans était inatteignable. Cette dure constatation a forcé (carrément) ces pauvres moutons, qui en 2008 aimaient se complaire d’un berger noir, à élire Donald J. Trump, l’antipode des principes attendus par le peuple il y a huit ans, mais jamais atteints. Voilà l’échec, le véritable, du président Obama; avoir déçu son troupeau. Et avoir aidé Donald a rentré, prostituées russes aux bras, dans les plus hautes sphères du pouvoir.  

 

  1. https://data.bls.gov/timeseries/LNS14000000 

  2. https://www.washingtonpost.com/news/post-politics/wp/2016/10/04/the-problem-with-obamas-account-of-the-syrian-red-line-incident/?utm_term=.44261560876d 

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