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Tradition et Excision

 

 « Lundi 12 janvier 2009, un couple d’origine guinéenne a été mis en examen dans la Nièvre en France pour avoir tenté d’exciser leur fille de 7 ans. La fillette a été hospitalisée à l’hôpital de Nevers en raison d’une hémorragie vaginale. Elle est aujourd’hui à l’hôpital de Dijon car son état s’est aggravé.  

 

Les parents, mis en examen du chef d’actes de torture et de barbarie ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils risquent la Cour d’assises et 20 ans de prison. Le couple a deux autres filles plus âgées qui ont été elles aussi excisées. » 

 

*** 

 

D’abord, l’excision est une mutilation génitale féminine (MGF), qui consiste en un rituel visant l’ablation du clitoris et parfois des petites et grandes lèvres. 

 

L’OMS (Organisation mondiale de la Santé) propose la classification et la définition de l’excision en quatre différents types : 

 

Type 1 — la clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (repli de peau qui entoure le clitoris). 

 

Type 2 — l’excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres (replis internes de la vulve), avec ou sans excision des grandes lèvres (replis cutanés externes de la vulve). 

 

Type 3 — l’infibulation : rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du clitoris (clitoridectomie). 

 

Type 4 — les autres interventions : toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux. 

 

Tout cela, pourquoi ? L’excision est LE gage de virginité et de chasteté pour la femme dans certaines régions de l’Afrique. 

 

Les raisons pour lesquelles les mutilations sexuelles sont pratiquées varient dans le temps et l’espace, et divers facteurs au sein de la famille et des communautés sont en cause. 

 

Les mutilations sexuelles réfèrent à des normes sociales et la pression sociale qui en découle incite fortement à se conformer pour ne pas subir le rejet de la communauté et être marginalisée. Ces mutilations sont parfois considérées comme nécessaires à l’éducation d’une fille et constituent la préparation au mariage.

 

Dans un grand nombre de sociétés, ces mutilations possèdent un puissant ancrage dans la tradition culturelle, argument souvent avancé pour la perpétuation de cette coutume. 

 

Le saviez-vous ? L’excision n’est pas uniquement pratiquée dans les pays d’Afrique. En fait, il y a des cas en Europe et même ici, au Canada. 

 

Les exciseurs utilisent toutes sortes d’instruments comme des morceaux de verre, des lames de rasoir. Ces outils étant souvent contaminés, ils facilitent la propagation des infections et des complications qui vont d’une simple infection urinaire à la mort. 

 

Évidemment, l’excision est considérée comme une mutilation génitale féminine illégale dans la plupart des pays du monde. En outre, cette pratique permet aux hommes de garder un contrôle et une influence funeste sur les femmes. 

 

Les croyances et les mythes doivent prendre fin. La MGF ne favorise aucunement la fécondité et ne rend pas non plus les femmes plus attrayantes. Il est temps de mettre fin aux conventions, elles doivent prendre fin. Il est nécessaire de faire pression auprès des autorités compétentes et ainsi annihiler le plafond de verre qui brime les femmes victimes de mutilation génitale. 

 

Les études démontrent que l’excision est une pratique qui est en perte de vitesse. L’abandon est progressif, il demeure qu’il est impossible de savoir avec certitude si l’abandon de cette pratique est total et effectif. Toutefois, comme l’exemple ci-haut provenant de la France l’illustre, cette pratique se transforme et devient davantage clandestine. Au moins, peut-on espérer que le changement est en branle. 

 

C’est un exploit, une prouesse d’avoir la chance de vivre à une époque où l’on a l’opportunité d’observer qu’en quelques décennies seulement, des actions citoyennes et gouvernementales nous permettent de venir au bout d’une pratique culturelle vieille de plusieurs millénaires. 

 

Je conclus avec une note d’espoir provenant d’Obama : « Ne devenez pas cynique. Ne pensez jamais que vous ne pouvez pas faire une différence. » 

 

Le comité UNICEF de l’UdeM en collaboration avec d’autres comités se penche en ce moment même sur la question avec la conférence « Excisions parlons-en ». Restez aux aguets, car d’autres évènements en lien avec la cause d’Unicef auront lieu très prochainement. 

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