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Standing Free : un film sur les réalités de la guerre et les liens qui demeurent - Entrevue avec le réalisateur Maxim Khomenko

Auteur·e·s

Lada Butska

Publié le :

12 février 2026

La guerre en Ukraine a transformé des vies, des identités et des parcours bien au-delà de ses frontières. Standing Free, premier long métrage du réalisateur canado-ukrainien Maxim Khomenko, s’inscrit dans cette réalité en offrant un regard intime sur ce conflit qui ne cesse de façonner le quotidien de millions de personnes.

Chaque année, je séjournais avec mes parents dans notre maison située en banlieue de Kyiv. Au cours des premières semaines de l’invasion à grande échelle, trois missiles russes ont détruit cette maison. Cet événement m’a profondément bouleversé.

À travers son propre parcours, celui d’un jeune Canadien aux racines ukrainiennes, le documentaire donne la parole à des civils, des enfants et des soldats confronté.es à la violence de la guerre. Filmé lors de trois séjours distincts en Ukraine, Standing Free explore les effets concrets de l’agression russe sur celles et ceux qui la vivent, tout en mettant en lumière la résilience, la solidarité et les liens humains qui persistent malgré l’épreuve.


Dernièrement, j’ai eu la chance d’assister à une projection de ce film à Montréal, où Maxim Khomenko a présenté son travail avec une grande humilité. Jeune réalisateur ambitieux, ouvert et profondément engagé, il a accepté de présenter un film d’une charge personnelle immense et d’exposer son parcours au regard critique du public. J’ai également eu la chance d’échanger avec lui sur sa démarche et ses inspirations, ainsi que sur ce que signifie témoigner de la guerre lorsqu’elle fait partie de sa propre histoire.


1. Y a-t-il eu un moment précis où tu as compris que ce documentaire devait exister?

Le 24 février 2022, de nombreux Ukrainien.nes ont été amené.es à remettre en question leur identité culturelle. Bien que je sois né au Canada, j’ai passé mon enfance à visiter l’Ukraine et à apprécier les traditions et le patrimoine de mes ancêtres. Chaque année, je séjournais avec mes parents dans notre maison située en banlieue de Kyiv. Au cours des premières semaines de l’invasion à grande échelle, trois missiles russes ont détruit cette maison. Cet événement m’a profondément bouleversé. Les souvenirs de mon enfance semblaient soudainement souillés, ce qui m’a poussé à me rapprocher davantage de l’Ukraine. Je m’y suis rendu pour comprendre la guerre par moi-même. D'une manière difficile à expliquer, je me suis senti plus ukrainien que jamais lorsque j’ai été témoin de bombardements, d’attaques de missiles balistiques et de combats d’artillerie, car j’ai ressenti un profond sentiment d’unité.


Je travaille comme cinéaste, et mes visites en Ukraine m’ont donné l’occasion de documenter les réalités de l’agression russe et la manière dont les Ukrainien.nes la surmontent. Réaliser Standing Free, c’est ma façon de partager des histoires importantes à travers ma passion pour le cinéma, mais c’est aussi une façon de canaliser de manière créative et concrète la frustration que je ressens face à la guerre.


2. Qu’est-ce qui t’a amené à t’inclure personnellement dans le film, et comment as-tu vécu cette décision ?

J'ai eu beaucoup de difficulté à me mettre en scène dans le film, car je me sentais très mal à l'aise devant la caméra. Au départ, je ne voulais pas apparaître dans Standing Free, car je pensais que l'expérience ukrainienne était plus importante à partager que la mienne. Ce sont mes producteurs qui m'ont convaincu de m'inclure dans le récit, donc je ne me suis jamais rendu en Ukraine avec l’intention d’en faire partie : cette décision a plutôt été prise en postproduction.


Encore aujourd'hui, je me sens mal à l’aise de me voir à l’écran, mais d'un point de vue narratif, l’ajout d’une perspective canadienne apporte une dimension supplémentaire au documentaire. Cela dit, je pense qu’il est beaucoup plus important de partager les histoires des Ukrainien.nes qui vivent activement la guerre, et c’est d’ailleurs l’essentiel du film.


3. Ton film repose sur des témoignages marqués par la guerre. Comment as-tu réussi à établir une relation de confiance avec les personnes qui y partagent leur histoire ?

En temps de guerre, les attaques russes sont constantes et mettent la vie des gens en danger. Les civils vivent dans un état de stress, d'angoisse et de peur permanente, ce qui rend particulièrement difficile l'établissement de relations dans le but de filmer.

Du côté militaire, j'ai dû obtenir l'accréditation du ministère de la Défense ukrainien afin de pouvoir accéder aux positions militaires. Surtout sur le plan civil, créer des liens dans le but de filmer est difficile, puisque la plupart des gens ne sont pas à l’aise de partager des moments aussi difficiles de leur vie. Malgré cela, j'ai rencontré des individus qui ressentaient le besoin de faire connaître au monde occidental leur expérience face à l'agression russe.


Standing Free a nécessité trois voyages en Ukraine. À chaque visite, j'ai pu approfondir les liens avec les civils et les soldats, ce qui m’a permis de documenter et de transmettre leurs réalités. Avec les soldats, la confiance s'est construite au fil du temps, notamment par un soutien régulier, des dons et le maintien d’un contact constant.


Au cours de ces trois années, j'ai développé des relations très fortes avec plusieurs membres des forces armées ukrainiennes. Malheureusement, certains d'entre eux ont été tués au combat: une réalité tragique lorsqu'on réalise un documentaire sur la guerre.


4. Qu’aimerais-tu que les spectateur.trices retiennent du documentaire au-delà de la réalité immédiate de la guerre ?

J'espère que Standing Free incitera les spectateur.trices à apprécier davantage leur propre culture et à comprendre que la résilience et la victoire peuvent prendre différentes formes comme le démontrent les Ukrainien.nes. J'espère également que le film rappellera la réalité de l'agression russe et que, malgré tout, l'Ukraine ne baissera pas les bras.


5. Pour l’instant, comme le film n’est pas encore accessible au public, quelles sont les façons les plus significatives de soutenir ce projet et ton travail?

Les personnes souhaitant soutenir Standing Free peuvent écrire à l’adresse « max@clubcreate.ca » afin d’être ajoutées à une infolettre qui partage des mises à jour concernant le film, ainsi que mes autres projets.

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