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Siéger comme la royauté ou une entrevue avec La Chaise

Auteur·e·s

Noémi Brind’Amour-Knackstedt

Publié le :

26 mars 2021

NDA : Ce texte pour mission et raison d'être de divertir. En aucun cas, il n’a pour objectif d’invalider le vécu de quiconque ni les revendications véhiculées. 


Annuellement, Le Pigeon Dissident rencontre tous et toutes les candidat·e·s qui prennent leur courage à deux mains pour se présenter aux féroces élections de l’Association des étudiant·e·s en droit de l’Université de Montréal, candidement désignée comme l’AED. À l’issue du scrutin ayant eu lieu les 17 et 18 mars derniers, le nouvel exécutif presque entièrement féminin a été révélé : Gabrielle Cournoyer en tant que présidentE (si tu sais, tu sais), Kassandra Desmarais comme trésorière, Mia Elias qui vous guidera à travers votre parcours académique, Florence Tardif qui sera à la barre du développement de carrière, Gabrielle Lavallée qui maintiendra les bonnes relations de l’AED avec les commanditaires, Anne-Sophie Paradis qui s’occupera des communications plus inclusives, Raphaël Claveau régissant une vie étudiante plus que pétillante, Sélim Ben Chaabane chargé des affaires internes impliquant la communauté étudiante et les comités, tandis que Alex Yazbeck gèrera les affaires externes. Quant au Conseil de vérification et de saine gouvernance que vous connaissez probablement mieux sous l’acronyme CVSG, vous avez élu, à titre de conseillers de deuxième année, Peter Chang, Philippe Clément et Julien Morin. En ce qui concerne les conseiller·ère·s de troisième année, Alexandre Lebeau, Jessica Bardakji et Meena Mrakade pourvoiront les postes. Raphaël Uzan exécutera les fonctions de la présidence du CVSG. S’il y a bien une seule personne que le journal Le Pigeon Dissident a eu le malheur d’oublier de consulter dans la foulée des élections, à l’exception des membres du CVSG qui tirent les ficelles dans les coulisses (ceci est une plaisanterie), c’est un·e candidat·e divin·e et omnipotent·e qui s’est offusqué·e de ne pas avoir reçu d’invitation médiatique. Aujourd’hui, votre journal préféré s’est entretenu avec nulle autre que La Chaise*.


Le Pigeon Dissident : Parle-moi de toi. À quoi ressemble ton parcours scolaire? Qu'en est-il de tes implications? Quels sont tes intérêts et tes loisirs?


La Chaise : Premièrement, je remercie le Pigeon Dissident de me donner l’opportunité de me présenter, quoique ce soit fait de manière TARDIVE. Clairement, vous avez un parti pris…


En tout cas, personnellement, en aspirant·e politicien·ne, bien que je me considère principalement autodidacte, au CÉGEP, après avoir découvert que les sciences de la nature, ce n’était pas pour moi (surtout quand j’ai vu ma Cote R), j’ai obtenu mon DEC en sciences humaines avec un profil centré sur les sciences politiques. Ensuite, j’ai complété un baccalauréat en relations internationales pour vraiment mieux saisir la diplomatie, ce qui allait de pair avec mon intérêt pour la gouvernance internationale, pour la politique, pour l’histoire et pour l’économie mondiale. Dans le cadre de mon baccalauréat, j’ai suivi un cours de droit constitutionnel. Je te confierai que c’est vraiment à ce moment que je suis tombé·e en amour avec le droit, lequel s’est avéré être ma véritable passion dans la vie. Ça, pis Suits évidemment.


Tout au long de mon existence, je me suis toujours impliqué·e corps et âme, que ce soit pour entretenir les jardins communautaires de Ville-Mont-Royal ou bien comme tuteur·trice en français au secondaire à Brébeuf. Le sens de la justice, je l’ai toujours eu en moi. Pendant la récréation à la maternelle, âgé·e seulement de quatre ans, je me souviens que je défendais les autres enfants qui se faisaient dire “Chuuuuuuut!” par les surveillant·e·s. Moi, la liberté d’expression, c’est un enjeu qui me tient à cœur.


Sinon, à l’uni, j’ai vraiment touché à TOUS les comités possibles. J’ai même postulé pour le Pigeon Dissident, tu sauras. Malgré tout, même si j’ai toutes les compétences nécessaires, un C.V. incroyable, je dois avouer ne pas avoir été retenu·e. Question de fit, j’imagine. Parce que, figure-toi, que je fais du pro bono dans une clinique juridique où je fournis de l’information juridique à une population plus vulnérable. Mes talents en écriture et mon esprit de synthèse m’ont emmené·e à rédiger de nombreux articles pour divers concours de rédaction. J’ai participé à des simulations de conseil d’administration, de négociations et bien d’autres en tant que moi-même. Tu sais, dans le cadre de mon premier bacc, j’ai fait SimONU et la simulation de l’Union européenne.


Concernant mes intérêts et mes loisirs, l’histoire me passionne, surtout celle de la monarchie. C’est clair que je suis en faveur de la démocratie, dans le sens que tout le monde peut apporter sa propre chaise à la table pour prendre part aux discussions, mais j’ai toujours trouvé full intéressant comment certain·e·s souverain·e·s trônent encore. Mon role model, c’est la Reine Elizabeth II. 94 ans et still going, yasss Queen! Pis, t’sais, elle, c’t’une vraie de vraie. Pendant l’entrevue de Harry et Meghan Markle par Oprah, sur qui tu devrais prendre exemple soit dit en passant, la reine a toujours été ben fine. Sinon, j’aime bien rester à l’affût des tendances éthiques et durables. J’aime aussi cultiver les plantes, sauf les plantes grimpantes. Elles, je les hais.


Comme sport, je fais la chaise, ce qui explique mes quads de feu !


Pigeon Dissident : Pourquoi as-tu choisi de poursuivre des études en droit?


La Chaise : Comme je disais précédemment, j’ai toujours eu une soif inassouvissable de justice. Les inégalités, ça me frustre. Ça me sidère que l’article 1 du Code civil du Québec prévoit que tout être humain possède la personnalité juridique, lui permettant ainsi de pleinement jouir de ses droits civils puis qu’ensuite on crée des restrictions pour certains groupes. Par exemple, le couvre-feu pour les personnes en situation d’itinérance, ben voyons… Les enjeux de discrimination, ça me préoccupe aussi beaucoup parce que j’estime qu’il relève de notre responsabilité de faire notre part des choses pour améliorer le monde entier. Très tôt dans la vie, j’ai réalisé que le droit constituait la meilleure solution pour contribuer à un changement significatif dans notre société. Depuis que j’étudie en droit, j’ai une vision 20/20 sur les gens qui m’entourent, les transactions commerciales, etc.


Pour être honnête, aussi, je ne pouvais pas m’envisager dans un autre domaine que le droit, à part peut-être la médecine, mais j’avais pas le temps ni les notes. Pis, Royal, c’est mon livre préféré hihihi! « La Faculté de droit de l'Université de Montréal est le dépotoir de l'humanité. Tu le sais : t'en es le déchet cardinal. [...] Être gentil, c'est être herbivore, c'est se vautrer dans la médiocrité, et toi tu comprends pas la médiocrité, tu aimes pas la médiocrité, tu chies sur la médiocrité. Toi, t'es venu ici pour être le roi de la montagne », ça m’a interpellé·e profondément.

Comme je disais, de l’injustice, y en aura pas avec moi.

Illustration de La Chaise
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Crédits : Nour Mabkhout

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Illustration de La Chaise
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Crédits : Nour Mabkhout

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Pigeon Dissident : Qu’est-ce qui te motive à postuler pour le poste de la présidence,  de la trésorerie, de la vice-présidence chargée des affaires internes, de la vice-présidence chargée des affaires externes, de la vice-présidence chargée des affaires académiques, de la vice-présidence chargée des communications, de la vice-présidence chargée de la vie étudiante, de la vice-présidence chargée du développement de carrière et de la vice-présidence chargée des relations professionnelles en particulier?


La Chaise : Où commencer… Concernant la présidence, toute ma vie, j’ai toujours été là pour soutenir tout le monde, que ce soit pour les aider à s’élever de manière à atteindre les étoiles ou encore pour leur offrir un moment de répit. Je trouve ça important que la communauté étudiante soit au courant que je suis super accessible et pro-inclusion. Je m’adapte à toute personnalité. Je pense aussi qu’il est essentiel de centraliser autant l’information que les pouvoirs entre mes mains pour éviter les quiproquos. Par le passé, je me suis retrouvé·e assise entre deux chaises et j’ai pas tripé sur le concept d’avoir un gouvernement pas mal instable. Selon moi, il faut savoir conjuguer la tradition, l’innovation et la progression.


Puisque j’ai suivi quelques cours de droit fiscal et de valeurs mob, je pense que la trésorerie, c’est pas mal dans la poche. Sinon, j’ai des ami·e·s au HEC Montréal en finances.


Pour la vice-présidence chargée des affaires internes, mes nombreuses implications - je vous en ai déjà parlé, hein - m’ont permis de comprendre le fonctionnement et l’importance de l’engagement envers sa communauté, peu importe sa nature.


Quant à la vice-présidence des affaires externes, ce poste s’impose tout naturellement à moi puisque je lis religieusement tous les articles du journal Le Pigeon Dissident et, parfois, je l’avoue, de Droit-Inc


En ce qui concerne la vice-présidence des affaires académiques, je passe tellement de temps à la biblio de droit que les bibliothécaires me saluent avec un clin d'œil. Aussi, je suis devenu·e pro dans la contestation des notes. Comme je disais, de l’injustice, y en aura pas avec moi.


En ce qui a trait à la vice-présidence aux communications, moi, j’ai Adobe Pro Photoshop et je suis abonné·e à Canva Pro. J’aide souvent ma grand-mère à publier les photos sur Facebook. Ça fait clairement de moi une personne qualifiée.


Et que dire de la vie étudiante, je faisais beaucoup d’événementiel quand j’étais au cégep. Les partys responsables et ludiques, ça me connaît. Checkez-moi ben faire un party thématique The Office ou Friends. Tout le monde va tripper ben raide, je vous le garantis !!!


Au sujet de la vice-présidence au développement de carrière, pour moi, c’est une vocation; j’adore les courriels du CDP sur les opportunités d’emploi et de stage. J’ai aussi fait une mini-grande course aux stages sans trop de sérieux, juste pour mieux connaître le processus, et parce que Royal, t’sais. Mais bon, développement de carrière, c’est l’incarnation du principe comme quoi le droit mène à tout. Donc, vu que je fais preuve d’une grande polyvalence, c’est une flèche de plus à mon arc.


Finalement, à propos de la vice-présidence aux relations professionnelles, au fil du temps, surtout grâce à LinkedIn, En toute humilité, j’ai développé un réseau de contacts dont  je pourrais évidemment fairebénéficier la communauté étudiante. Sérieusement, je trouve ça super de pouvoir interagir avec des personnes authentiques et ainsi aiguiser mes aptitudes innées en négociation. Pour tout vous dire, j’ai le flair en affaires.


Bref, j’ai vraiment toutes les compétences pour pourvoir chacun des postes.


Pigeon Dissident : Décris-moi trois promesses électorales ainsi que ton plan pour les mettre en œuvre concrètement.


La Chaise : Premièrement, je promets l’optimisation de tout le baccalauréat. Rien de moins. Ça va passer autant par le système de notifications lorsqu’on reçoit une note sur le site Services Droit que par la centralisation des informations sur une seule ressource plutôt que recevoir des millions de courriels à toute heure. Je vais collaborer avec les personnes concernées pour inclure des cours de droit plus sociaux, comme un cours obligatoire de droit autochtone ou encore un séminaire en droit du logement. Deuxièmement, je promets l’inclusion. Pour ce faire, toutes les communications suivront une rédaction épicène et inclusive. Je dénoncerai personnellement au décanat tout commentaire sexiste, misogyne, raciste, discriminatoire entendu entre les murs de classe. Je vais me battre pour des toilettes non genrées. Bref, je veux que la Fac de droit soit enfin un safe space pour tout le monde, sans exception. Troisièmement, je promets davantage de souplesse. La pandémie a vraiment redessiné tout ce que l’on connaissait. C’est décidément une année sans précédent. Je favoriserai la flexibilité en ce qui concerne les activités, voire même mes promesses, parce que c’est important de savoir s’adapter face aux changements. La seule chose qui ne changera pas, à l’image de la chanson «  On ne change pas » de Céline Dion que j’aime bien chanter en karaoké à la Maiz (en temps normal hihihi), ce sont les efforts que je consacrerais à la santé mentale des étudiant·e·s. C’est définitivement ma priorité number one et ce le sera toujours.


Pigeon Dissident : Comment tes forces (et tes faiblesses!) font de toi la personne désignée pour le poste?


La Chaise : Commençons avec mes faiblesses, je suis une personne qui prend son temps pour s’asseoir et pour réfléchir à toutes les possibilités avant de prendre une décision. Parfois, l’indécision prend d’assaut mon esprit. Mon anxiété me paralyse. Et si jamais je n’avais pas pris la bonne décision? C’est là le downside de mon perfectionnisme. On me reproche aussi d’être très people-pleaser. Je pense que ça découle de mon besoin de validation auprès de la population. À force de supporter tout le monde, qui me supporte, moi? En même temps, j’ai aussi un grand esprit de compétition. Par exemple, quand je joue à la chaise musicale, j’adopte un comportement antisportif… Comme dans la chanson de Jérôme 50, quoi.


J’ajouterais que je suis un peu susceptible PARFOIS, mais, en même temps, je sais faire preuve d’auto-dérision quand c’est le temps. Par exemple, je vais « haha react » aux mèmes de AED Memes (j’ai le badge de super fan !!!) quand ça porte sur le running gag « J’ai un intérêt marqué pour le droit des affaires » ou encore des mèmes sur la course aux stages. Je pense que c’est important de rester humble - quand même.


Mais bon, passons à mes forces. On m’a toujours dit que j’avais un incroyable sens du leadership. Selon moi, c’est en raison de mon sens de l’écoute actif super perspicace. Les gens aiment tellement se confier à moi qu’on m’a surnommé·e « le confessionnal ».


Si je n’avais pas eu un souci du secret professionnel et de la confidentialité aussi exceptionnel, j’aurais pu être Gossip Girl. J’ai aussi beaucoup d’entregent, donc ça fait en sorte que ça facilite les interactions avec toute personne, physique ou morale. (hihihi)


Par ailleurs, je valorise extrêmement le travail d’équipe. Par exemple, j’étudie en groupe avec des ami·e·s à qui j’offre de partager mes résumés de jurisprudence, ainsi que mes notes de cours au besoin.


Et surtout, étant super optimiste, je ne vois que le bon côté des choses chez quiconque et dans toute situation. Un vrai rayon de soleil que je suis.


Pigeon Dissident : Quel est l’article paru dans le journal Le Pigeon Dissident que tu as préféré?


La Chaise : Comme je disais tantôt, j’ai aimé TOUS les articles et TOUTES les initiatives du journal Le Pigeon Dissident. Mais, étant féministe, je te confierai que j’ai eu un faible pour les portraits de la semaine sur l’implication féminine ainsi que pour les articles résumant les décisions ayant eu un impact sur les droits de la femme par le Comité Femmes et Droit. Ah, vu que j’admire beaucoup Greta Thunberg et que je fais attention à mon empreinte carbone, les articles de Yannick Mallette-Pognon pour le Comité Environnement de la Fac étaient particulièrement enrichissants. Sinon, pour être à 110 % honnête avec toi, Astro Pigeon, c’est mon chroniqueur·euse préféré·e.


Pigeon Dissident : Cela conclut notre entrevue. Un mot de la fin ?


La Chaise : Oui ! J’aimerais dire merci. Merci d’avoir pris le temps de m’écouter. Pour de vrai. Pis, lâchez pas la patate !!! The show must go on.

*Même si la langue française énonce que le terme « chaise » est un nom singulier féminin, l’autrice considère qu’il est inapproprié d’inculquer un sexe ou un genre à l’entité avec laquelle elle discute, d’où l’adoption d’un langage inclusif.