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S’il n’y a pas de place à la table : brise la table

Auteur·e·s

Ariane Boyer

Publié le :

3 février 2021

Dans le cadre de la semaine de l’implication féminine, Ariane Boyer, la vice-présidente aux affaires internes de l’AED, a cru important de mettre en valeur certaines personnalités de la Faculté qui se sont démarquées par leurs implications significatives et soutenues. Voici le sixième des dix portraits qui seront publiés tout au long de cette semaine. Bonne lecture!


Ariane Boyer : Peux-tu nous parler un peu de tes différentes implications?


Safi Nsiempba : À la Faculté, je suis co-coordonnatrice de la section Université de Montréal de Pro Bono. C’est un poste qui me permet de m’impliquer dans la promotion de l’accès à la justice. Je suis aussi vice-présidente aux commandites de l’Association des Étudiant.e.s Noir.e.s en Droit de l’UdeM (AENDUDEM) et présidente du Comité Femmes et Droit, au sein duquel je m’occupe d’épauler les membres de mon équipe dans la réalisation de projets. À l’extérieur des murs facultaires, je suis stagiaire à la Clinique juridique du Mile End et rédactrice juridique pour « For Better », un OSBL qui cherche à autonomiser les femmes par la connaissance de leurs droits.


AB : Qu’est-ce que ces expériences t’ont apporté?


SN : J’ai surtout développé des habiletés de leadership collaboratif. Cela signifie pour moi que la meilleure manière de réussir, c’est en rassemblant mon équipe, en écoutant activement les idées des autres et en conciliant les différentes positions. Par ailleurs, j’ai aussi insufflé une approche intersectionnelle innovatrice dans mes comités. Finalement, j’ai appris à prendre du recul et à ne pas accueillir les difficultés des autres comme si elles étaient les miennes.

Mon surnom était « Chef de syndicat » (rire)! J’ai été élevée avec l’idée que tu dois aider les autres.

Safi Nsiempba
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Photo par Mia Brulotte (@miiaphoto sur Insta)

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Safi Nsiempba
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AB : Pro Bono, Clinique Juridique du Mile End, Aide Internationale Pour l’Enfance, Comité Femmes et Droit, et j’en passe. Ton profil semble indiquer un intérêt pour l’implication sociale et communautaire. D’où vient cet intérêt?


SN : J’ai toujours été quelqu’un qui s’énervait face à l’injustice, et ce, dès le primaire. Mon surnom était « Chef de syndicat » (rire)! J’ai été élevée avec l’idée que tu dois aider les autres; ma façon de faire cela est par le don de soi. Le droit était un moyen qui s’offrait à moi pour aider les personnes vulnérables, notamment parce que les enjeux sociaux me tiennent à cœur et parce que je suis très revendicatrice.


AB : As-tu déjà senti que tu devais traverser des obstacles parce que tu étais une femme ou une femme noire?


SN : Oui, mes parents m’ont élevée en me disant que je devais travailler quatre fois plus fort et que je devais ravaler mes émotions. Il y avait beaucoup de pression, d’autant plus que jusqu’à mes 20 ans, je ne voulais pas être stéréotypée comme la « femme noire agressive », alors je faisais attention à ce que je disais. La rupture s’est faite après un incident dans un ancien emploi. Depuis, je ne protège plus la fragilité des gens qui sont inconfortables avec mes propos. Mes sentiments sont valides et importants. Il y a quelques mois justement, on a tenté de m’invisibiliser, alors que j’étais directement concernée par le débat. Mais détrompez-vous si vous pensez que cela a réussi à me faire taire!


AB : Que te réserve l’avenir? Your next move?


SN : De la paix intérieure! Je vais continuer à revendiquer, à m’exprimer et à dénoncer. Je souhaite aussi vaincre le syndrome de l’imposteur… À long terme, j’aimerais fonder différentes cliniques juridiques pour les femmes au Cameroun. Pour favoriser l’accès à la justice, il faut aussi s’y attaquer en amont, et cela passe par l’éducation sociale.


AB : Un mot d’encouragement pour les femmes qui hésitent à s’impliquer?


SN : Je veux m’adresser aux femmes racisées : le bac en droit est difficile. On découvre des choses sur les autres qui déplaisent, mais préservez votre intégrité et votre essence - je ne l’ai pas perdue. En s’impliquant, on peut présenter des approches différentes. On a besoin d’une révolution! Donc s’il n’y a pas une place à la table pour toi : brise la table.

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