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Quand la réussite académique coûte la santé mentale

Auteur·e·s

Leane Zogheib

Publié le :

9 avril 2026

Anxiété, stress, crises de panique. Ce ne sont là que quelques-unes des choses qui accompagnent une licence de droit. À cela s’ajoutent l’épuisement, l’hypervigilance, et le fait de devoir sans cesse deviner à qui faire confiance et qui risque de vous poignarder dans le dos. C’est un cycle d’émotions incessant. C’est envahissant. Totalement. Et tout cela mène à l’épuisement professionnel.

Quand on vit trop longtemps en mode survie, le cerveau s’adapte au danger. On devient plus réactif, plus anxieux, et moins capable de décrocher.

En 2019, l’Organisation mondiale de la santé a officiellement reconnu le burnout dans sa Classification internationale des maladies comme un phénomène lié au travail. Le burnout, ce n’est pas juste « être fatigué ». Les psychologues Christina Maslach et Michael Leiter le définissent par trois dimensions: l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation (une forme de détachement ou de cynisme), et la diminution du sentiment d’accomplissement personnel.


Les neurosciences confirment à quel point cette expérience est physique. Le stress chronique modifie la structure et le fonctionnement du cerveau. Les recherches de McEwen, puis des études d’imagerie cérébrale, suggèrent qu’un stress prolongé est associé à des changements dans l’amygdale et le cortex préfrontal, des régions impliquées dans la régulation de la peur, des émotions et de la prise de décision.

Quand on vit trop longtemps en mode survie, le cerveau s’adapte au danger. On devient plus réactif, plus anxieux, et moins capable de décrocher.


Le burnout, c’est tout ton corps qui t’envoie un message clair: « Quelque chose doit changer, et ça doit changer maintenant. »


En résumé, le burnout naît d’un profond déséquilibre. Trop de stress pour trop peu de


récompenses. Le modèle de l’effort–récompense montre que lorsque l’on investit énormément sans se sentir suffisamment reconnu ou soutenu, le risque de burnout, de dépression et de maladies physiques augmente fortement. Les étudiant.e.s en droit vivent au cœur de ce déséquilibre: effort constant, récompense différée, évaluation permanente.


Tu es épuisé.e. Vidé.e. Ton système nerveux est en surrégime. Même le repos devient stressant. Tu as l’impression que ça ne finira jamais. Tu te demandes si cela changera un jour. Est-ce que je travaillerai moins, un jour? Est-ce que je pourrai respirer sans cette boule dans la poitrine?


Tu demandes à celleux qui sont passé.e.s par là avant toi, et iels te répondent avec ce « oui… un jour » toujours un peu douteux. Tu te demandes: est-ce que ça en vaut la peine? Pourquoi ai-je choisi ça pour moi? Aucune réponse ne vient, alors tu retournes lire pour ton cours.


À moins d’en faire autre chose et de trouver ton propre chemin vers la guérison. De choisir les morceaux de ta vie que tu veux garder et d’inventer une autre façon d’avancer.


Mais comment? En commençant à guérir, doucement, en laissant ton corps expirer, en allégeant ne serait-ce qu’un peu le poids que tu portes, et en laissant de petits gestes de soin te conduire, lentement, vers quelque chose de plus doux.

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