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Pourquoi les jeunes ne votent-ils/elles plus ?

Auteur·e·s

Nadia Y. Mansour

Publié le :

13 octobre 2022

Cette année, l’un des défis pour les partis politiques et Élections Québec était d’inciter les jeunes âgé⋅e⋅s entre 18-44 ans à aller voter. En effet, le taux de participation aux élections provinciales connaît une baisse continue depuis 2014, et la campagne 2022 ne fait pas exception à la règle. En 2018, le taux de participation s’élevait à 53,41 % pour la tranche d’âge des 35 ans et moins, comparativement aux personnes de 35 ans et plus, où il s’élevait à 69,68 % (1). Le même constat se manifeste également au sein de la population en général (taux de participation en 2014: 71,44 %; 2018 : 66,45 %; 2022 : 66,15%) (1).

Parfois garder le silence raconte plus que les mots.
- William Dubois

Évolution du taux de participation des jeunes électeurs de 1985 à 2018
Évolution du taux de participation des jeunes électeurs de 1985 à 2018

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Évolution du taux de participation des jeunes électeurs de 1985 à 2018
Évolution du taux de participation des jeunes électeurs de 1985 à 2018

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Pour essayer de remédier à la situation, Élections Québec a misé sur une nouvelle approche pour attirer la jeune génération. Celle-ci inclut des publicités « à caractère humoristique », ou encore l’intégration d’ annonces sur les réseaux sociaux dans le but d’augmenter leur visibilité (1); (2); (3). En entrevue, le directeur général des élections, Pierre Reid, a mentionné vouloir tenter « d’inverser la tendance » et ainsi rappeler aux jeunes l’importance d’aller voter (1); (3). Il précise également que « [n]otre société doit continuer à s’interroger sur les moyens à prendre pour intéresser les électrices et les électeurs. La participation électorale est une responsabilité partagée par plusieurs acteurs de notre société; les initiatives doivent être multiples »  (mon soulignement) (2).


ET SI ON INVERSAIT LA TENDANCE ?

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai entendu ces nouvelles publicités et cette fameuse approche humoristique. Pour ma part, je n’ai pas été impressionnée. J’ai au contraire été moins tentée d’exercer mon droit de vote. Je suis convaincue que je n’ai pas été la seule à penser cela. Je vous explique pourquoi. À mon avis, les publicités d’Élections Québec réduisent la tendance d’abstention au vote des jeunes aux seuls faits ces dernier⋅ère⋅s manquent de temps pour se déplacer aux urnes et trouvent la politique et les concepts qui en découlent (droit de vote, démocratie) ennuyants. Dans l’une d’elles, Élections Québec cite les raisons pour ne pas aller voter, dans une autre, elle suggère que chuchoter attirerait davantage l’attention des jeunes pour y aller, et enfin, dans une troisième publicité, on propose d’éviter les discours trop longs sur l’importance de la démocratie et la raison d’être du droit de vote, mais on choisit de dire « un tout petit mot, pas du tout réfléchi, qui n’a pas rapport avec la démocratie […] » (2).


Avec tout le respect que je dois aux créateur·rice·s de ces publicités, je considère que les propos utilisés ne font pas tant rigoler et placent d’autant plus la jeunesse dans une situation embarrassante, où elle passe pour une génération immature, inculte en politique, et non reconnaissante des batailles d’autrefois pour l’obtention du droit de vote. Elles projettent l’idée selon laquelle les jeunes sont complètement désintéressé·es et négligent·es face à l’exercice de leur droit et devoir en tant que citoyen·ne⋅s. Ainsi, je considère que l’institution a choisi l’absurdité pour inciter les jeunes à voter, au lieu de les encourager à s’instruire et s’informer davantage sur l’importance du droit de vote. C’est décevant.


En effet, en entendant ces propos, j’ai l’impression qu’Élections Québec n’a pas cerné de la meilleure façon la tendance. Je pense que l’équipe d’analystes ne s’est pas penchée sur le bon côté de la médaille. Je pars du principe qu’ils ont analysé le problème selon une seule perspective, qui par conséquent sous-estime davantage la jeune génération. Les commentaires du directeur d’Élections Québec sous-entendent que la source du problème est principalement la manière employée pour attirer les jeunes. Comme s’il n’y avait aucun problème dans le milieu politique, comme si les jeunes n’avaient pas de vraies raisons pour s’abstenir de voter.


Ainsi, la source du problème pour expliquer la baisse du taux de participation réside dans les moyens. Or, cette analyse est à mon avis restreinte, car elle néglige d’autres aspects importants et exclut d’autres explications probables. Elle évite d’explorer les questions essentielles suivantes : Pourquoi les jeunes ne votent-ils/elles pas ? Quelles sont les raisons qui dissuadent les jeunes d’aller voter ? Je crois que pour comprendre le sens derrière la tendance, il faut se poser ces questions avant d’aller parler des techniques publicitaires. Il faut comprendre les motivations et explorer le cœur du sujet, sans le limiter par une simple analyse des moyens utilisés jusqu’à maintenant pour promouvoir le droit de vote.

De mon côté, je me suis penchée sur ce qui peut dissuader les jeunes de voter. Et je base mes propos sur ma propre réflexion. Je pars du principe qu’il faut absolument changer la perception négative que l’on attribue au mot « abstention », qui se définit dans le dictionnaire Le Robert comme l’« action de s'abstenir de faire quelque chose […] Le fait de ne pas se prononcer, de ne pas voter » (4). À première vue, le sens est négatif, mais si l’on suppose que l’on tente de faire passer un message à travers cette abstention, alors l’action prend un sens différent et devient par conséquent positive. Si on suppose que s’abstenir d’aller voter sert à exprimer une opinion, une position et à souligner une insatisfaction, alors on peut dire que c’est un acte de résistance à une tendance politique qui a pour but d’inciter une réforme.


Et si on inversait la tendance quant à notre interprétation de l’abstention de vote ? Je suis d’avis que les jeunes sont intéressé⋅e⋅s par la politique, qu’ils/elles  veulent participer à la vie publique et que nombreux⋅euses sont ceux et celles qui suivent la campagne électorale, lisent sur le sujet et prennent position dans les débats organisés dans les cégeps et les universités.


Ainsi, pour inverser la vision que l’on a de la jeune génération, il faut d’abord et avant tout croire en elle et en ses capacités. Il faut accepter que les jeunes aient eux et elles aussi des expériences, des demandes et qu’ils/elles méritent de voter pour un parti politique qui les représente, les consulte et les considère pour l’avenir et comme la relève du pouvoir. S’abstenir est donc une façon d’exprimer son mécontentement et il semble que cela a été la meilleure des méthodes pour attirer l’attention cette année, car certains discours interpellaient davantage les jeunes.


Je fais moi-même partie de cette tranche d’âge et seulement deux choix s’offraient à moi. M’abstenir ou voter pour le parti qui souligne enfin les enjeux qui me tiennent à cœur, car comme la plupart des jeunes, voter pour un parti qui ne répond pas à mes demandes, à mes objectifs, à mes valeurs et à mes convictions, c’est selon moi contre-productif.


Voter pour un parti qui ne répond pas à nos attentes, à nos besoins, à nos demandes et qui ne pense pas à intégrer les jeunes d’une manière satisfaisante, c’est en quelque sorte se mentir à soi-même, c’est voter pour un parti en qui on n’a même pas confiance. Pour moi, ce vote ne vaut rien, il s’éloigne grandement de nos valeurs démocratiques et même de la raison d’être du droit de vote.


L’abstention des jeunes de voter devrait au contraire réveiller la société, secouer nos politicien·ne·s qui font des fausses promesses, qui tiennent des discours hors contexte, désuets et qui contredisent les réalités d’aujourd’hui. L’abstention devrait les pousser à sortir de leur univers qui est en mode « hors connexion » et les pousser à changer et à rajeunir leurs stratégies. L’abstention de voter devrait logiquement les inciter à s’informer sur les enjeux actuels qui perturbent et touchent la jeunesse et la société. Or, il semble que ce ne soit pas le cas, puisque les politicien·ne·s font, pour la plupart, la sourde oreille dès que l’on aborde des enjeux qui mêlent réforme, justice, équité et démocratie, comme ce qui se produit actuellement avec le problème de la réforme du mode de scrutin. Cette promesse qui tarde à se concrétiser, et qui vient d’ailleurs d’être abandonnée par le gouvernement de la CAQ, nouvellement réélu, est l’une des plus grandes polémiques au Québec, car elle met en lumière les failles de la démocratie au sein de la province, puisqu’une « distorsion électorale » en résulte. (5).


On s’entend que le gouvernement de la CAQ ne souhaite pas changer le mode de scrutin, parce qu’il est conscient que cela le désavantagerait. Ce n’est donc plus dans ses intérêts d’effectuer la réforme. À l’avenir, cette absence de changement sera une source de dissuasion et risque d’encourager l’abstention. C’est pourquoi il faut porter une attention particulière aux raisons qui font que cette tendance prend le dessus, car ne pas agir en ce sens contribuera à aggraver la situation à long terme.


Il est donc possible de constater que s’abstenir, c’est finalement être honnête avec soi et la société. C’est en d’autres mots admettre ne pas être capable de voter, puisqu’aucun des choix ne paraît adéquat. C’est un indicateur qui devrait induire un changement de paradigme en politique. C’est plutôt un message clair que les programmes politiques ne reflètent pas la réalité et qu’ils ne rejoignent pas du tout les attentes et la vision de la société dans laquelle les jeunes aspirent à vivre. L’abstention, c’est la réaction des jeunes face à l’inaction des gouvernements. C’est une façon de dire que le paysage politique a besoin d’être rafraîchi par de nouvelles idées et des conceptions plus modernes. Si le gouvernement et les partis d’opposition ne comprennent pas ce message, c’est que leurs motivations réelles excluent de leurs priorités le bien-être de la population et l’écoute active de la jeunesse en particulier.


Je tiens à préciser que je n’invite surtout pas les citoyen·ne·s à ne pas aller voter du moment où un programme ne les rejoint pas. Au contraire, j’invite les jeunes à se questionner, à discuter et à développer leur jugement critique, afin d’évaluer objectivement quel parti semble avoir le plus de potentiel pour diriger le pays, la province ou la municipalité, qu’il soit de leur goût ou non. Cependant, je me dis qu’après avoir évalué toutes les alternatives, peut-être que s’abstenir devient la seule option. En prenant en compte que c’est un appel bien réfléchi de la part des jeunes, il sera possible d’ajuster l’environnement politique en conséquence, car inciter la participation de la jeunesse doit commencer par lui offrir une place respectable dans le débat.


UNE RÉFORME POLITIQUE S’IMPOSE

Je suggère de remédier à une partie du problème en changeant les modèles de référence en politique. L’idée, c’est de transformer le visage actuel de la politique au Québec et de le rendre moins élitiste et hiérarchique et plus égalitaire et accessible. Les rôles, par exemple de premier·ère ministre et de ministre, ne devraient plus être vus comme des positions supérieures et peu accessibles pour les citoyen·ne·s intellectuel·le·s ou non, surtout dans le contexte des discussions pour faire avancer la société. Il est vrai que le travail des député·e·s de circonscriptions contribue à arranger la situation, mais je pense que cela devrait aller plus loin. Améliorer les contacts entre les dirigeant·e·s et les citoyen·ne·s favoriserait la prise de conscience des réalités sociales par ces dernier·ère·s, c’est essentiel.


Je propose que les politicien·ne·s participent davantage à certaines activités dans les quartiers, dans les universités et dans les cégeps, et pas seulement en période électorale ou préélectorale, mais en tout temps, que ce soit à travers des dîners, des cocktails, des conférences, bref des activités organisées par les établissements scolaires et les quartiers, de manière parfois informelle et décontractée, où les jeunes peuvent partager leurs idées et discuter de sujets variés. De cette façon, les politicien·ne·s seraient moins déconnecté·e·s de la réalité et mieux informé·e·s de ce qui est enseigné dans les programmes universitaires ou encore de ce qui se passe dans la société.


Certaines initiatives sont déjà proposées, mais je suggère qu’on invite davantage les politicien·ne·s à questionner les jeunes sur des enjeux qui les touchent, par exemple à travers des discussions et des débats, où ce sont les politicien·ne·s invité·e·s qui questionnent les jeunes. Ce serait une façon d’inverser les rôles pour mieux cerner les attentes des électeur·rice·s et avoir une meilleure idée des enjeux et des convictions qui leur tiennent à cœur.


Comment un parti politique peut-il tenir un discours qui néglige et nie des enjeux qui interpellent les citoyen·ne·s ou encore s’oppose aux enseignements dispensés dans nos établissements scolaires, notamment sur les questions d’immigration et des changements climatiques ? C’est ce que j’appelle être « hors connexion ». Ce n'est pas normal que la jeunesse soit plus éveillée que nos politicien·ne·s et qu’elle peine à se faire entendre. Elle devrait avoir une meilleure place et être une priorité pour ces dernier·ère·s et encore plus pour le premier ministre.


RETOUR SUR LES ÉLECTIONS 2022

Je tiens à placer un mot de plus sur la campagne électorale 2022. Avec tous les discours, les propos tenus sur la place des immigrant·e·s, l’environnement, les transports, l’accessibilité à la propriété ou au logement, l’inflation, les soins de santé et j’en passe, le seul parti qui a réellement préparé un programme favorisant la jeunesse est Québec solidaire. On ne peut pas le nier, durant la campagne, le parti a souvent pointé du doigt les enjeux de société qui ont été négligés auparavant. C’était le seul parti qui a offert un état financier sans erreurs et le seul parti qui a voulu inclure les minorités autochtones dans le débat politique. Ce sont quand même des nouveautés qui font que le parti se démarque plus que les autres auprès des jeunes et des communautés.


Les autres partis ont malheureusement manqué de tact et leur appel aux jeunes n’a pas aussi bien fonctionné. À mon avis, malgré leurs efforts pour glisser quelques mots par-ci, par-là, dans l’espoir d’avoir l’air crédible et d’attirer l’attention des jeunes, cela n’a pas vraiment mené à un grand succès.


Enfin, je note que les débats pointaient dans l’ensemble vers la question de la division au sein de la population québécoise. D’un côté, on se trouvait en face de partis favorisant la division entre les générations et le rejet de toute identité étrangère; d’un autre côté des partis favorisant la cohésion sociale et l’inclusion.


En pleine conscience des problèmes nationaux et mondiaux qui sévissent, quel genre de vision serait la plus adéquate à votre avis ?


Pour ma part, je soutiens que tenir continuellement un discours qui entraîne la division entre les citoyen·ne·s de toutes les catégories et de tous les âges n’est pas la stratégie la plus moderne et progressiste. C’est plutôt un discours dépassé, qui décourage les jeunes, puisqu’il est contradictoire avec les réalités sociales, politiques et économiques que nous connaissons aujourd’hui.


Pour conclure, s’abstenir de voter ne veut pas dire ignorer ou négliger, mais peut signifier une demande de changement. Refuser d’encourager des idées et des formations politiques qui ne savent pas rejoindre les convictions des jeunes, ou encore exprimer son désaccord face à des discours peu modernisés et adaptés aux réalités mondiales en usant du silence n’est pourtant pas si mauvais, car ce silence en dit long sur l’état de la démocratie et de ses problèmes sous-jacents.


Pour inciter les jeunes, il ne suffit pas de les encourager à aller voter en usant d’une méthode simpliste pour attirer leur attention. Il faut chercher à comprendre la source du problème et creuser plus loin afin de trouver des solutions. Si Élections Québec suggère d’inverser la tendance électorale, alors je suggère plutôt de commencer par inverser la tendance quant à la perception que l’on se fait de la jeunesse, c’est-à-dire commencer par se détacher de l’idée d’une jeunesse incompétente, inconsciente et indifférente et la remplacer par l’idée d’une jeunesse engagée, confiante et intelligente, qui n’agit pas sans raison, mais plutôt avec audace et conviction.

SOURCES CITÉES :

  1. ÉLECTIONS QUÉBEC, Résultats et statistiques, https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/ (consultée le 01-10-2022) ; Participation électorale : étude et recommandations, 2019, https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/participation-electorale-etude-et-recommandations/ ; Élections provinciales de 2022 : Cette année, tout le monde vote !, 2022, https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/elections-provinciales-de-2022-cette-annee-tout-le-monde-vote/, Le 3 octobre, on inverse la tendance. Tout le monde vote, https://www.electionsquebec.qc.ca/communiques/le-3-octobre-on-inverse-la-tendance-tout-le-monde-vote/ ; Résultats des élections générales du 1er octobre 2018, https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/resultats-generales/2018-10-01/ (consultée le 07-10-2022).

  2. AGENCE QMI,  Élections  Québec  tente  de rejoindre  les  jeunes générations  d’électeurs, 30 août 2022, Journal de Québec, https://www.journaldequebec.com/2022/08/30/elections-quebec-tente-de-rejoindre-les-jeunes-generations-delecteurs (consultée le 01-10-2022).

  3. Joëlle GIRARD, De Tik Tok au bureau de vote : comment convaincre les jeunes d’aller aux urnes, 11 septembre 2022, Radio-Canada, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1912465/elections-quebec-jeunes-metavers-tik-tok-taux-participation  (consultée le 01-10-2022).

  4. Dictionnaire Le Robert, « s’abstenir », Dico en ligne, https://dictionnaire.lerobert.com/definition/abstenir (consulté le 01-10-2022)

  5. Émilie BILODEAU et Henri OUELLETTE-VÉZINA, Une réforme espérée, mais encore irréaliste, 5 octobre 2022, La Presse, https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/2022-10-05/mode-de-scrutin/une-reforme-esperee-mais-encore-irrealiste.php (consultée le 07-10-2022).

  6. Alexandre ROBILLARD, Legault ferme la porte à double tour à la proportionnelle, 5 octobre 2022, Le Devoir, https://www.ledevoir.com/politique/quebec/761435/elections-quebec-2022-legault-ferme-la-porte-a-double-tour-sur-la-proportionnelle, (consultée le 07-10-2022).

  7. Daniel BLANCHET PELLETIER, Et si la CAQ avait réformé le mode de scrutin? 5 octobre 2022, Radio-Canada, https://ici.radio-canada.ca/info/2022/elections-quebec/distorsion-vote-reforme-mode-scrutin-uninominal-majoritaire-proportionnelle/ (consultée le 07-10-2022).