
Les escargots, une nuisance inévitable à la Faculté ?
Auteur·e·s
Michael Kowalsky
Publié le :
24 août 2026
Il était une fois, dans une faculté de droit non loin de la nôtre, des étudiant·e·s qui ont identifié et surnommé les gens n'ayant aucun rapport avec la faculté de droit les SNAILs, autrement dit les Students Not Actually In Law. Ces SNAILs occupaient les espaces convoités dans la bibliothèque de droit ou consommaient toutes les bulles lors des apéros. Snail est le mot anglais désignant un mollusque gastéropode terrestre. C’est une petite bestiole qui peut dévaster un jardin, mais qui, du reste, est inoffensive pour les êtres humains. Pour des fins d’apprentissage, j’ai pris la liberté d’adapter en français ce concept pour que les étudiant·e·s puissent mieux comprendre le modus operandi des SNAILs, c'est-à-dire des escargots.
Les escargots sont un incontournable de la Faculté, comme un mal nécessaire.


L’escargot
La présence des escargots pourrait frustrer les étudiant·e·s en droit de la Faculté. Et on peut facilement deviner cela simplement en regardant le titre employé pour décrire cette espèce. Premièrement, un escargot est un animal, alors c’est un terme déshumanisant utilisé pour nommer ces personnes. Deuxièmement, un escargot n’est pas fameusement rapide, alors les étudiant·e·s pourraient employer cette terminologie pour cacher une connotation de stupidité ou d'infériorité intellectuelle. Le vocable trace une ligne entre les gens à l’intérieur du système et les gens à l’extérieur du système. C'est une manière de discriminer. Les escargots sont un incontournable de la Faculté, comme un mal nécessaire. Telle la philosophie de toute agence de gestion parasitaire pour les insectes ou les rongeurs, on dira que c’est une question de gestion et non pas une question d'oblitération totale.
Les escargots semblent tous pareils, mais il y en a plein d'espèces différentes. Il y a des escargots aquatiques, qui adorent les liquides tels que la bière et le vin. Il y a des escargots grimpants, qui montent à l’échelle sociale en se faisant des connaissances à la Faculté pendant les événements. Il y a des escargots tout petits, qui pourraient accéder aux endroits restreints en glissant en dessous d’une porte ou dans une crevasse. Il y a des escargots soupirants qui cherchent à se marier en fréquentant la Faculté. Et il y a des escargots intellos, qui sont précoces et très participants dans les conférences de la Faculté. Leur point commun : ils aiment tous apprendre, et ils ne vont pas refuser des bulles et un petit canapé avant l'hibernation.
Imaginez le scénario suivant : un cinq à sept se transforme en after-party, qui mène à l’échange de contacts, qui mène à la formation d’une amitié à vie. Une personne devient juriste, l’autre personne continue d’être un escargot ambitieux ancré dans sa communauté. Le lien entre ces deux personnes représente l’alimentation des client·e·s justiciables, recommandé·e·s et référé·e·s par un individu branché à son réseau. C’est une formule gagnante pour ces gens de rendre service à la communauté.
Je veux maintenant passer à la confesse et vous faire cet aveu : moi-même, j’étais escargot dans le passé. J’ai assisté à maints conférences et cocktails avec plein d’anecdotes. Pour votre amusement et pour récompenser votre attention, je vous en réserve quelques-unes. Plus d'une fois, j’ai été intéressé par les discussions à la Faculté de droit et je me suis assis dans la salle de classe avec mon calepin et mon crayon. J’avais un casier à la Faculté pour mettre mon manteau et mon casque de vélo, avant même d'y étudier. J’ai joué de la musique lors d’une soirée de partage de talents et, lorsque la Faculté a entrepris des rénovations, je suis venu avec une remorque à vélo pour récupérer les maints tomes d’écrits juridiques jetés dans la boîte « À donner ». Mon Tupperware n’était jamais loin pour mettre de la nourriture de type touski (pour « tout c'qui reste ») des colloques. C’était mon introduction à l’apprentissage en droit et je chéris cette période de pure simplicité dans ma vie.
Conclusion
À mon avis, c’est une zone grise. Est-ce qu’ils ont le droit d’être là ou est-ce que leur présence est embêtante ? On devrait les laisser faire, puisque c’est du bon marketing pour la Faculté. Nous habitons dans un pays riche, nous fréquentons une école influente, on devrait partager la bonté. Ces escargots pourraient être de bon·ne·s allié·e·s. C’est anodin et sans conséquence, c’est une forme de rayonnement pour la Faculté et on devrait être touché·e·s que quelqu’un·e vienne nous voir, car il.elle peut être une recrue de l’avenir. Notre Faculté, avec ses centres de recherche et ses professeur·e·s reconnu·e·s, ne disparaîtra pas du jour au lendemain à cause d'une micro-infestation après presque 150 ans d’histoire. Pesez dans la balance, ça prend combien d’escargots pour dépasser la limite d’acceptabilité ?
Sur cette note, je vous lance le défi, cher·ère·s étudiant·e·s, de créer des rétroacronymes pour ESCARGOT qui saisissent l’esprit du terme en anglais. Est-ce qu’il faut que ce soit un mollusque ? Est-ce qu’il faut que ce soit négatif ? À vous de décider.
En voici un exemple (à vous de faire mieux !) :
Étudiant·e
Sans
Certification
Autorisant à
Rédiger et
Générer son
Opinion ou
Trancher