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Leçons d’une année tumultueuse

Auteur·e·s

Erica Picillo

Publié le :

Alors que cette année particulièrement difficile touche à sa fin, ayant à l’esprit que les examens finaux absorbent la majeure partie de notre énergie, j'ai décidé de rendre cet article plutôt léger et réflexif en tentant de dégager quelques petites leçons des douze derniers mois. Quand le temps s'écoule sans que nous nous en rendions compte, je pense que nous devons regarder en arrière afin de saisir l’ampleur du chemin que nous avons parcouru. Je ne peux parler au nom de tous, mais je peux vous partager ce que j’ai appris cette année, en espérant que cela vous incitera à dégager vos leçons personnelles de 2020.

Rien de tel qu’une pandémie pour se rappeler ce qui est vraiment important dans la vie.

1. La remise en perspective des priorités

Rien de tel qu’une pandémie pour se rappeler ce qui est vraiment important dans la vie. Au risque de faire appel à des clichés pour illustrer mon point, je vous dirais que bien des choses qui sont en réalité inutiles, mais qui nous apparaissent urgentes, prennent énormément de notre temps et de notre énergie, mais ces choses ont rapidement perdu leur sens après le 13 mars dernier. Elles ont laissé leur place à des inquiétudes réelles qui ont remis en perspective les petites préoccupations banales du quotidien. Toutes mes autres priorités ont cédé leur place à la santé et au bien-être de mes proches et j’ai compris que, sans eux, tout ce que je possède ne vaut pas grand-chose.


2. L’importance des autres

Nul besoin d’être un.e grand.e extraverti.e afin d’apercevoir le grand vide social qui remplit nos vies. Cette année m’a ouvert les yeux à l’indissociabilité entre les autres et nous-mêmes. Que nous le voulions ou non, une bonne partie de qui nous sommes est déterminée par la perception que les autres ont de nous. Leur impression de nous participe à la création de notre identité et nous confronte à des opinions ainsi qu’à des personnalités différentes chaque jour. Ces rapports sont essentiels à notre développement personnel; en perdant nos rapports sociaux, nous perdons aussi une partie de nous-mêmes.


3. Les vraies amitiés perdurent

Si la pandémie a réduit nos rapports sociaux en personne, elle n’a pas pour autant anéanti nos amitiés. Sans le dire trop fort, oui, j’ai négligé quelques amitiés pendant les derniers mois, mais j’ai aussi rappelé de vieux amis à qui je n’avais pas parlé depuis longtemps, pour découvrir que nous avions encore tant de choses à partager! Pour ce qui est des amis de longue date, je me dis que si une crise sanitaire mondiale ne les a pas fait fuir, ils seront là pour longtemps.


4. Les répercussions de vos actions

Pendant l’été, avant que Montréal ne soit en zone rouge, j’ai passé beaucoup de temps dehors afin de voir des amis et de la famille (à deux mètres, bien sûr!). Pourtant, j’étais pleinement consciente du fait que mes sorties représentaient un risque pour les personnes autour de moi. Cette année m’a forcée à réfléchir aux conséquences potentielles que mes actions pourraient avoir sur les autres. Si une bonne chose peut ressortir de cette pandémie, c'est le fait qu'elle m'a appris à faire systématiquement passer le bien-être des autres avant le mien, sans pour autant oublier de prendre soin de moi.


5. La baisse de consommation

Au sens purement économique, la pandémie fait réfléchir. Pourquoi acheter de beaux vêtements pour un 5 à 7 virtuel quand il est si facile de reporter la même blouse blanche et le même veston sans que personne ne s’en rende compte ? Pourquoi acheter de nouveaux souliers quand cela fait des jours que vous marchez nu-pieds dans la maison de toute façon ? J’exagère peut-être un peu, mais cela fait près d’un an que je n’ai pas acheté de nouveaux vêtements et je réalise que cela va pour d’autres choses aussi. En somme, je pense que la pandémie peut nous faire réaliser que nous pouvons vivre avec beaucoup moins de choses. Le minimalisme semble être la bonne voie…


6. Le besoin d’une routine

Cours virtuels enregistrés, procrastination productive, disparition de la notion du temps… Pour ceux qui se sont retrouvés dépourvus de toute routine, ne serait-ce que pendant quelques jours, vous n’êtes pas seuls. Bien que l’idée de n’avoir aucune routine soit alléchante, à la longue, le concept perd son charme. Ce n’est peut-être pas tout le monde qui adore faire des to-do lists (peut-être que c’est juste moi), mais il y a eu une bonne période de l’année pendant laquelle j’ai senti que je n’accomplissais pas grand-chose, que je ne faisais rien de productif, alors qu’Instagram au complet faisait des pains aux bananes. J’en ai conclu qu’il me fallait de l’ordre, de la structure et un peu plus de routine, sans quoi j’avais l’impression d’être inutile.


7. La nécessité des distractions et de la créativité

Mis à part mon éloge à la routine, j’ai découvert qu’il est non seulement bénéfique, mais même essentiel de se laisser distraire l’esprit, de se changer les idées et de se lever de la chaise de bureau qui commence à donner mal au dos. Venant de quelqu’un qui a son bureau dans sa chambre, je vous dis qu’il faut absolument séparer le travail du reste de sa journée. Que la distraction vienne sous la forme d’un épisode sur Netflix, d’un bon roman ou d’une longue marche, il est nécessaire, maintenant plus que jamais, de se réserver du temps pour soi. Donnez-vous une structure, mais donnez-vous de l'espace pour le désordre, pour penser à tout ce que vous voulez ou pour ne pas penser du tout. Échappez à la routine quotidienne et accordez-vous une heure par jour pour faire quelque chose sans juger ce que c'est.


8. Le Temps ne cesse pas de s’écouler et la vie continue

Le Temps ne se soucie pas de vous. Je veux dire cela de la manière la plus figurative possible. Si le Temps était une personne, ce serait cette fille du secondaire qui vous ignorerait tout simplement parce qu’elle le pouvait. Le Temps fait ce qu'il veut. Il ne s'arrête pas parce qu'il y a une pandémie. Je déteste particulièrement l'expression qui a été utilisée au début de la pandémie : « Le monde est sur pause ». Même si les avions ne volent plus, que la NFL cesse de jouer ou que votre groupe préféré annule un concert, le Temps continue d'avancer, avec ou sans vous. Je ne suis pas la première à le dire et je ne serai très certainement pas la dernière : le moment présent est aussi bon qu'un autre. Vous n'avez pas besoin d'une excuse pour commencer quelque chose de nouveau, pour abandonner une mauvaise habitude ou pour appeler un proche. S'il y a une chose que j'ai apprise, c'est que le temps peut sembler s'être arrêté, mais que les mois passent quand même. Si vous ne faites pas attention, vous allez vous rendre compte que vous en avez gaspillé une bonne partie pour des choses qui n'avaient pas vraiment d'importance.


Je voulais me rendre à 10 leçons, question de finir avec un chiffre rond, mais je pense que je m’arrêterai là. Je terminerai en soulignant notre grande capacité d’adaptation collective et individuelle. Soyons tout de même reconnaissants des efforts que nous avons déployés dans la dernière année, et ce, tant au niveau académique qu’au niveau personnel. Bonne fin de session et bon repos.

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