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La présidence révèle tout: entrevue exclusive avec Luka Sanchez et Zeynep Ulasan

Auteur·e·s

Sofia Rbati

Publié le :

20 novembre 2025

L’Association des cycles supérieurs en droit, ou l’ACSED pour les intimes, est bien plus que la grande sœur de notre AED. Elle s’occupe de tous.tes les étudiant.es des programmes de maîtrise et de doctorat en droit, gère les canaux de communication avec l’administration de la faculté et l’université, en plus de stimuler l’intérêt pour les cycles supérieurs dès l’arrivée au baccalauréat. Mais derrière tous les grands projets se cachent les capitaines du navire, souvent méconnu.es des étudiant.es au premier cycle. Notre chroniqueuse Sofia Rbati s’est entretenue avec ces leaders d’hier et d’aujourd’hui : le président sortant, Luka Sanchez et la nouvelle présidente élue, Zeynep Ulasan, afin d’en apprendre davantage sur l’ACSED et les cycles supérieurs à la Faculté de droit de l’Université de Montréal.

Élu en novembre 2023 pour son premier mandat à la présidence de l’ACSED, Luka Sanchez, son secrétaire Adrian Buvet et leur conseil d’administration avaient un grand projet devant eux : rétablir la présence de l’ACSED. « À l'origine, je voulais prendre l'ACSED simplement pour faire un club ciné. Et finalement, je n'ai jamais fait de club ciné. J'ai fait plein d'autres choses, mais je n'ai pas fait de club ciné. 


Et pourquoi on n'a pas fait ça ? Parce qu'en fait, on s'est heurtés à un ensemble de problèmes administratifs. On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses à faire, et surtout beaucoup de choses qui n’avaient jamais été faites et qu’il fallait régler. Donc, avec Adrien, on a réglé des problèmes. » avoue Luka avec un sourire.


Depuis quelques années, l’ACSED n’existait que sur papier. Elle ne contribuait plus à la vie étudiante de manière significative et avait perdu son pouvoir en tant que représentante des étudiant.es des cycles supérieurs au sein de l’Université de Montréal. Pendant toute l’année, Luka Sanchez, Adrian Buvet et leur équipe ont dû s’atteler à résoudre de nombreux problèmes administratifs et financiers, ayant repris l’ACSED avec moins de 2 000 $ à leur disposition. « La présidente avait fait le choix à l'époque de payer des impayés, puis elle avait surpayé… La deuxième chose, c'était que le SAE, donc le Service à la vie étudiante, avait oublié des étudiant.es durant 2-3 ans. C'est-à-dire qu'ils considéraient qu'on n'avait que 400 étudiant.es », explique Luka.


Selon lui, la plus grande réussite de son mandat fut la première édition de la Dégustation de vin, qui a réussi à rassembler plusieurs étudiant.es des cycles supérieurs et du baccalauréat, ainsi que plusieurs professeur.es et membres du personnel de la bibliothèque. « Un énorme banger, tout simplement. » lâche-t-il avec un rire. « Ça a été vraiment le gros événement qui a un peu remis sur la carte l’ACSED. »


Cet événement fut en effet une réussite exceptionnelle, d’autant plus que l’un des défis avoués de l’ACSED est d’organiser des activités capables de rassembler tous.tes les étudiant.es des cycles supérieurs, un corps étudiant particulièrement diversifié. « C'est quand même une population très particulière. Parce que c'est très éclaté, contrairement aux baccalauréats. C'est plein de programmes, des gens en maîtrise, des gens en doctorat, des gens au JD, des gens en mémoire, des gens pas en mémoire, des gens en TD. »


C’est d’ailleurs un problème qui persiste et qui a mené au deuxième grand succès de la présidence de Luka.  « Puisque les cycles supérieurs sont très difficiles à aller chercher [et que] nous, on n'a pas des millions de comités, malheureusement, on s'est dit : “on va financer les comités de l'AED qui font des activités”! »


En 2024, lors du second mandat de Luka à la présidence, l’ACSED avait de grands projets grâce à l’argent accumulé l’année précédente. Ces projets visaient en partie à résoudre la problématique de l’organisation d’événements : le comité exécutif a décidé de financer et de commanditer les activités de l’AED et de ses comités, à condition que les étudiant·es des cycles supérieurs puissent y participer.


Le résultat de cette initiative : un rapprochement des deux associations étudiantes et un budget plus grand pour les activités qui font fleurir la vie étudiante à la Faculté de droit.


« Moi, j'adore manger. Et donc, j'ai commandité tous les comités qui faisaient de la bonne bouffe ! Les baklavas du comité des étudiant.e.s musulman.e.s restent quand même un des meilleurs investissements de l'ACSED ! »


Mais sur un ton plus sincère, Luka insiste : « Ça a été une des meilleures idées qu’on ait eues, à vrai dire, puisqu’en finançant les comités de l’AED, on commanditait l’AED elle-même. D’une part, on encourageait les comités et les étudiant.es à organiser et à participer à des activités sympathiques. » Il ajoute qu’il croit que cette initiative  « a beaucoup marché, parce que ça a rapproché l'AED et l'ACSED, qui dans le passé, bien avant nous, avaient parfois des conflits. »


La troisième grande réussite de l’ACSED, selon le président sortant, fut la mise en place des bourses. Lors du concours de bourses, l’ACSED attribue plus de 2 500 $, dont une bourse de 500 $ destinée à l’admission au baccalauréat et une augmentation de la bourse du Fonds d’investissement des étudiants en droit (FIEFDUM) à 1 600 $. Grâce au succès de leurs activités et au support des commandites provenant de multiples horizons (comme les compagnies d’assurance Molson, Voltaic, Juri Source, et d’autres grands noms), l’ACSED a pu amasser assez d’argent pour faire des petites rénovations à l’espace des cycles supérieurs, transformant le local de l’association étudiante en lieu de vie communautaire. Avec du café gratuit, une imprimante, des dictionnaires, des jeux de société, une trousse de pharmacie et des produits d’hygiène, les étudiant.es des cycles supérieurs avaient enfin un espace dédié à eux.elles. « On s'est dit, on va créer des bourses. J'en étais relativement fier. On a aussi augmenté très largement les bourses d'aide financière et cette fois-ci, on est passé à quasiment 16 000 $ de bourses », explique-t-il.


La dernière chose que Luka a voulu faire pendant son dernier mandat était de professionnaliser, de concrétiser et de laisser une trace permanente de l’ACSED au sein de la faculté.  « On a rétabli l’ACSED, on a de l'argent. Donc, on s'est dit, “on va professionnaliser  l’ACSED.” […] J’avais peur que l’ACSED redevienne comme avant, après notre mandat. »


Pour faire cela, l’ACSED a finalement acheté une adresse électronique, créé un site web et, en collaboration avec la bibliothèque, a rénové la salle des doctorats en ajoutant cinq nouveaux écrans d’ordinateur « parfaits pour la correction des travaux de recherche », glisse Luka en ricanant. L’exécutif a également acheté du mobilier saugrenu pour servir les étudiant.es qui font de longues heures de lecture et de rédaction. « Je me suis dit, “Tiens, tiens, je vais acheter un cocon de sommeil, parce que c'est cool”. Il y a des étudiant.es qui viennent et disent “Je suis tellement fatigué.e, j’ai besoin de faire une petite sieste”, puis je suis comme, “Il y a un cocon dans la bibliothèque, là, vas-y.” »


Et pourquoi au singulier? « Bah, un cocon, c'est 10 000$. »


Cette année, cependant, l’ACSED entre dans une nouvelle ère avec une nouvelle présidente, Zeynep Ulasan, fraîchement élue le 30 septembre dernier. Étudiante en deuxième année de maîtrise en droit international public avec mémoire portant sur la reconfiguration du lien entre territoire et souveraineté, elle est aussi une amatrice avouée d’anime japonais et rêve de visiter le Japon. En tant qu’étudiante internationale, elle souhaite redonner à la communauté qui l’a soutenue depuis son arrivée à l’Université de Montréal.


Aidée par un conseil administratif solide et bien structuré, elle se donne pour mandat de continuer à renforcer les piliers déjà bâtis sous son prédécesseur, tout en visant l’amélioration et l’avancement de l’association pour répondre aux besoins des étudiant.es.


Pendant son mandat, Zeynep vise à maintenir et à augmenter les opportunités des cycles supérieurs. Elle aspire à créer des liens sociaux, académiques et professionnels à la fois à l’intérieur de l’université entre étudiant.es et professeur.es, mais aussi à l’extérieur, avec d’autres facultés de droit ainsi que dans les milieux professionnels reliés au droit.


« Le but premier est de créer des liens entre les étudiant.es et les professeur.es, parce qu'au cycle supérieur, ce sont les relations qui deviennent les plus importantes dans le cadre des études. Ce n'est pas que suivre des études, être un.e étudiant.e au cycle supérieur, mais c'est aussi de travailler avec un.e superviseur.e de recherche qui te soutient dans ta rédaction, etc. », affirme-t-elle.


Elle souhaite aussi rendre la faculté plus accueillante pour les étudiant.es internationaux en leur apportant du soutien académique, ainsi que social.


« Donc, un de nos objectifs, c'est de rendre la faculté de droit, leur expérience dans cette faculté plus accueillante, avec moins d'isolement, puis leur permettre de créer des liens à travers notre association, mais aussi avec toutes les activités offertes par la faculté »


Non seulement plusieurs étudiant.es viennent de partout, mais ils.elles arrivent avec des ambitions et des objectifs très différents : faire la fête, faire avancer leur carrière en recherche ou se préparer pour le Barreau.


« Contrairement au baccalauréat, nous, on a des étudiant.es qui viennent de partout. Donc on a évidemment des Canadien.nes, des Québécois.es. Mais on a une grande majorité d'étudiant.es de l’étranger, qui viennent de partout dans le monde… C’est une des choses qui me fait me sentir plus attachée à l'université, à la faculté, c'est cette diversité-là, qui ne me fait pas sentir seule. Je peux partager les mêmes défis, le même enthousiasme, les mêmes intérêts avec les différentes personnes de différents milieux du monde. C'est un grand milieu d'échange à l'université » explique-t-elle avec un ton posé et un grand sourire.


L’ACSED continuera également de soutenir financièrement les étudiant.es avec des bourses et des activités gratuites. Elle renouvellera son soutien envers les différentes associations et comités, comme l’équipe participant au Concours Charles-Rousseau de droit international public et l’Association des plaideurs de l’Université de Montréal. « Donc, j'ai hâte de voir les propositions que mon équipe, notre équipe va amener, mais j'ai beaucoup de confiance en eux et je vois leur intérêt et leur volonté. On va continuer à travailler pour le bien-être étudiant et à soutenir le financement des étudiant.es dans les activités universitaires et dans leur vie sociale »


Luka est très clair sur ce qui le motive encore à ce jour :


« Ce dont je suis le plus fier, c'est que Zeynep a été élue. »


Il ajoute, avec un sérieux qui trahit une pointe de sourire dans sa voix, « [o]n n'imagine pas, mais le job de président.e, plus que les autres administrateur.ices, il faut quand même être honnête, c’est un job qui demande beaucoup de travaux à l’interne. On représente l'AED comme l'ACSED, on représente les étudiant.es au Conseil de la faculté (qui est l'exécutif de la faculté) avec le décanat, avec d'autres profs et de l'administration. […] C'est un énorme job d'administration qui participe à l'administration de la faculté en soi. »


Deux grand.es passionné.es à la tête de l’ACSED qui se passent le flambeau semble être une recette pour un succès retentissant. Comme quoi l’implication étudiante est loin d’être terminée à l’extérieur du baccalauréat!

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