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Deux histoires, une Ukraine

Auteur·e·s

Hugo Lefebvre

Publié le :

16 mars 2022

Deux mois à redouter une invasion que d’aucuns croyaient impensable ont culminé en ceci. Une invasion à grande échelle d’un état européen, un conflit tel qu'on n'en avait pas vu depuis les guerres de Yougoslavie. Une faucille de 130 000 soldats qui s’abat sur le grenier de l’Europe orientale.

À coup d’articles de journaux et de reportages télé, l’histoire se déroule sous nos yeux ébahis et l’avenir de la fragile stabilité internationale établie depuis trois décennies s’assombrit.

Image: Un monument commémorant la catastrophe de Tchernobyl devant la nouvelle centrale. Hugo Lefebvre (2018)
Image: Un monument commémorant la catastrophe de Tchernobyl devant la nouvelle centrale. Hugo Lefebvre (2018)

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Image: Clocher de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, un des monuments les plus connus d’Ukraine. Hugo Lefebvre (2018)
Image: Clocher de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, un des monuments les plus connus d’Ukraine. Hugo Lefebvre (2018)

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Image: Le métro de Kiev, un des plus profonds sur terre. La population de la ville s’y réfugie durant l’invasion russe. Hugo Lefebvre (2018)
Image: Le métro de Kiev, un des plus profonds sur terre. La population de la ville s’y réfugie durant l’invasion russe. Hugo Lefebvre (2018)

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À coup d’articles de journaux et de reportages télé, l’histoire se déroule sous nos yeux ébahis et l’avenir de la fragile stabilité internationale établie depuis trois décennies s’assombrit. Une invasion d’un pays souverain telle l’Ukraine laisse présager un changement des règles du jeu ailleurs, qu’on ne pense qu’aux pays baltes, eux aussi autrefois sous le joug soviétique, ou encore à Taïwan, dont la souveraineté est contestée depuis toujours par la Chine. Dans le discours enfiellé que le président russe Vladimir Poutine a délivré le 24 février, le despote affirmait ouvertement vouloir renverser l’hégémonie occidentale qui opprimerait la Russie depuis la chute de l’Union des Républiques soviétiques. Il cite divers cas d’ingérence de l’Occident dans la souveraineté de pays étrangers : l’invasion américaine de l'Irak, les interventions occidentales en Libye et en Syrie puis l’intervention de l’OTAN en Serbie et l’indépendance du Kosovo, un épisode que le président russe voit depuis toujours comme un assaut à un peuple slave. Une grande partie de son discours est dédiée à une critique virulente de ce qu’il voit comme un double discours de l’Occident qu’aurait permis l’unipolarité des relations internationales (1). Déjà en 2007, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président russe marqua les esprits par un discours énergique dénonçant l’hégémonie américaine et l’expansion de l’OTAN, poussant certains observateur⋅trice⋅s de l’époque à y entrevoir un retour à la Guerre froide (2).  Il utilise cette posture défensive comme prétexte pour remettre en cause des principes fondamentaux du droit international et présenter ses ambitions impériales ubuesques comme une réponse nécessaire à une menace existentielle pour la Russie. Comme le processus d’impression du Pigeon dissident ne permet pas de couvrir les développements du conflit, un regard sur quelques éléments de l’histoire ukrainienne permettra de donner une perspective plus large des relations tendues entre la Russie et l’Ukraine ainsi que de quelques-uns des mythes véhiculés par le président russe.


Les demandes de la Russie : décembre 2021


Le 17 décembre 2021, le ministère russe des Affaires étrangères publie des ébauches de traités Russie-OTAN et Russie-États-Unis contenant les demandes russes. Certains observateur⋅trice⋅s voient ces demandes comme étant destinées à être rejetées (1.1). D’une part, la Russie demande entre autres à l’OTAN de ne pas élargir l’alliance, particulièrement en Ukraine, ainsi que de ne pas mener d’activités militaires en Europe de l'Est, dans le Caucase du Sud et en Asie centrale. D’autre part, la Russie demande aux États-Unis de ne pas mettre en place de mesures de sécurité pouvant mettre en danger les intérêts sécuritaires clés de l'autre partie et de ne pas déployer de missiles à portée intermédiaire hors des États-Unis. La Russie reprend ainsi deux ébauches de traités envoyées par elle à l’OTAN en 2009. Dans ces deux cas, la Russie avait menacé puis utilisé la force afin de négocier, soit en Géorgie (2008) puis en Ukraine (2014) (3).


La Crimée : 2014


Suite à la révolution de février 2014, des insurrections prorusses ont lieu en Crimée. Des soldats non identifiés entourent les grands aéroports de la péninsule puis le parlement est occupé. Sergey Aksyonov, chef du parti Unité russe, est mis au pouvoir. Puis, les troupes de Moscou entrent en Crimée pour, selon Vladimir Poutine, protéger les citoyen⋅ne⋅s russes et les actifs militaires qui s’y trouvent. La Crimée joint la Russie suite à un référendum marqué par de nombreuses irrégularités. Le traité d’incorporation de la Crimée à la Russie est signé par Aksyonov le 18 mars 2014 (4).


Euromaïdan : 2013-2014


En 2013, l’effondrement de la monnaie, le recul des réserves ukrainiennes de change et l’instabilité politique du pays poussent le pays au bord de la faillite. Avec des réserves trop faibles, l’Ukraine peine à rembourser ses créanciers. Un accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne devait alors être signé en novembre 2013 par le président de l’époque, Viktor Ianoukovitch. Dans le cadre de ses négociations avec l’Europe, Kiev demande 20 milliards d’euros à l’Europe pour compenser le coût de la signature, ce que l’Europe n’est pas prête à offrir (5). Or, l’Ukraine est prise entre l’est et l’ouest. Le Kremlin offre quant à lui un prêt copieux de 15 milliards de dollars, la levée des barrières douanières ainsi que la baisse du prix du gaz russe (6). Le 21 novembre 2013, le président Ianoukovitch annonce qu’il ne signera pas l’accord avec l’Europe, ouvrant la voie à une immense vague de manifestations essentiellement pro-européennes et contre l’influence russe en Ukraine. Bien que des édifices publics soient occupés dans toute l’Ukraine, le cœur de ces manifestations est la place Maïdan, la place principale de Kiev, qui se voit occupée par les manifestant·e·s. La réaction musclée du gouvernement ukrainien entraîne des dizaines de morts, mettant le feu aux poudres. Les manifestations se mutent en véritable révolution et un gouvernement pro-européen est mis au pouvoir. Bien que plutôt marginale, la présence de membres de groupements ultranationalistes, tels Svoboda et le Secteur Droit, qui se revendiquent ouvertement du nazisme, est fortement critiquée. Cette vision critique qui identifie le nationalisme ukrainien au nazisme refait aujourd’hui surface dans le discours de Vladimir Poutine, qui dit sans fondement du leadership ukrainien qu’il est composé de « drogués et de néo-nazis » (7). Quelques jours après sa destitution, Ianoukovitch refait surface en Russie et délivre un discours en russe dans lequel il affirme demeurer le président légitime de l’Ukraine (8). C’est dans la foulée des manifestations pro-européennes qu’éclatent des insurrections prorusses dans l’est de l’Ukraine. Avec le support et l’engagement militaire actif de la Russie, la République populaire de Donetsk et la République populaire de Lougansk rejoignent le rang des états satellites russes, auprès d'États tels que l’Abkhazie (en Géorgie) ou la Transnistrie (en Moldavie). Malgré des accords signés à Minsk en 2014 puis en 2015, le conflit entre l’Ukraine et la Russie à propos de ces républiques se poursuivait toujours lors de l’invasion russe (9).


Révolution orange : 2004


De larges vagues de manifestations politiques ont lieu suite à la proclamation du deuxième tour de l’élection présidentielle, que de nombreuxᐧses Ukrainien⋅ne⋅s perçoivent comme truquée par le gouvernement prorusse de Viktor Ianoukovitch et les élites financières du pays. Avec le support de nombreux gouvernements occidentaux, plus d’un demi-million de manifestant⋅e⋅s se réunissent à Kiev. Iouchtchenko, un autre candidat, présidera finalement le pays de 2005 à 2010, avant que Ianoukovitch ne finisse par prendre le pouvoir. Il sera renversé en 2014.


Traité d'amitié russo-ukrainien : 1997


En 1997, la Russie et l’Ukraine signent un traité prévoyant notamment que les deux États « respectent mutuellement leur intégrité territoriale et confirment l’inviolabilité de leurs frontières communes ». L’objectif du traité est de renforcer les liens alors faibles entre les deux pays en créant un partenariat stratégique (10). Or, en 2018, suite à l’annexion de la Crimée et au conflit dans l’est de l’Ukraine, le président ukrainien de l’époque, Petro Poroshenko, met symboliquement fin au traité (11).


L’URSS s’écroule : 1991


Le 26 décembre 1991, un traité entre l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie met définitivement fin à l’Union des républiques socialistes soviétiques. L’Ukraine avait déjà déclaré son indépendance en août et, lors d’un référendum tenu le 1er décembre, 92% de la population avait approuvé la sécession. La Crimée, avec le taux d’approbation le plus bas au pays, vote quand même majoritairement en faveur de la sécession (12).  L’Ukraine effectue une transition à une économie de marché et conserve des armes nucléaires qui avaient appartenu à l’URSS, armes qu’elle abandonnera plus tard (13).


Catastrophe nucléaire de Tchernobyl : 1986


Un accident et la négligence de responsables de la centrale nucléaire V.I. Lénine entraînent la plus grande catastrophe nucléaire du 20e siècle. La catastrophe sert de symbole de la corruption et de l’incompétence des autorités locales et de la bureaucratie soviétique. Certain⋅e⋅s voient cette catastrophe comme un catalyseur pour la chute de l’URSS (14).


La Crimée soviétique : 1954


En 1954, la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) transfère l’administration de la Crimée à la République ukrainienne. Cette région est alors la seule de l’Ukraine à être constituée majoritairement de Russes. Or, à partir des années 1980, l’arrivée de 250 000 Tatar⋅e⋅s qui avaient été déporté⋅e⋅s de la péninsule durant la Deuxième Guerre mondiale vient diversifier son profil démographique. En 1991, les Criméens supportent l’indépendance de l’Ukraine et forment une république indépendante en son sein (12.1). Or, en Russie, le statut de la Crimée fait alors l’objet d’intenses débats, surtout vu la présence de la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol, la capitale (10.1).


L’invasion allemande : 1941


Le 22 juin 1941, l’Allemagne nazie lance l’opération Barbarossa contre l’URSS, violant le traité de non-agression germano-soviétique signé en 1939. Initialement, une partie de la population ukrainienne voit les Allemands comme des libérateurs, particulièrement à l’ouest, où on voyait les nazis comme des alliés pour l’indépendance de la Pologne et de l’URSS. Or, l’Organisation des nationalistes ukrainiens, un groupement d’extrême droite antisémite qui proclame l’indépendance de l’Ukraine après avoir fourni des renseignements aux nazis, se voit écrasée et ses organisateurs sont envoyés dans des camps de concentration (15). L’Allemagne fractionne l’Ukraine et crée le Reichskommissariat Ukraine avec le reste du territoire. À l’époque, l’Ukraine contient la plus grande population juive d’Europe (16). Avec l’implémentation des politiques raciales nazies commence alors l’extermination de masse de juif⋅ve⋅s ukrainien⋅ne⋅s et du reste de la population civile ukrainienne. Environ 1.5 millions de juif⋅ve⋅s ukrainien⋅ne⋅s auraient péri. On estime que près de 2.2 millions d’Ukrainien⋅ne⋅s furent envoyé⋅e⋅s en Allemagne comme main-d’œuvre esclave (15.1). En tout, entre 3 et 4 millions d’Ukrainien⋅ne⋅s auraient perdu la vie (17).


L’Holodomor : 1932-1933


Au début des années 1930, une famine fait rage en Union soviétique, résultat des politiques de collectivisation agraire de Staline. L’Ukraine est particulièrement touchée. Selon la Cour d’appel de Kiev, 10 millions d’Ukrainien⋅ne⋅s auraient péri durant cette période, dont 3.9 millions mort⋅e⋅s directement de faim et 6.1 millions de problèmes à la naissance (18). Ce taux, beaucoup plus élevé qu’ailleurs, laisse croire à de nombreux observateur⋅trice⋅s qu’un génocide aurait été perpétré en Ukraine, ce que reconnaît l’Ukraine depuis 2006 et le Parlement européen depuis 2008, mais que nie toujours la Russie (19).


La genèse de l’Union soviétique : 1922


Après une longue guerre civile durant laquelle, entre autres, divers groupes tentent d’assurer une indépendance pour l’Ukraine et le sud du pays tombe sous le contrôle d’un mouvement révolutionnaire paysan d'inspiration anarchiste, l’URSS est formée le 30 décembre 1922 par la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie et les pays du Caucase du Sud. La constitution signée en 1924, la première de trois, prévoit que les républiques créées gardent le contrôle sur leurs affaires domestiques, mais que la défense, le transport, le commerce et les relations internationales seront gérés par Moscou (20).


L’Ukraine avant le 20e siècle


À l’image de nombreux hauts fonctionnaires et intellectuel⋅le⋅s russes, Poutine répète souvent que l’Ukraine et la Russie ne font qu’un. Selon lui, les frontières ukrainiennes ne sont qu’une création artificielle de planificateurs soviétiques qui auraient scindé le territoire russe de façon injustifiée, séparant la Russie de cette Petite Russie dont Tolstoï et Tchaïkovski font l’éloge (21).  Or, la situation est évidemment plus compliquée.


Comme les Ukrainien·ne·s, les Russes ressentent un fort sentiment d’appartenance aux Rus’ de Kiev, une fédération de principautés médiévales ayant vu le jour au 9e siècle et vue comme une terre ancestrale pour les deux nations. Or, une grande partie de l’Ukraine fut conquise par la Pologne et la Lituanie au 14e siècle, exacerbant une identité nationale, linguistique et religieuse ukrainienne déjà présente auparavant. Ainsi, une grande partie de l’Ukraine actuelle fut sous le giron de ces deux nations avant le 18e siècle. Ces terres étaient alors habitées par des Slaves orientaux orthodoxes formant des guerriers connus sous le nom de cosaques aujourd’hui. En 1648, dans ce qui deviendra un des mythes fondateurs du pays, une insurrection cosaque renverse le joug de la Pologne dans l’est de l’Ukraine et les cosaques s’allient avec la Russie. Or, jusqu’aux années 1790, les cosaques changent souvent d’allégeance dans l’objectif de voir leur autonomie reconnue autant à l’est qu’à l’ouest (17.1). À la fin du 18e siècle, et notamment en 1793, avec le deuxième partage de la Pologne, l’essentiel de l’Ukraine et de la Biélorussie tombe sous le contrôle de l’Empire russe. Malgré un regain de l’identité nationale ukrainienne au 19e siècle, cette situation perdurera jusqu’à la révolution de 1917 (17.2).

Sources citées:


(1.1) Steven PIFER, « Russia’s draft agreements with NATO and the United States: Intended for rejection? », (2021) Brookings institute, en ligne: < https://www.brookings.edu/blog/order-from-chaos/2021/12/21/russias-draft-agreements-with-nato-and-the-united-states-intended-for-rejection/ >

(1.2) Id.

(2) « Discours du président russe sur la sécurité», 10 février 2007, en ligne : < https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1886 >

(3) William ALBERQUE, « Russia’s new draft treaties: like 2009, but worse », 2021, en ligne: < https://www.iiss.org/blogs/analysis/2022/01/russias-new-draft-treaties-like-2009-but-worse >

(4) ENCYCLOPEDIA BRITANNICA, «The crisis in Crimea and eastern Ukraine », en ligne: < https://www.britannica.com/place/Ukraine/The-crisis-in-Crimea-and-eastern-Ukraine >

(5) Aline ROBERT, « Pourquoi l'Ukraine se rapproche de la faillite », (2013) 20 minutes, en ligne : < https://www.20minutes.fr/monde/1263347-20131213-20131213-pourquoi-ukraine-rapproche-faillite >

(6) Pierre Avril,  « La Russie tend les bras à l'Ukraine », (2013) Le Figaro, en ligne : < https://www.lefigaro.fr/international/2013/12/17/01003-20131217ARTFIG00540-la-russie-tend-les-bras-a-l-ukraine.php >

(7) « Putin calls on Ukraine army to remove ‘neo-Nazi’ leadership in Kyiv », (2022) The Times of Israel, en ligne: < https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/putin-calls-on-ukraine-army-to-remove-neo-nazi-leadership-in-kyiv/ >

(8) ENCYCLOPEDIA BRITANNICA, « The Maidan protest movement », en ligne: < https://www.britannica.com/place/Ukraine/The-Maidan-protest-movement >

(9) ENCYCLOPEDIA BRITANNICA, « The crisis in Crimea and eastern Ukraine », en ligne: < https://www.britannica.com/place/Ukraine/The-crisis-in-Crimea-and-eastern-Ukraine >

(10) Michael SPECTER, « Setting Past Aside, Russia and Ukraine Sign Friendship Treaty», (1997) New York Times, en ligne: < https://www.nytimes.com/1997/06/01/world/setting-past-aside-russia-and-ukraine-sign-friendship-treaty.html >

(10.1) Id.

(11) AFP, « L'Ukraine met fin à son traité d'amitié avec la Russie», (2018) Le Figaro, en ligne : < https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/12/06/97001-20181206FILWWW00230-l-ukraine-met-fin-a-son-traite-d-amitie-avec-la-russie.php >

(12) ENCYCLOPEDIA BRITANNICA, « Independent Ukraine », en ligne: < https://www.britannica.com/place/Ukraine/Independent-Ukraine >

(12.1) Id.

(12.2) Id.

(13) Matthew Mpoke BIGG, « A timeline of the tensions between Russia and Ukraine. », (2022) New York Times, en ligne: < https://www.nytimes.com/2022/02/18/world/europe/russia-ukraine-timeline.html?action=click&pgtype=Article&state=default&module=styln-russia-ukraine&variant=show&region=BELOW_MAIN_CONTENT&block=storyline_flex_guide_recirc >

(14) « Serhii Plokhy: Chernobyl and the fall of the Soviet Union », (2020) Centre for ideas, en ligne: < https://www.centreforideas.com/article/serhii-plokhy-chernobyl-and-fall-soviet-union#:~:text=Was%20the%20biggest%20peacetime%20nuclear,the%20brink%20of%20nuclear%20annihilation > (podcast)

(15) ENCYCLOPEDIA BRITANNICA, « The Nazi occupation of Soviet Ukraine », en ligne: < https://www.britannica.com/place/Ukraine/The-Nazi-occupation-of-Soviet-Ukraine >

(15.1) Id.

(16) « The Holocaust in Ukraine », en ligne: < https://www.ushmm.org/information/exhibitions/online-exhibitions/special-focus/ukraine >

(17) Björn Alexander DÜBEN, « “There is no Ukraine”: Fact-Checking the Kremlin’s Version of Ukrainian History », (2022) LSE’s Department of International History Blog, en ligne: < https://blogs.lse.ac.uk/lseih/a-welcome-note/ >

(17.1) Id.

(17.2) Id.

(18) UNIAN, « Наливайченко назвал количество жертв голодомора в Украине», (2010) LB, en ligne: < https://lb.ua/news/2010/01/14/19793_nalivaychenko_nazval_kolichestvo_zh.html >

(19) PARLEMENT EUROPÉEN, « Résolution du Parlement européen du 23 octobre 2008 sur la commémoration de l'Holodomor, la famine artificiellement provoquée en Ukraine (1932-1933) », en ligne : < https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-6-2008-0523_FR.html?redirect >

(20) ENCYCLOPEDIA BRITANNICA, « Ukraine in the interwar period», en ligne: < https://www.britannica.com/place/Ukraine/Ukraine-in-the-interwar-period#ref30078 >

(21) Max FISHER, « Word by Word and Between the Lines: A Close Look at Putin’s Speech », (2022) New York Times, en ligne: < https://www.nytimes.com/2022/02/23/world/europe/putin-speech-russia-ukraine.html?action=click&pgtype=Article&state=default&module=styln-russia-ukraine&variant=show&region=MAIN_CONTENT_3&block=storyline_levelup_swipe_recirc >