
Conseils d’un esprit frondeur : pour un parcours en droit qui vous ressemble
Auteur·e·s
Angel Sun-Veilleux
Publié le :
25 août 2025
Bonne rentrée! Que vous soyez en première, deuxième, troisième ou quatrième année (ça arrive) du bac en droit, ou que vous n'arriviez même pas à vous identifier à une année parce que, techniquement, vous vous êtes fait créditer des cours, je suis ici pour vous donner certains conseils, basés sur mon vécu.
Je n’ai pas de credentials particuliers pour vous donner des conseils, j’ai tout simplement décidé de partager un peu de connaissances et de mettre de côté le sentiment dans le fond de mon estomac qui grandit à l’approche du Barreau. À mon crédit, je peux affirmer avec confiance que j’ai fait mon bac de manière authentique, à travers tous ses hauts et ses bas. Mon parcours diverge un peu de la norme, notamment parce que je n’ai pas fait la Course aux stages et je n’ai pris aucun des cours pré-Barreau. J’ai décidé d’assouvir ma soif de connaissance en prenant des cours aux formats et aux sujets atypiques.
Soyez curieux.ses. Que ce soit avec les gens, les évènements, les choix de cours, etc. La Faculté de droit est un concentré d’occasions pour en apprendre davantage sur une variété de sujets et de personnes, de manière accessible.


Conseils généraux
Peu importe où vous en êtes dans votre parcours, voici quelques conseils utiles pour tou.tes.
Un des apprentissages que j’ai fait lors de mes études, c’est que le bac en droit, c’est le ego death des enfants qui étaient bon.nes à l’école primaire, secondaire et/ou au cégep. Si vous vous identifiez comme un former gifted child, ou simplement comme quelqu’un qui excellait à l’école, il se peut que vous deviez revoir vos standards. Et c’est correct! Il faut savoir que le bac en droit, et l’université en général, servent à essayer de découvrir ce à quoi on s’intéresse plus spécifiquement au sein du droit, à faire preuve de curiosité intellectuelle tout au long du chemin et à acquérir des expériences qui nous mèneront à notre but. De bonnes notes, ce n’est qu’un seul des nombreux acquis qui vous ouvriront des portes. Et même là, il faut savoir que ce ne sont pas toutes les portes qui s’ouvrent exclusivement avec les notes. Psst - j’ai réussi à décrocher trois différents postes (emploi et bénévolat) auxquels je tenais beaucoup et aucun d'entre eux ne m'a demandé un relevé de notes! Comme on dit: B’s get degrees!
Ce conseil s’applique également si vous faites face à un défi dans votre parcours qui vous force à redoubler un cours, à rallonger votre parcours d’une session, etc. C’est l’université! Vous êtes au début de votre vie professionnelle, qui risque d’être bien longue. Avec du recul, ces épreuves ne seront qu’à peine une ligne dans votre biographie. Les gens sont rapides pour afficher leurs hauts (Cher réseau,...), mais beaucoup moins pour afficher leurs bas. Mais n’ayez crainte: ceux-ci sont communs, et personne ne vous en tiendra rigueur. Vous avez travaillé fort pour votre place en droit, vous méritez d’être ici, même quelque peu édenté.es.
Soyez curieux.ses. Que ce soit avec les gens, les évènements, les choix de cours, etc. La Faculté de droit est un concentré d’occasions pour en apprendre davantage sur une variété de sujets et de personnes, de manière accessible. Profitez-en! Laissez-vous appâter par un lunch
gratuit lors d’une conférence sur un sujet que vous ne connaissez pas. Qui sait, ce sera peut-être votre future passion?
Lors de ma première année, je me suis dit que je voulais en apprendre sur le plus de sujets possible, même si je ne pensais pas du tout m’y intéresser. Cela m’a permis de découvrir ce qui m’intéressait pour de vrai. Ainsi, lorsque je disais que je n’allais jamais travailler dans un certain domaine de droit, ce n’était plus fondé sur un préjugé, mais bien sur un jugement éclairé. J’avais fait l’exercice de m’y intéresser, d’en apprendre davantage et de parler à des juristes qui y travaillaient. Je pouvais donc dire, en toute connaissance de cause, que ce n’était pas pour moi.
Également, main dans la main avec la curiosité, mais, gros scoop, être un.e étudiant.e en droit, c’est un passe-droit assez utile. Vous voulez demander au.à la commis.e à l’accueil du palais de justice quels sont les cas les plus intéressants de la journée? Vous voulez suivre un.e avocat.e pour une journée pour découvrir son travail? Vous voulez prendre un café avec un.e juriste? Vous voulez signer une lettre d’opinion dans un journal? Dites que vous êtes étudiant.e en droit et le tour est joué!
Conseils pour les premières années
Que vous soyez des bébés du cégep, des personnes aux parcours atypiques ou des ancien.nes qui font un retour aux études, le fait que ce soit votre première année en droit à l’Université de Montréal est une adaptation. Voici mes conseils.
Mon premier conseil est de participer aux activités d’accueil. Je sais que ce sont beaucoup d’activités de socialisation, assez alcool-centriques, ce qui ne convient pas à tout le monde, mais je crois que, comme premier brise-glace, ça en vaut vraiment la peine. Plusieurs des premiers contacts que j’ai faits lors de cette semaine sont restés des personnes très importantes dans mon parcours.
Je sais que ça fait une seconde que vous êtes au bac, mais mes prochains conseils sont reliés à vos choix de cours. Tout d’abord, je vous recommande fortement de faire une activité pratique en deuxième année, une décision que vous allez devoir planifier dès la fin de cette année. Personnellement, j’ai adoré mon stage en milieu communautaire, car j’ai pu réduire mon nombre d’examens intra et finaux. De plus, j’ai finalement pu effectuer quelque chose de concret avec mes connaissances. Apprendre le droit et comprendre la manière dont il interagit avec le vrai monde sont deux choses très différentes. Également, être capable de vulgariser le droit et d’en parler à des non-juristes est une compétence qui sera toujours pertinente dans le futur, que ce soit pour parler avec des clients, pour collaborer avec d’autres corps de métiers ou, si vous aimez, pour contribuer au souper de Noël avec la famille élargie.
Dans le même ordre d’idées, commencez à penser à prendre des cours d’été pour alléger vos sessions futures. Prendre cinq ou six cours universitaires en droit, c’est exigeant. Les cours offerts pendant l’été sont surtout des cours obligatoires (agrémentés de deux ou trois cours à option) que vous devrez faire de toute façon. Ils sont également presque tous donnés pendant les mois de mai et juin, donc vous aurez quand même deux mois pour travailler ou partir faire votre Euro summer, selon votre style.
Conseils pour les deuxièmes années
Maintenant que vous avez survécu aux cours obligatoires, que vous avez pu (traumatiquement) décider votre propre horaire, vous êtes maintenant dans le milieu de votre bac. Voici mes conseils.
Un des premiers constats, c’est que vos amitiés risquent de se reconfigurer pendant vos prochaines années au bac. Assez naturellement, maintenant qu’il n’y a plus de sections ni d'horaires de cours identiques, et que vous allez avoir plus d’implications parascolaires, vos amitiés risquent de se concrétiser avec les personnes que vous côtoierez souvent. À moins que vous vous soyez arrangés pour avoir un horaire identique à celui de vos ami.e.s de première année, vous serez maintenant en contact avec beaucoup plus de personnes. L’acceptation est le premier stade du deuil… Je vous recommande toutefois de ne pas vous renfermer sur les gens avec qui vous étiez déjà ami.e.s: on ne sait jamais qui l’on va rencontrer maintenant qu’il y a de nouveaux poissons dans la mer.
En tant que quelqu’un qui a fait un échange, je vais devoir prêcher pour ma paroisse: FAITES UN ÉCHANGE! Si c’est une idée qui vous trotte moyennement dans la tête, ça vaut énormément la peine de s’informer sur les démarches. Voici un condensé des questions que je me suis faites posées le plus souvent : oui, c’est super facile d’avoir des équivalences de cours en droit parce que tant que le cours est donné par une Faculté de droit, ça sera accepté, car c’est évident que vous n’allez pas faire du droit bancaire canadien en Australie, non, vous n’avez pas besoin d’avoir fini tous vos cours obligatoires avant d’aller en échange, non, je ne vous garantis pas que tout le monde a sa destination de premier choix, mais oui je vous garantis que tout le monde finit par adooooorer sa destination finale et oui, un échange c’est de la paperasse, mais ça en vaut toujours la peine. Convaincu.e?
Ceci ne serait pas un de mes textes sur la faculté si je ne faisais pas un mot à saveur anti-Course aux stages. Avant de vous y lancer corps et âme, prenez vraiment le temps de vous demander : est-ce que ces domaines de droit m’intéressent? Est-ce que la clientèle desservie m’intéresse? Est-ce que le mode de vie m’intéresse? Je recommande fortement de parler à la fois avec des gens qui ont adoré leur expérience et d’autres qui ne l’ont pas aimée du tout. Vous aurez une meilleure idée des réalités de ce processus et du stage qui suit.
Il peut être assez facile de faire la Course aux stages par le fait que les gens sont stressés d’avoir un stage pour leur Barreau et du soft-power immense des cabinets qui payent des milliers de dollars pour figurer un peu partout dans notre faculté. Les anges pleurent chaque fois qu’un.e étudiant.e fait la Course aux stages « parce que c’est la chose à faire » ou qu’il.elle se sent obligé.e de passer par là.
Si vous avez eu la chance d’avoir du succès au wannabe processus de Course aux stages et avoir un poste dans un comité, vous allez peut-être avoir la grande chance de voir tous les dysfonctionnements des comités… Je vous encourage donc à pousser votre nouvelle association étudiante à réformer le fonctionnement de notre vie facultaire. Malgré mon statut d’outre-tombe, me voici à pousser pour du changement.
Dans le même ordre d’idées, il existe plusieurs activités hors faculté au sein de l’UdeM qui valent tout autant la peine d’être découvertes. Maintenant que vous commencez à apprivoiser la faculté, peut-être est-il temps de voir au-delà?
Conseils pour votre dernière année de bac
Vous êtes finalement si près de la ligne d’arrivée! Sentez-vous la victoire?
Un peu dans la même lignée que mon conseil général d’être curieux.ses, vous avez le droit de continuer à appliquer cette philosophie en fin de parcours. Encore plus, même, maintenant que vous pouvez finalement choisir vos cours! Il y a des cours fantastiques qui sont donnés dans notre faculté.
Je prône également fortement l’émancipation des cours pré-Barreau. Les cours pré-Barreau réfèrent aux cours à option qui correspondent aux matières vues lors des examens du Barreau, dans l’optique de voir la matière avant de devoir l’apprendre au Barreau. Cependant, je suis assez contre cette mentalité. Je vous explique pourquoi, et vous faites ce que vous en voulez avec. Le Barreau, c’est exigeant, c’est difficile, c’est beaucoup de matière que je vais apprendre à contrecœur. Je vais probablement haïr ça à mourir et remettre mon intelligence en question plusieurs fois. Pourquoi est-ce que je voudrais agoniser plus longtemps en faisant des cours qui ne m’intéressent pas du tout au bac? Surtout quand d’autres cours me paraissent beaucoup plus intéressants, pertinents et stimulants? Demandez à des étudiant.e.s qui ont passé le Barreau si ces cours pré-Barreau les ont aidé.es tant que ça et vous verrez que ce n’est pas si concluant … Mais bon, je vous donnerai des nouvelles en décembre pour voir si je regrette ma décision.
Également, un avantage de faire des cours à option plus nichés ou dans des sujets qui vous intéressent beaucoup offre la possibilité d’avoir une lettre de recommandation qui risque d’être de meilleure qualité et plus honnête, contrairement à une lettre un peu générale écrite par un professeur qui ne vous connaît pas trop. Celles-ci peuvent être utiles pour des bourses, pour des emplois, pour appliquer aux études supérieures, etc. Les cours à option moins traditionnels vont également plus souvent divaguer du format classique: cours magistral, examen intra et final. Il peut être vraiment stimulant d’avoir des cours de formats différents et ceux-ci peuvent du même coup alléger vos horaires d’examen.
Sur ce, vous voilà équipé.es de conseils pour survivre à vos prochaines années de bac et que ce soit, je l’espère, une expérience enrichissante, de laquelle vous en tirerez autant que possible.



