
Aux prochaines pluies - Retour sur les États généraux de l’enseignement pour la transition écologique et sociale du 7 au 10 janvier 2026
Auteur·e·s
Emma Yiran Zhao
Publié le :
12 février 2026
Transition socioécologique. Comment y parvenir et comment la mettre en œuvre correctement ?
Du 7 au 10 janvier dernier, plus de 200 professeur.es et étudiant.es se sont penché.es sur la question afin de repenser la place que l’enseignement supérieur pourrait occuper. En effet, les institutions éducatives sont non seulement des lieux propices à la reproduction sociale, mais également des outils de transformation sociale à l’essence émancipatrice et libératrice. Les Travailleuses et Travailleurs pour la Justice Climatique (TJC), ainsi que leurs partenaires ont souhaité créer un espace dédié à la reconception d’une éducation supérieure, dans l’esprit de cette transition, afin d’ouvrir des perspectives de mobilisations collectives à travers le réseau académique au Québec.
Parfois, le fait de s’engager pour un monde meilleur, c’est être comme une goutte d’eau tombant dans le désert. Et pourtant, cette fin de semaine-là, il a plu.


Il a d’abord fallu partir d’une conception et d’une définition communes de la transition visée. Considérons la transition socioécologique comme visant « le développement des sociétés humaines à l’intérieur des limites planétaires. Elle décrit l’analyse critique de l’état actuel du système et le passage à un modèle de société socialement plus juste et écologiquement viable, élaboré de manière démocratique et inclusive. » (TIESS, 2022 & ajouts TJC, 2025)
Puis, le vrai travail a commencé. Au cours de la fin de semaine, quatre périodes thématiques consacrées à l’élaboration de propositions de revendications nécessaires à cette transition socioécologique ont eu lieu, chacune précédée d’un panel pertinent, riche et inspirant. Nous avons donc réfléchi au type d’éducation nécessaire à une telle transition, à un type de gouvernance éducative davantage horizontale, à la justice environnementale et aux pratiques anticoloniales en enseignement supérieur, ainsi qu’à l’écologisation des programmes et des pratiques pédagogiques. Voici certaines des grandes revendications qui sont ressorties de ces discussions :
Faciliter l’éducation populaire à la citoyenneté en intégrant des questions socialement vives au cours ;
Soutenir les communautés de pratique pour décoloniser les plans de cours ;
Mettre de l’avant des types de gouvernances à hiérarchie davantage horizontale ;
Opter pour des systèmes de notation alternatifs plus représentatifs de l’apprentissage des étudiant.es ;
Opter pour une culture de communauté riche et solidaire plutôt qu’une culture de performance et de compétitivité ;
Et bien plus…
Après ce travail de consultation et de réflexion, les différents sous-groupes de travail se sont réunis une dernière fois le 10 janvier pour élaborer des plans d’action concrets et applicables dans les semaines à venir. À leur présentation en plénière, un grand sentiment de détermination et d’espoir emplissait la salle. Les groupes étudiants avaient, entre autres, établi une procédure visant la création d’un réseau commun en vue et en appui aux mobilisations prévues par la CRUES (Coalition de résistance pour l’unité étudiante syndicale) en mai 2026. De leur côté, les syndicats ont notamment cherché à rédiger un guide pour la transition socioécologique des aménagements institutionnels.
Parfois, le fait de s’engager pour un monde meilleur, c’est être comme une goutte d’eau tombant dans le désert. Et pourtant, cette fin de semaine-là, il a plu.
Patricia Nourry, professeure en philosophie au Cégep de Trois-Rivières, avait appelé toutes les personnes présentes à penser radicalement, à aller à la racine du problème pour porter le regard vers d’autres voies au service de l’amour de la vie : « Face aux effondrements inévitables qui viendront et ceux qui sont déjà en cours, le but n’est pas de survivre, mais de vivre ! Il faut se demander : qu’est-ce qui est précieux ? Qu’est-ce qui mérite d’être sauvé ? Qu’est-ce qu’on aimerait voir advenir ? Et œuvrer en ce sens… ». Tel est le sens de tenter de créer un monde meilleur, où l’espoir existe grâce aux liens tissés et aux joies communes que l’on cherche à protéger collectivement.
Rendez-vous pour la suite des choses et les mobilisations à venir : ils ne manqueront pas à l’appel.
P.-S. : Si le message porté par ce colloque vous anime et touche une fibre sensible que vous souhaiteriez également mobiliser, n’hésitez surtout pas à m’écrire pour en savoir davantage. Les mots m’ont un peu manqué lors de la rédaction de ce texte. Vous pouvez me joindre à l’adresse courriel suivante : yiran.zhao@umontreal.ca.