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Retour sur des intras pas comme les autres

Auteur·e·s

Thomas Doré

Publié le :

15 décembre 2021

Un sondage mené conjointement par l’AED et Le Pigeon dissident révèle que les examens intratrimestriels sur ordinateur se sont généralement bien déroulés, mais qu’une portion importante des étudiant⋅e⋅s sont insatisfaite⋅s du virage numérique entamé par les services académiques de la Faculté.

C’est, ultimement, la réputation de la Faculté de droit de l’Université de Montréal en tant qu’institution d’enseignement de classe mondiale qui est en jeu quand il est question de la confiance des étudiant⋅e⋅s en l’intégrité et le caractère équitable des évaluations qu’ils et elles subissent.

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Sept étudiant⋅e⋅s sur dix se disent satisfait⋅e⋅s de l’administration, en général, des examens par ordinateur, les premiers s’étant tenus en classe depuis le confinement de l’an dernier. Le passage des examens sur papier aux examens en ligne ne fut toutefois pas sans heurts. Plusieurs étudiant⋅e⋅s ont effectivement fait part d’inquiétudes diverses liées aux examens sur ordinateur tels qu’ils sont encadrés par la Faculté.


Les étudiant⋅e⋅s s’inquiètent notamment du risque accru de plagiat. Le fait de procéder à un examen sur ordinateur dans des salles de classe remplies à craquer permettrait, en effet, aux yeux furtifs de jeter un coup d'œil sans trop d’efforts aux réponses de leurs voisin⋅e⋅s, et ce, à l’insu des surveillant⋅e⋅s. Certain⋅e⋅s proposent des solutions ambitieuses sur le plan logistique, telles que séparer les classes en deux ou faire les examens dans des locaux plus grands.


Les caractéristiques techniques des locaux de classe où se déroulent les examens sont d’ailleurs à l’origine d’une part importante des commentaires formulés par les étudiant⋅e⋅s. Alors que certain⋅e⋅s dénoncent l’espace limité dont dispose chaque étudiant⋅e pour répartir son ordinateur et ses notes de cours, d’autres s’attaquent à la rareté des prises électriques, dont le nombre ne permet parfois pas à tous⋅tes de recharger leur ordinateur.


Pour ce qui est des problèmes informatiques, les étudiant⋅e⋅s ont vécu de nombreuses inquiétudes liées au fonctionnement du réseau, des logiciels ou des ordinateurs eux-mêmes. L’impossibilité de revenir en arrière dans le questionnaire pour compléter une réponse précédemment soumise, par exemple, est un irritant important des étudiant⋅e⋅s.


Certain⋅e⋅s rapportent également une crainte importante de voir leur ordinateur tomber en panne durant un examen, et ce malgré la disponibilité d’ordinateurs à la bibliothèque pouvant être utilisés en cas de problème. Le sondage révèle, par ailleurs, que le tiers des étudiant⋅e⋅s ne se sentent pas rassuré⋅e⋅s par cette mesure, ce qui en dit long sur le niveau de stress que peuvent ressentir les étudiant⋅e⋅s la veille d’un examen en classe sur ordinateur. D’aucuns dénoncent aussi les connaissances limitées de certain⋅e⋅s surveillant⋅e⋅s d’examens en matière d’informatique. L’on propose notamment de leur offrir une formation de base dans ce domaine, afin de bonifier leur approche envers les étudiant⋅e⋅s confronté⋅e⋅s à un problème de nature informatique durant un examen en classe.


Le logiciel Safe Exam Browser a fait une entrée remarquée dans la vie académique de la Faculté de droit, au grand déplaisir de plusieurs. Alors que 28 % des étudiant⋅e⋅s admettent avoir eu de la difficulté à installer le logiciel, 17 % des étudiant⋅e⋅s se disent très insatisfait⋅e⋅s de l’administration des examens via ce logiciel, presque le double de ceux et celles qui se sont dit⋅e⋅s très insatisfait⋅e⋅s de l’administration, en général, des examens sur ordinateur.


Outre l'occurrence de bogues informatiques du logiciel, qui auraient mis en péril les réponses de plusieurs, les étudiant⋅e⋅s dénoncent le fait que les notes de cours, si l’accès à celles-ci est autorisé, doivent être imprimées pour être consultées durant l’examen, Safe Exam Browser ne permettant pas d’avoir accès aux documents enregistrés sur les ordinateurs. Plus encore, certain⋅e⋅s rapportent avoir appris très tardivement qu’il fallait imprimer leurs notes de cours en vue des examens, les professeur⋅e⋅s et chargé⋅e⋅s de cours étant parfois autant confus⋅e⋅s que les étudiant⋅e⋅s par rapport au déroulement de ceux-ci.


En conclusion, malgré la satisfaction d’une majorité d’étudiant⋅e⋅s relativement au déroulement des examens sur ordinateur, des problèmes importants restent à régler à l’égard de cette nouvelle réalité post-pandémique.


Les étudiant⋅e⋅s sont en droit d’exiger de l’administration de la Faculté un processus d’évaluation équitable, et, surtout, en lequel ils ont confiance. C’est, ultimement, la réputation de la Faculté de droit de l’Université de Montréal en tant qu’institution d’enseignement de classe mondiale qui est en jeu quand il est question de la confiance des étudiant⋅e⋅s en l’intégrité et le caractère équitable des évaluations qu’ils et elles subissent.


Que penser de la semaine de lecture en plein milieu des examens intras?


Nombreux⋅ses sont celles et ceux qui auraient apprécié une semaine de lecture après avoir complété leurs derniers examens intras, à la fin du mois d’octobre. Le hic, c’est que la semaine de relâche avait déjà eu lieu, au beau milieu de la période d’examens, à la mi-octobre. Il est raisonnable de penser que les étudiant⋅e⋅s ont d’ailleurs profité de cette semaine pour étudier plus que pour recharger leurs batteries.


Somme toute, c’est la moitié des étudiant⋅e⋅s qui auraient préféré voir la semaine de lecture prendre place à la fin de la période d’examens intras, alors qu’un quart des étudiant⋅e⋅s sondé⋅e⋅s préfèrent la formule actuelle, où la semaine de relâche se situe au milieu de la période d’examens. L’autre quart aurait préféré la formule inédite de la semaine de lecture avant les examens.


D’ailleurs, on ne peut manquer de souligner la longueur de la dernière période d’examens intras, qui semble, pour certain⋅e⋅s, s’être éternisée. Pour d’autres, une période d’examens moins dense est souhaitable pour rendre l’exercice plus agréable. Ainsi, alors que la moitié des étudiant⋅e⋅s ont trouvé la longueur de celle-ci idéale, un peu moins de trois étudiant⋅e⋅s sur dix auraient préféré qu’elle soit plus courte.


Et vous? Comment aimez-vous arracher vos pansements?